Le Pakistan montré du doigt
Deux Canadiens ont été blessés à Mumbai et six autres manquent à l'appel
28 novembre 2008
Actualités internationales
Photo : Agence France-Presse
Deux touristes viennent d’être libérés après avoir été tenus en otages pendant près de 24 heures par des terroristes à l’hôtel Oberoi-Trident de Mumbai.
Plusieurs unités de commandos, appuyées par des centaines de militaires et de policiers, sont passées à l'action hier contre les terroristes dont les attaques coordonnées ont fait depuis mercredi soir au moins 125 morts et plus de 300 blessés à Mumbay (anciennement Bombay), la capitale économique de l'Inde, suscitant des condamnations partout dans le monde.
Ces opérations visaient à libérer les dizaines de personnes qui avaient été prises en otages, de même qu'à capturer ou à tuer les auteurs de ces attaques qui ont semé la panique dans la mégapole de 18 millions d'habitants, où des explosions et des tirs sporadiques étaient observés hier.
Deux Canadiens ont été blessés et six autres étaient portés manquants hier à la suite de ces attentats terroristes, qui ont été revendiqués par un groupe inconnu, les Moudjahidines du Deccan, dans des courriels envoyés à des médias.
Confirmant l'information relative aux blessés, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a ajouté lors d'une téléconférence hier après-midi que les services consulaires à New Delhi et à Mumbai tentaient d'entrer en contact avec les ressortissants canadiens se trouvant en Inde et que le centre des opérations du ministère à Ottawa assurerait le suivi des nombreuses demandes de renseignements à leur sujet.
Selon La Presse canadienne, les deux Canadiens blessés participaient à un «programme spirituel» à l'hôtel Oberoi-Trident, une des cibles de ces attaques perpétrées par quelque 25 extrémistes armés de fusils d'assaut, de grenades et d'explosifs. L'un des deux blessés, un Montréalais, aurait été traité pour des blessures causées par plusieurs projectiles.
Cette flambée de violence a paralysé le quartier des affaires et les sites touristiques de Mumbay, entraînant la fermeture hier de la Bourse et des bureaux de la plupart des grandes sociétés.
Hier soir, des sources policières ont affirmé avoir libéré des dizaines d'otages ou de personnes prises au piège dans l'hôtel Oberoi-Trident. La police a fait savoir qu'elle agissait lentement afin de protéger les otages restants. Des témoins ont raconté avoir vu plusieurs corps à l'intérieur de cet établissement cinq étoiles.
Un responsable du ministère de l'État du Maharashtra, dont Mumbay est la capitale, a affirmé que l'autre palace, le Taj Mahal, avait été entièrement nettoyé par les commandos, certaines sources affirmant toutefois qu'un dernier extrémiste, blessé, y était toujours retranché.
Le nombre d'otages libérés ou encore retenus variait hier soir selon les sources citées par les agences de presse. L'Associated Press a indiqué qu'on trouvait parmi les personnes manquantes des ressortissants de douze pays, dont le Canada. La Presse canadienne, citant une «source gouvernementale», a fait état de six Canadiens se trouvant dans cette situation.
Selon le ministère de l'Intérieur de l'État du Maharashtra, huit otages ont par ailleurs été libérés au siège de la communauté juive orthodoxe Loubavitch, également située dans la partie sud de Mumbay. Cette affirmation a cependant été contestée par un diplomate ayant requis l'anonymat.
Des témoins avaient souligné mercredi que les assaillants étaient à la recherche de détenteurs de passeports américains ou britanniques.
Plusieurs responsables politiques indiens, de même que des officiers de la police ou de l'armée, ont affirmé hier que les terroristes qui ont sévi à Mumbay ont leurs bases dans un pays voisin. C'est leur façon habituelle de désigner le Pakistan sans le nommer.
Signe que la piste pakistanaise est prise au sérieux, la presse locale a rapporté hier que la marine indienne a arraisonné, au large des côtes indiennes au nord de Mumbay, deux cargos faisant présumément route vers Karachi, au Pakistan.
Le ministère indien de l'Intérieur avait affirmé plus tôt qu'une partie au moins des assaillants étaient arrivés au port de Bombay par la mer.
«Il est évident que le groupe qui a mené ces attaques et qui est basé à l'extérieur des frontières est venu avec l'intention de créer la panique dans la capitale commerciale du pays, a dit hier le premier ministre indien, Manmohan Singh. Nous allons prendre les mesures les plus fortes pour assurer que de tels attentats terroristes ne se reproduisent plus.»
Dans une menace voilée à l'endroit du Pakistan, le premier ministre indien a parlé de «coûts» pour les pays qui ne prennent pas les «mesures appropriées» contre les terroristes qui y ont trouvé refuge.
Le Pakistan a condamné les attentats et s'est défendu d'y avoir participé. «Nous ne devrions pas être mis en cause comme dans le passé. Je dis de manière catégorique que le Pakistan n'est pas impliqué dans ces événements sanglants, a assuré le ministre de la Défense Ahmed Mukhtar. Et des accusations en ce sens détruiront toute la bonne volonté que nous avons créée ensemble après des années d'amertume.»
Son collègue des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, a condamné les attentats de Mumbay et le terrorisme qui, a-t-il dit, «constitue une menace pour l'humanité, qui doit s'unir pour combattre ce fléau».
La série d'attentats avait commencé peu avant 22h (heure locale) mercredi. Elle a visé une dizaine de cibles, dont les deux hôtels précités, le centre juif, un restaurant, une gare ferroviaire, un poste de police et deux hôpitaux.
Selon le ministère indien de l'Intérieur, au moins 125 personnes auraient trouvé la mort dans ce carnage, dont 14 policiers. Parmi ces derniers figure le chef de l'escouade antiterroriste locale, Hemant Karkare.
«Ces attaques ont ciblé des Indiens et des gens du monde entier; elles sont une atteinte aux valeurs que nous chérissons», a déclaré hier le premier ministre Stephen Harper dans un communiqué.
Le ministère canadien des Affaires étrangères a mis a jour son avis aux voyageurs à destination de l'Inde pour recommander aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel à Mumbay.
À Washington, le président sortant George W. Bush a proposé au premier ministre indien «soutien et assistance», notamment pour l'enquête qui tentera de mettre au jour les circonstances des attentats, selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.
«Ces attaques coordonnées sur des civils innocents illustrent la menace grave et urgente du terrorisme. Les États-Unis doivent continuer à renforcer leur partenariat avec l'Inde et avec tous les pays en vue de détruire les réseaux terroristes», a déclaré le président désigné Barack Obama.
Divers attentats à la bombe ont fait plus de 300 morts en Inde cette année, mais les attaques de cette semaine dépassent les précédentes par leur ampleur et leur simultanéité.
La ville de Mumbay avait déjà été frappée dans le passé par des attentats aussi meurtriers, sinon plus meurtriers, que ceux de cette semaine. En 2006, des bombes placées dans des trains de banlieue avaient coûté la vie à 186 personnes, tandis que 13 bombes avaient fait 250 victimes dans des édifices en 1993.
Le carnage de cette semaine se distingue par le fait que des étrangers étaient clairement ciblés. Plusieurs spécialistes du terrorisme et de la violence politique y ont vu la marque d'al-Qaïda, tandis que d'autres ont au contraire souligné que le réseau d'Oussama ben Laden privilégie les attentats-suicide, ce qui n'était pas le cas cette semaine à Mumbay.
Les motivations des terroristes de Mumbay ne sont pas encore tout à fait claires, quoique un des preneurs d'otages à l'hôtel Oberoi-Trident ait dit à la télévision locale: «Nous exigeons la libération de tous les moudjahidines emprisonnés.»
Pour l'éditorialiste du Times of India, «l'ampleur, l'intensité et le niveau d'organisation des attentats ne laissent aucun doute: l'Inde est en guerre et elle a des ennemis mortels en son sein. [...] Ce genre d'attaque contre la capitale financière vise à démontrer que l'Inde n'est pas un endroit sûr pour faire des affaires». Un autre éditorial du même quotidien soulignait la filière pakistanaise.
***
Avec La Presse canadienne, Associated Press, l'Agence France-Presse et Reuters
Ces opérations visaient à libérer les dizaines de personnes qui avaient été prises en otages, de même qu'à capturer ou à tuer les auteurs de ces attaques qui ont semé la panique dans la mégapole de 18 millions d'habitants, où des explosions et des tirs sporadiques étaient observés hier.
Deux Canadiens ont été blessés et six autres étaient portés manquants hier à la suite de ces attentats terroristes, qui ont été revendiqués par un groupe inconnu, les Moudjahidines du Deccan, dans des courriels envoyés à des médias.
Confirmant l'information relative aux blessés, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a ajouté lors d'une téléconférence hier après-midi que les services consulaires à New Delhi et à Mumbai tentaient d'entrer en contact avec les ressortissants canadiens se trouvant en Inde et que le centre des opérations du ministère à Ottawa assurerait le suivi des nombreuses demandes de renseignements à leur sujet.
Selon La Presse canadienne, les deux Canadiens blessés participaient à un «programme spirituel» à l'hôtel Oberoi-Trident, une des cibles de ces attaques perpétrées par quelque 25 extrémistes armés de fusils d'assaut, de grenades et d'explosifs. L'un des deux blessés, un Montréalais, aurait été traité pour des blessures causées par plusieurs projectiles.
Cette flambée de violence a paralysé le quartier des affaires et les sites touristiques de Mumbay, entraînant la fermeture hier de la Bourse et des bureaux de la plupart des grandes sociétés.
Hier soir, des sources policières ont affirmé avoir libéré des dizaines d'otages ou de personnes prises au piège dans l'hôtel Oberoi-Trident. La police a fait savoir qu'elle agissait lentement afin de protéger les otages restants. Des témoins ont raconté avoir vu plusieurs corps à l'intérieur de cet établissement cinq étoiles.
Un responsable du ministère de l'État du Maharashtra, dont Mumbay est la capitale, a affirmé que l'autre palace, le Taj Mahal, avait été entièrement nettoyé par les commandos, certaines sources affirmant toutefois qu'un dernier extrémiste, blessé, y était toujours retranché.
Le nombre d'otages libérés ou encore retenus variait hier soir selon les sources citées par les agences de presse. L'Associated Press a indiqué qu'on trouvait parmi les personnes manquantes des ressortissants de douze pays, dont le Canada. La Presse canadienne, citant une «source gouvernementale», a fait état de six Canadiens se trouvant dans cette situation.
Selon le ministère de l'Intérieur de l'État du Maharashtra, huit otages ont par ailleurs été libérés au siège de la communauté juive orthodoxe Loubavitch, également située dans la partie sud de Mumbay. Cette affirmation a cependant été contestée par un diplomate ayant requis l'anonymat.
Des témoins avaient souligné mercredi que les assaillants étaient à la recherche de détenteurs de passeports américains ou britanniques.
Plusieurs responsables politiques indiens, de même que des officiers de la police ou de l'armée, ont affirmé hier que les terroristes qui ont sévi à Mumbay ont leurs bases dans un pays voisin. C'est leur façon habituelle de désigner le Pakistan sans le nommer.
Signe que la piste pakistanaise est prise au sérieux, la presse locale a rapporté hier que la marine indienne a arraisonné, au large des côtes indiennes au nord de Mumbay, deux cargos faisant présumément route vers Karachi, au Pakistan.
Le ministère indien de l'Intérieur avait affirmé plus tôt qu'une partie au moins des assaillants étaient arrivés au port de Bombay par la mer.
«Il est évident que le groupe qui a mené ces attaques et qui est basé à l'extérieur des frontières est venu avec l'intention de créer la panique dans la capitale commerciale du pays, a dit hier le premier ministre indien, Manmohan Singh. Nous allons prendre les mesures les plus fortes pour assurer que de tels attentats terroristes ne se reproduisent plus.»
Dans une menace voilée à l'endroit du Pakistan, le premier ministre indien a parlé de «coûts» pour les pays qui ne prennent pas les «mesures appropriées» contre les terroristes qui y ont trouvé refuge.
Le Pakistan a condamné les attentats et s'est défendu d'y avoir participé. «Nous ne devrions pas être mis en cause comme dans le passé. Je dis de manière catégorique que le Pakistan n'est pas impliqué dans ces événements sanglants, a assuré le ministre de la Défense Ahmed Mukhtar. Et des accusations en ce sens détruiront toute la bonne volonté que nous avons créée ensemble après des années d'amertume.»
Son collègue des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, a condamné les attentats de Mumbay et le terrorisme qui, a-t-il dit, «constitue une menace pour l'humanité, qui doit s'unir pour combattre ce fléau».
La série d'attentats avait commencé peu avant 22h (heure locale) mercredi. Elle a visé une dizaine de cibles, dont les deux hôtels précités, le centre juif, un restaurant, une gare ferroviaire, un poste de police et deux hôpitaux.
Selon le ministère indien de l'Intérieur, au moins 125 personnes auraient trouvé la mort dans ce carnage, dont 14 policiers. Parmi ces derniers figure le chef de l'escouade antiterroriste locale, Hemant Karkare.
«Ces attaques ont ciblé des Indiens et des gens du monde entier; elles sont une atteinte aux valeurs que nous chérissons», a déclaré hier le premier ministre Stephen Harper dans un communiqué.
Le ministère canadien des Affaires étrangères a mis a jour son avis aux voyageurs à destination de l'Inde pour recommander aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel à Mumbay.
À Washington, le président sortant George W. Bush a proposé au premier ministre indien «soutien et assistance», notamment pour l'enquête qui tentera de mettre au jour les circonstances des attentats, selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.
«Ces attaques coordonnées sur des civils innocents illustrent la menace grave et urgente du terrorisme. Les États-Unis doivent continuer à renforcer leur partenariat avec l'Inde et avec tous les pays en vue de détruire les réseaux terroristes», a déclaré le président désigné Barack Obama.
Divers attentats à la bombe ont fait plus de 300 morts en Inde cette année, mais les attaques de cette semaine dépassent les précédentes par leur ampleur et leur simultanéité.
La ville de Mumbay avait déjà été frappée dans le passé par des attentats aussi meurtriers, sinon plus meurtriers, que ceux de cette semaine. En 2006, des bombes placées dans des trains de banlieue avaient coûté la vie à 186 personnes, tandis que 13 bombes avaient fait 250 victimes dans des édifices en 1993.
Le carnage de cette semaine se distingue par le fait que des étrangers étaient clairement ciblés. Plusieurs spécialistes du terrorisme et de la violence politique y ont vu la marque d'al-Qaïda, tandis que d'autres ont au contraire souligné que le réseau d'Oussama ben Laden privilégie les attentats-suicide, ce qui n'était pas le cas cette semaine à Mumbay.
Les motivations des terroristes de Mumbay ne sont pas encore tout à fait claires, quoique un des preneurs d'otages à l'hôtel Oberoi-Trident ait dit à la télévision locale: «Nous exigeons la libération de tous les moudjahidines emprisonnés.»
Pour l'éditorialiste du Times of India, «l'ampleur, l'intensité et le niveau d'organisation des attentats ne laissent aucun doute: l'Inde est en guerre et elle a des ennemis mortels en son sein. [...] Ce genre d'attaque contre la capitale financière vise à démontrer que l'Inde n'est pas un endroit sûr pour faire des affaires». Un autre éditorial du même quotidien soulignait la filière pakistanaise.
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Avec La Presse canadienne, Associated Press, l'Agence France-Presse et Reuters
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