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Le New York Times s'oppose

Il ne s'agirait pas d'une «guerre juste», affirme pour sa part l'ancien président Jimmy Carter

Un soldat américain savoure une crème glacée après son souper au Camp Virginia dans le désert du Koweït. Pendant ce temps, l’ONU évacuait hier son personnel militaire non essentiel et son personnel civil de la frontière entre l’Irak et le Kow
Photo : Agence Reuters
Un soldat américain savoure une crème glacée après son souper au Camp Virginia dans le désert du Koweït. Pendant ce temps, l’ONU évacuait hier son personnel militaire non essentiel et son personnel civil de la frontière entre l’Irak et le Kow
New York — Le New York Times, dans un éditorial publié hier, prend position contre une intervention militaire américaine sans un large appui international en Irak, estimant que l'objectif d'un tel conflit était «flou et fondé sur des prémisses discutables».

«Nous pensons qu'il y a une meilleure option qui implique des inspections renforcées sur le long terme», écrit l'influent quotidien dans son éditorial intitulé Dire non à la guerre.

«Si l'on vient à la question: faut-il oui ou non une invasion de l'Irak sans un large soutien international, notre réponse est non», poursuit le journal.

Le quotidien note que le président George W. Bush a changé «à plusieurs reprises» ses arguments pour justifier une invasion de l'Irak, invoquant tour à tour le besoin de désarmer Bagdad, de renverser son régime dictatorial, de prévenir le terrorisme ou d'instaurer la démocratie au Proche-Orient.

«Lorsque l'objectif est flou et fondé sur des prémisses discutables, il est temps de s'arrêter et de rechercher d'autres moyens moins extrêmes de parvenir à ses buts», conclut le journal.

Le New York Times regrette que M. Bush se soit enferré ainsi dans une stratégie à court terme en privilégiant dès le début l'option militaire sur l'option diplomatique, sans attendre de voir si les inspections produiraient des résultats.

Pour sa part, sans revenir complètement sur son soutien à l'administration Bush, le Washington Post estimait hier, également en éditorial, que le président américain devrait poursuivre encore un peu l'option diplomatique, afin de rallier le plus large soutien à sa position.

Dans une tribune publiée le simultanément par le New York Times, l'ex-président Jimmy Carter affirme qu'une attaque unilatérale des États-Unis contre l'Irak ne serait pas une «guerre juste» et serait «pratiquement sans précédent dans l'histoire des nations civilisées».

«La guerre ne peut être faite qu'en dernier recours, lorsque toutes les options non violentes ont été épuisées», écrit M. Carter. Et d'ajouter qu'«en tant que chrétien et que président qui a été sévèrement provoqué par des crises internationales, je suis devenu complètement familier des principes de guerre juste et il est clair qu'une guerre unilatérale en substance contre l'Irak ne respecte pas ces critères».

La politique des États-Unis a été des années durant fondée «sur des principes religieux de base, un respect du droit international, et des alliances qui ont eu pour résultat des décisions sages et la contrainte mutuelle», poursuit-il.

«Notre apparente détermination à déclencher une guerre contre l'Irak, sans soutien international, est une violation de ces prémisses», note l'ancien chef de la Maison-Blanche.

«Même si notre sécurité nationale n'est pas directement menacée et malgré l'écrasante opposition de la plupart des peuples et des gouvernements dans le monde, les États-Unis semblent déterminés à se livrer à une action militaire et diplomatique qui est pratiquement sans précédent dans l'histoire des nations civilisées», écrit encore M. Carter.

«Dans le cas de l'Irak, il est évident que d'autres options claires que la guerre existent», relève l'ancien président démocrate élu en 1976 et qui a reçu le prix Nobel de la paix 2002.
 
 
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