Les propriétaires du superpétrolier négocieraient avec les pirates
Le premier ministre somalien tente de disculper son pays
Photo : Agence Reuters
Le Sirius Star attend, au large de la Somalie, que se concluent les tractations entre son propriétaire et les pirates.
Les propriétaires du superpétrolier saoudien Sirius Star, saisi ce week-end près du golfe d'Aden, négocieraient avec les pirates le versement d'une rançon, a laissé entendre hier le ministre saoudien des Affaires étrangères.
«Je sais que les propriétaires du pétrolier négocient sur cette question. Nous n'aimons négocier ni avec des terroristes, ni avec des pirates. Mais les propriétaires du pétrolier sont les arbitres finaux de ce qui se passe là-bas», a dit le prince Saoud al Faycal, interrogé sur le versement possible d'une rançon. La cargaison du navire représente un quart des exportations journalières de pétrole de l'Arabie saoudite et est estimée à 100 millions de dollars.
Le groupe pétrolier saoudien Aramco, propriétaire du Sirius Star, n'a pas confirmé la réception d'une demande de rançon malgré des rumeurs évoquant jusqu'à
250 millions de dollars.
Par ailleurs, le Bureau international de la marine, organisme de surveillance de la piraterie, a annoncé hier que des pirates somaliens ont détourné samedi dans le Golfe d'Aden un pétrolier-chimiquier affrété par le Japon. Depuis la fin de semaine, trois navires auraient ainsi été détournés.
L'équipage du tanker Chemstar Venus, bâtiment de 20 000 tonnes à vide, est constitué de 18 Philippins et cinq Sud-Coréens, a indiqué le journal spécialisé Llyod's List. Il n'a pas été précisé si le navire transportait une cargaison au moment de son détournement.
Phénomène international
Le premier ministre somalien Nour Hassan Hussein a estimé hier que la piraterie au large des côtes de son pays participait d'un phénomène international qui va au-delà de la région de la Corne de l'Afrique.
Dans une interview à l'agence Reuters, Hussein a estimé que les patrouilles maritimes internationales ne suffiront pas à éradiquer le phénomène de la piraterie et assure que celui-ci n'est pas cantonné à la Somalie. «Nous sommes désolés, mais ce problème de piraterie n'est pas cantonné seulement à la Somalie; il affecte l'ensemble de la région, il affecte le monde.»
Selon les experts, les pirates ont montré qu'ils pouvaient frapper sur une large étendue maritime puisque la zone de leurs agissements dépasse plus d'un million de km2.
«Les opérations navales à elles seules ne sont pas suffisantes, car les pirates disposent d'un réseau, ce qui veut dire un réseau opérationnel ce qui veut dire en mer, à terre et aussi parfois à l'étranger», affirme-t-il. «Je crois que tout cela est lié à d'autres organisations. Je ne pense pas qu'il s'agisse purement et simplement de piraterie somalienne.»
Un certain nombre d'experts de la région n'excluent pas que les pirates somaliens bénéficient de l'aide de hors-la-loi yéménites et nigérians et que les butins, notamment les rançons obtenues des armateurs des bateaux détournés, finissent entre les mains de groupes «terroristes« internationaux.
C'est pourquoi ils estiment que, en plus de dépêcher des navires de guerre dans la région, la communauté internationale devrait se pencher sur les réseaux financiers susceptibles de recycler les dizaines de millions de dollars de rançon perçus rien que cette année.
Hussein fait valoir que son fragile gouvernement fédéral de transition somalien n'a pas les moyens de s'attaquer au phénomène et il réclame à la communauté internationale qui le soutient une aide pour mettre sur pied une garde-côtes digne de ce nom.
«Je sais que les propriétaires du pétrolier négocient sur cette question. Nous n'aimons négocier ni avec des terroristes, ni avec des pirates. Mais les propriétaires du pétrolier sont les arbitres finaux de ce qui se passe là-bas», a dit le prince Saoud al Faycal, interrogé sur le versement possible d'une rançon. La cargaison du navire représente un quart des exportations journalières de pétrole de l'Arabie saoudite et est estimée à 100 millions de dollars.
Le groupe pétrolier saoudien Aramco, propriétaire du Sirius Star, n'a pas confirmé la réception d'une demande de rançon malgré des rumeurs évoquant jusqu'à
250 millions de dollars.
Par ailleurs, le Bureau international de la marine, organisme de surveillance de la piraterie, a annoncé hier que des pirates somaliens ont détourné samedi dans le Golfe d'Aden un pétrolier-chimiquier affrété par le Japon. Depuis la fin de semaine, trois navires auraient ainsi été détournés.
L'équipage du tanker Chemstar Venus, bâtiment de 20 000 tonnes à vide, est constitué de 18 Philippins et cinq Sud-Coréens, a indiqué le journal spécialisé Llyod's List. Il n'a pas été précisé si le navire transportait une cargaison au moment de son détournement.
Phénomène international
Le premier ministre somalien Nour Hassan Hussein a estimé hier que la piraterie au large des côtes de son pays participait d'un phénomène international qui va au-delà de la région de la Corne de l'Afrique.
Dans une interview à l'agence Reuters, Hussein a estimé que les patrouilles maritimes internationales ne suffiront pas à éradiquer le phénomène de la piraterie et assure que celui-ci n'est pas cantonné à la Somalie. «Nous sommes désolés, mais ce problème de piraterie n'est pas cantonné seulement à la Somalie; il affecte l'ensemble de la région, il affecte le monde.»
Selon les experts, les pirates ont montré qu'ils pouvaient frapper sur une large étendue maritime puisque la zone de leurs agissements dépasse plus d'un million de km2.
«Les opérations navales à elles seules ne sont pas suffisantes, car les pirates disposent d'un réseau, ce qui veut dire un réseau opérationnel ce qui veut dire en mer, à terre et aussi parfois à l'étranger», affirme-t-il. «Je crois que tout cela est lié à d'autres organisations. Je ne pense pas qu'il s'agisse purement et simplement de piraterie somalienne.»
Un certain nombre d'experts de la région n'excluent pas que les pirates somaliens bénéficient de l'aide de hors-la-loi yéménites et nigérians et que les butins, notamment les rançons obtenues des armateurs des bateaux détournés, finissent entre les mains de groupes «terroristes« internationaux.
C'est pourquoi ils estiment que, en plus de dépêcher des navires de guerre dans la région, la communauté internationale devrait se pencher sur les réseaux financiers susceptibles de recycler les dizaines de millions de dollars de rançon perçus rien que cette année.
Hussein fait valoir que son fragile gouvernement fédéral de transition somalien n'a pas les moyens de s'attaquer au phénomène et il réclame à la communauté internationale qui le soutient une aide pour mettre sur pied une garde-côtes digne de ce nom.
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