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Des ONG somment le Canada d'agir

Une coalition de six ONG canadiennes et internationale oeuvrant dans le secteur de l'humanitaire et de l'aide au développement ont uni leurs voix pour exhorter le Canada à jouer un rôle proactif pour mettre fin à la violence sexuelle en République démocratique du Congo (RDC). Pour appuyer leur geste, ces organisations ont envoyé une lettre au premier ministre Stephen Harper et à plusieurs membres de son cabinet pour réclamer une intervention contre l'escalade de la violence en RDC.

«Au nom du Conseil canadien de surveillance et d'accès aux traitements, du Réseau juridique canadien VIH/sida, de Dignitas International, d'Amnesty International Canada, de la Coalition interagence sida et développement et de la Fondation Stephen Lewis, nous vous exhortons à déployer tous les moyens à votre disposition pour inciter les Congolais, l'ONU et tous les autres acteurs concernés [...] à agir immédiatement pour prévenir la violence contre les civils et le viol brutal de femmes et d'enfants dans la zone martyrisée du Nord Kivu», pouvait-on y lire.

Dans cette lettre, les organisations insistent particulièrement sur la nécessité d'appliquer les résolutions 1794 et 1820 du Conseil de sécurité de l'ONU sur la protection des civils contre les violences physique et sexuelle, des résolutions qu'a appuyé Ottawa. «Le Canada a signé, il doit maintenant tenir ses promesses», a affirmé Louise Binder, présidente du Conseil canadien de surveillance et d'accès aux traitements (CCSAT).

Ses promesses, Louise Binder se dit fière de les avoir tenues. En visite à l'hôpital HEAL Africa de Goma au Congo en janvier dernier, elle s'était engagé auprès des femmes qu'elles rencontraient à parler en leur nom, pour dénoncer les horreurs qui défilaient sous ses yeux.

«J'ai vu une jeune fille de 16 ans, sans yeux. Après l'avoir violée, des combattants lui avaient arraché les yeux pour ne pas qu'elles puisse les reconnaître», a soufflé Mme Binder, hier matin. «J'y ai surtout vu des femmes et des enfants violés et malades à cause de la guerre civile. J'ai promis d'écrire et de dire au monde ce que j'ai vu. Les gens veulent qu'on sache que que ce qui s'y passe est injuste. Et en ce moment, il semble y avoir plus d'écoute », a-t-elle poursuivi.

En clair, Mme Binder demande une plus grand implication du Canada dans les efforts de paix et d'aide humanitaire sur le terrain. «Je veux que le Canada donne plus de ressources à l'hôpital et aux organisations qui aident les civils qui n'ont pas de nourriture, ni d'eau potable, ni aucune sécurité», a-t-elle conclu.
 
 
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