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Une centaine d'États bannissent les sous-munitions

Reuters   4 décembre 2008  Actualités internationales
Oslo — Près d'une centaine de pays ont signé hier le traité d'Oslo sur l'interdiction des bombes à sous-munitions qui mutilent et tuent des milliers de personnes sur les théâtres d'opération.

Mais les grands pays qui fabriquent ce type d'armes, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, ne se sont pas joints au mouvement.

En revanche, 18 des 26 États membres de l'OTAN, y compris la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, ont apposé leur signature sur ce traité, salué comme un grand succès par le pays hôte, la Norvège.

«Aujourd'hui, nous confirmons que les bombes à sous-munitions sont interdites à jamais, a lancé le chef du gouvernement d'Oslo, Jens Stoltenberg, premier à signer dans le cadre d'un processus étalé sur deux jours. Cette convention fera du monde un endroit plus sûr et meilleur à vivre.»

En fin de journée, 92 des 125 pays inscrits à la conférence d'Oslo avaient ratifié ce traité à l'occasion d'une cérémonie de signature organisée à l'Hôtel de ville, qui accueille chaque année la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix.

Des responsables ont dit espérer dépasser les cent signatures d'ici jeudi soir.

«Nous espérons voir d'autres [pays] signer dans les semaines, les mois et les années à venir», a dit devant la presse le chef de la diplomatie norvégienne, Jonas Gahr Stoere.

Certains des plus proches alliés de Washington ont appelé la Maison-Blanche et d'autres pays à se joindre à cette convention.

«J'appelle ces États qui n'ont pas encore signé à suivre notre exemple et à renoncer aux bombes à sous-munitions dans le futur», a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

«Le seul accord véritable est un accord international», a souligné de son côté son homologue britannique David Milliband.

Les États-Unis ne semblaient pas toutefois pas enclins à changer d'avis cette semaine, le département d'État ayant rappelé son opposition au traité en avançant des motifs humanitaires.

Une interdiction totale «mettra en danger les vies de nos soldats et de ceux de nos partenaires de coalition», avait expliqué la diplomatie américaine.

Les bombes à sous-munitions renferment des dizaines, voire des centaines de sous-munitions qui s'éparpillent sur un vaste territoire. Pour leurs détracteurs, ces engins tuent aveuglément et, comme toutes les sous-munitions n'explosent pas au contact du sol, ils peuvent présenter un danger mortel pour les civils, tout particulièrement les enfants, pendant des années.

La convention sur les bombes à sous-munitions, adoptée par 107 États en mai à Dublin, interdit l'usage, la fabrication, ler stockage et le commerce de semblables armes.

Aux termes du traité, les pays sont tenus de détruire leurs stocks dans un délai de huit ans et de nettoyer les zones contaminées moins de dix ans après l'entrée en vigueur du texte. Cette période sera réduite à six mois lorsque 30 pays auront ratifié la convention.

Les États signataires devront aussi apporter aide et assistance aux victimes des bombes à sous-munitions, à leurs familles et aux communautés touchées.

Selon un responsable, quatre pays vont déposer leurs instruments de ratification immédiatement après avoir signé la convention d'Oslo : l'Irlande, la Norvège, le Saint-Siège et la Sierra Leone.
 
 
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