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Savoir raison garder

Bien sûr, l'élection de Barack Obama est historique. Ce serait gâcher notre plaisir que de se priver de ce mot. Comme le disait un jeune militant socialiste français cette semaine, «On prend tous un sérieux coup de vieux!» À côté du nouveau locataire de la Maison-Blanche, les Sarkozy, Harper, Merkel, Brown et Charest ont tout à coup l'air un peu ternes.
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  • Hubert Larocque - Abonné
    7 novembre 2008 00 h 17
    Obama, espoir ou illusion?
    Obama, espoir ou illusion? (07-11-2008)
    Beaucoup s'intéressent aux élections américaines comme si les États Unis étaient pour eux une seconde patrie. Il faut être un peu orphelin de soi pour s'enflammer ainsi! Ces élections ont un je-ne-sais-quoi de faux quand on sait la formidable machine qui les fabrique. Les États-Unis, en dépit de leur affiche, ne sont pas une démocratie mais une oligarchie quand il faut tant d'argent pour se faire élire. Tout est calculé au millimètre, même la sincérité d'Obama, de sorte qu'on ne sait ni ce qu'il pense ni ce qu'il fera à la Maison Blanche. Ses déclarations relèvent du lieu commun accrocheur tel le rêve de Martin Luther King. Ses énoncés de politique étrangère reprennent les rengaines de Bush sur Israël, la lutte au terrorisme, etc. L'élection d'un Noir marque-t-il un changement ou une inconscience tous deux imprévisibles?
    Que pourra changer Obama? Son pays portera encore une dette colossale. Un scrutin peut-il enrayer une implacable mécanique de récession? Les États Unis ont ruiné l'idéal démocratique identifié à leur impérialisme. Ils ont perdu leur prestige moral en foulant aux pieds le droit international et souvent la plus élémentaire justice. On ne les suivra plus aveuglément.
    Pourtant Obama a soulevé un espoir que l'on croyait éteint en Occident. Alors que nous sommes des sceptiques et des décadents de la « démocratie », les Américains, encore naïfs et primitifs, se passionnent pour les urnes. Une telle force d'illusion témoigne peut-être de l'énergie d'un relèvement.
    Hubert Larocque, Gatineau.
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  • Guy Archambault - Abonné
    7 novembre 2008 03 h 25
    Et pourtant !
    Et pourtant, plus de 47% des États-Uniens inscrits sur la liste électorale ont voté carrément à droite. Le 95% de noirs inscrits qui ont voté pour Obama sont-ils tous du centre et de la gauche ? Les hispanophones ? Les jeunes ? Et les millions en âge de voter qui n'étaient pas sur la liste ?

    La victoire des 52% d'inscrits qui ont voté pour Obama couvre-t-elle de son blanc manteau virginal les 47% d'inscrits qui ont voté carrément à droite au point de les absorber et de les fondre par magie dans un grand tout uniforme, intégrateur d'une nouvelle gauche mondiale ?

    Personnellement, je crois que Obama est aussi à gauche que Sarko ? Moins Napoléonien, moins flagorneur, moins affairiste, plus crédible, plus nationaliste, moins anglophile ou anglomaniaque, mais aussi à gauche que Sarko.

    En résumé donc, le grand mérite, la grande victoire de Obama, c'est d'avoir redonné du lustre au nationalisme propre aux États-Unis, lustre qui éblouit au moins 52% des inscrits qui ont voté le 4 novembre, lustre qu'envie les leaders ternes des 7 autres membres du G8.

    Si Obama réussit à faire entrer de plain pied les États-Unis dans le club de Kyoto d'ici 2 ans, s'il réussit à retirer les GI de l'Irak d'ici 2 ans, s'il réussit à retirer les GI d'Afghanistan d'ici 4 ans, s'il réussit à créer une Palestine viable d'ici 4 ans, s'il réussit d'ici 2 ans à réglementer de façon drastique les activités des banques, celle de la Bourse, notamment en ce qui concerne les produits dérivés et les ventes d'actions à découvert, s'il réussit d'ici 4 ans à transformer l'idéal surconsumériste nord-américain en un idéal où chacun se contente de vivre selon ses besoins et ses moyens pour partager le reste avec les miséreux, alors Obama aura été ce qu'il a promis d'être sans le dire explicitement tout en le faisant espérer à mots couverts en jouant de contraste avec McCain dans l'imaginaire collectif de tout un chacun désespéré des huit dernières années impérialiste, pharisiennes, rapaces et mensongères de l'administration Bush-Cheney dont le souci principal était de surenrichir " Ces riches qui détruisent la planète ".

    Guy Archambault.
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  • Georges Paquet - Abonné
    7 novembre 2008 06 h 40
    Pour certains, la guérison sera longue...
    Quand on s'est nourri d'antiaméricanisme pendant de nombreuses années, on n'en guérit pas en un jour...
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  • Georges Paquet - Abonné
    7 novembre 2008 07 h 11
    L'origine du Civil Rights Act de 1964
    Il me semble qu'en plus de rendre hommage au Président Johnson pour avoir signé le Civil Rights Act, il faut donner une très grande part du mérite au Président Kennedy qui avait rédigé et présenté à la Chambre des représentants, en juin 1963, un projet de loi qui était encore plus étoffé que celui que le Président Johnson a fait adopter en février 1964.

    L'assassinat de Kennedy en novembre 1963 n'a fait que donner plus d'importance aux initiatives et aux projets qu'il avait mis de l'avant pour combattre la doiscrimination.

    Il faut aussi dire que Robert Kennedy était toujours ministre de la Justice à cette époque, et qu'il aurait été difficile pour le président Johnson d'ignorer longtemps ce projet.
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  • Georges Paquet - Abonné
    7 novembre 2008 08 h 55
    Hubert Larocque, aveuglé par ses préjugés!
    Vos réactions

    Hubert Larocque aveuglé par ses préjugés... Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
    Envoyé Le jeudi 06 novembre 2008 07:00



    La démocratie et la liberté de presse que nous partageons avec de nombreux pays du monde, y compris avec les États-Unis, laissent tout le loisir à M. Larocque d'écrire ce qu'il veut.

    Mais on ne peut pas laisser dire que le dernier scrutin aux État-Unis n'a pas été démocratique parce que le candidat Obama a amassé des contributions considérables venues de toute part, en majorité des petites gens, et alors que les citoyens sont allé voter en plus grand nombre que jamais. On ne peut pas laisser dire qu'un candidat qui n'était pas connu il y a moins de deux, et surtout qui ne faisait pas partie des la classe riche et dominante, représente l'Oligarchie. On ne peut pas traiter tous les américains, indistinctement, de naïfs et de primitifs. Les américains ne se sont pas uniquement intéressés au scrutin, comme l'a sans doute fait M. Larocque.

    Pour tous ceux qui ont vu ce qu'il y avait à voir, et compris ce qu'il y avait à comprendre,les américains ont été intéressés par les idées, les projets, les défis que leur a proposés M. Obama.

    Si M. Larocque laissait tomber ses préjugés, comme l'ont fait des millions d'américains, le débat public serait beaucoup plus intéressant et surtout beaucoup plus utile.
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  • Yohan Petiot - Abonné
    7 novembre 2008 09 h 11
    Obama, Powell et Rice, très différents
    Je crois qu'il y a une énorme différence entre l'élection d'Obama et les nominations de Powell et Rice au secrétariat d'État. Ces derniers ont été nommés par le Président, avec approbation du Sénat, alors qu'Obama a récolté l'appui de 52% des électeurs américains.

    Dans un cas, il s'agit d'une nomination par la classe dirigeante qui, bien que parfois excessive de radicalisme politique, demeure une "élite" qu'on peut imaginer en moyenne plus éduquée et ouverte aux différences (du moins on l'espère). Dans l'autre, c'est l'ensemble de la population des États-Unis qui s'est exprimé et qui a démontré qu'un noir peut compétitionner d'égal à égal avec un blanc pour le rôle le plus important du pays et gagner.

    Bien certainement, Colin Powell et Condoleezza Rice ont pavé la voie, mais je ne crois pas qu'il faille minimiser l'importance et la grandeur de la victoire d'Obama : je ne peux qu'imaginer ce qu'une afro-américaine vie, aujourd'hui, de savoir avec certitude que la majorité de ses concitoyens ne considère plus, même inconsciemment, la couleur de sa peau comme une marque d'un caractère inférieur. La victoire d'Obama, c'est la consécration de l'espoir d'une véritable égalité entre les humains (il reste évidemment du chemin à faire, incluant au Québec et au Canada).

    C'est aussi, du moins temporairement, la fin de l'obscurantisme "bushien" et "rovien" qui a règné pendant huit ans chez nos voisins du sud.

    Jean-Philippe Brassard
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  • Hubert Larocque - Abonné
    7 novembre 2008 10 h 37
    Réponse à M. Georges Paquet.
    "Penser, c'est déranger l'ordre de ses pensées". Alain
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  • Georges Paquet - Abonné
    7 novembre 2008 12 h 34
    M. Hubert Laroque pensera peut-être par lui-même, un jour.
    Citer les pensées d'un grand penseur n'est aucunement la preuve que l'on pense par soi-même. Un jour M. Laroque nous en donnera peut-être un exemple.
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