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L'entrevue - Contre la famine, la baisse des prix ne suffit pas

Un «volontarisme politique» s'impose, dit le rapporteur pour le droit à l'alimentation auprès de l'ONU, Olivier de Schutter

C'est un leurre économique. La baisse du prix des matières premières alimentaires depuis cet été sur les marchés mondiaux, après des hausses fulgurantes qui ont engendré de profondes crises de la consommation dans les pays en développement, ne devrait pas contribuer à résorber la pauvreté et l'insécurité alimentaire dans le monde.

Pis, les prévisions le confirment: la famine va inexorablement poursuivre sur sa lancée et frapper, au début de 2009, le milliard d'humains. À moins que le «volontarisme politique» ne prenne rapidement le dessus sur l'inertie et l'indifférence, estime Olivier de Schutter, rapporteur pour le droit à l'alimentation auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU).

«Pour les pays en développement, les choses s'annoncent mal», lance à l'autre bout du fil le successeur de Jean Ziegler, qui débarque à Montréal cette semaine pour une série de conférences publiques. À l'invitation de la Chaire de recherche du Canada en droit international des migrations, de Droits et Démocratie et de l'Union des producteurs agricoles (UPA). Entre autres.

«Avec la chute des cours mondiaux des matières premières alimentaires, nous pourrions croire que la crise est maintenant chose du passé et retourner à nos habitudes sans tirer les leçons qui s'imposent», poursuit M. de Schutter, joint au téléphone la semaine dernière à Bruxelles, en Belgique. «Mais ce serait dangereux et irresponsable. Plus que jamais, l'action contre la faim dans le monde est nécessaire si l'on ne veut pas se retrouver devant une crise encore plus grande dans cinq ou dix ans.»

Partage inéquitable des richesses, infrastructures rurales déficientes, guerres, inflation du prix des denrées périssables de base — sous l'effet du développement récent des agrocarburants —, sous-éducation chronique... Les causes de la famine sont multiples, reconnaît le juriste, qui ne fuit pas pour autant les chiffres: «Nous arrivons au milliard, lance-t-il. Un milliard de personnes vont être touchées par la famine dans le monde.»

Les affamés du globe étaient 820 millions en 1990, puis 848 millions en 2003-2005, pour 950 millions aujourd'hui, selon les récentes données de l'ONU. «C'est sur ce chiffre qu'on doit focaliser, bien avant les cours de la Bourse des céréales.» Pour le professeur de droit international, loin d'être seulement tributaire de la spéculation, la famine est avant tout liée à des problèmes structurels importants dans les pays en émergence, où le sous-investissement récurrent dans l'agriculture, ces dernières années, a fait bien des dégâts.

«Dans ces pays, le pourcentage de l'aide publique au développement et des budgets publics nationaux consacrés à l'agriculture est passé de 15 à 17 %, dans les années 80, à 8 % aujourd'hui, dit-il. Conséquence: dans certaines régions, l'agriculture a été décimée, ailleurs, la productivité n'a pas crû suffisamment et, finalement, c'est tout un secteur de l'économie, dont dépend parfois 80 % de la population de manière directe ou indirecte, qui a été négligé.»

Prix payé et prix versé

Le drame a aussi été accentué au cours des dernières années par l'internationalisation du commerce, mais également par la concentration économique dans le domaine de l'agroalimentation qui a insufflé, selon lui, des inégalités importantes dans la chaîne alimentaire. «Quand les prix agricoles montent, les petits producteurs n'en profitent pas, poursuit M. de Schutter. L'écart se creuse toujours plus entre le prix payé par les consommateurs et le prix versé aux producteurs en raison de l'allongement de la ligne de production sur laquelle se trouvent un grand nombre d'intermédiaires, qui capturent une part importante de la valeur ajoutée d'un produit.»

Et il ajoute: «Cela entraîne un déséquilibre net en défaveur des petits producteurs mais au profit de grandes firmes de l'agroalimentation dont le pouvoir ne cesse de se renforcer. Ce qui soulève aussi des questions de gouvernance dans la chaîne alimentaire.» Un problème difficile à régler dans un contexte d'internationalisation, reconnaît le rapporteur, «mais sur lequel il va pourtant falloir se pencher très vite».

Le portrait est sombre. Il éloigne aussi de plus en plus la communauté internationale de l'objectif du Millénaire que s'était fixé l'ONU au tournant du siècle dernier. Dans les grandes lignes, l'institution internationale avait annoncé sa volonté de réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim d'ici à 2015. L'échéance tombe dans sept ans.

«Cet objectif est toujours atteignable. Mais pour cela, il va falloir réagir par le volontarisme politique, dit Olivier de Schutter. La famine n'est pas juste un problème technique lié à une production insuffisante de nourriture par rapport à la demande. Il y a assez de nourriture dans le monde, mais les populations n'ont pas le pouvoir d'achat nécessaire pour l'acheter. Et ça, c'est un problème politique.»

En politisant la source du mal, M. de Schutter estime du même coup que les solutions relèvent finalement du même ordre. «Les réponses sont à portée de main. Mais comme elles sont politiques, elles sont difficiles à donner parce qu'elles remettent en cause la répartition du pouvoir.» Et pour sortir de cette logique infernale, l'homme estime que la lutte contre la faim dans le monde devrait finalement emprunter à l'avenir la même route que celle du combat des dernières années contre les changements climatiques: «Tous les États doivent en faire une priorité politique en définissant cet objectif dans l'intérêt de tous», dit-il.

L'équilibre de la planète

Non seulement des problèmes de l'Afrique sud-saharienne, de la Corée du Nord, de la Bolivie, du Tibet ou du Laos, dans un monde devenu trop interdépendant, pauvreté et famine «concernent désormais tout le monde puisque la misère et les déséquilibres sociaux qui en découlent menacent sérieusement l'équilibre de la planète. Qui plus est, avec les changements climatiques et l'accroissement de la population mondiale [la Terre se prépare à accueillir 9,2 milliards d'humains en 2050 sur sa croûte], dont les effets sur la sécurité alimentaire sont prévisibles, on ne peut plus raisonner autrement.»

Le projet est ambitieux. Mais il risque aussi d'être malmené par l'actuelle crise financière qui frappe durement les économies des pays développés. Les porteurs d'actions, les retraités, les salariés vont en faire les frais, détournant le regard sur la misère des autres. «Je le crains, dit-il. Les gens risquent de se replier sur leurs propres préoccupations. Ça va être le-chacun-pour-soi au plan international.» Et comme si cela n'était pas assez, «pour lutter contre la faim, il faut investir dans les infrastructures rurales et dans l'agriculture. Il faut de l'argent et dans le contexte actuel, les gouvernements vont avoir de la difficulté à en trouver».

Reste toutefois que, dans cette image bien noire, un point de lumière pourrait bien apparaître, selon de Schutter, qui évoque, dans le contexte de crise actuelle, «un changement de paradigme» quant au capitalisme, à la mondialisation et aux échanges commerciaux mais surtout quant au «rôle de l'État dans la régulation des marchés et des prix». «C'est peut-être la chose qui rend désormais un peu plus audible un message qui ne l'était pas il y a trois mois», résume le rapporteur. Avec, à la clef, une équation qui pourrait s'inverser: les prix des matières premières baissent, et les pauvres vont peut-être pouvoir finalement en profiter.
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    3 novembre 2008 06 h 38
    Valeurs Humaines ou valeurs boursières ?
    Finalement, on insinue que la crise est bel et bien alimentaire, il ne suffit pas d'avoir des sous, il faut des gestes.

    Donc, par ce titre, on peut penser que l'on manque d'aliments. Alors pourquoi donc, aucun projet de mise en culture, de production intensive ou de distribution équitable de la nourriture n'a pas été discuté. Peut-être en a-t-on discuté, mais où sont donc les articles nous expliquant ces projets représentant "le grand défi"???

    Les seuls articles alarmants de la crise "alimentaire", parlaient d'argent $$$.
    L'argent $$$, comme de l'eau bénite, va régler tous les maux.

    Le PAM demandait des $$$. On n'a pas entendu parler de projets devant être rapidement mis en place. Des projets du genre, énorme fabrique de tracteurs, usine pour dessaler l'eau de mer, creusage de puits, canalisation d'eau douce... enfin, je ne sais pas, mais quoique ce soit pour contrer la famine.

    Non, aucun projet, la crise "alimentaire" est donc "économique".


    « Partage inéquitable des richesses, infrastructures rurales déficientes, guerres, inflation du prix des denrées périssables de base -- sous l'effet du développement récent des agrocarburants --, sous-éducation chronique... Les causes de la famine sont multiples, reconnaît le juriste, qui ne fuit pas pour autant les chiffres: «Nous arrivons au milliard, lance-t-il. Un milliard de personnes vont être touchées par la famine dans le monde.»

    C'est le seul petit paragraphe qui parle des vrais problèmes. Mais aucune solution n'est envisagée. Aucune.

    On retombe facilement dans les $$$, comme si c'était la seule chose à laquelle on puisse penser et sur laquelle on puisse agir.
    Il n'existe pas d'Humains en dehors des statistiques, pas de machinerie, pas de réserve d'eau, pas de terre cultivable, pas de moyens hydroponiques, rien... juste les $$$.

    On «n'investit » pas suffisamment, ici ou là. On regarde les chiffres, les $$$ investis plutôt que le résultat de projet pragmatique. Lorsque les banques ont oscillé, comme si toutes les infrastructures, comme si tous les toits étaient pour s'écrouler, comme si l'air ou l'eau était pour manquer, on a trouvé 700 milliards en un claquement de doigts aux US et 1600 milliards de la même façon en Europe.

    Pour l'économie, cette église du dieu $$$, tout est fait rapidement et on ne lésine pas pour trouver les moyens.
    L'économie, c'est l'outil de tout, me direz-vous!
    C'est votre qualité de vie, c'est le pain sur votre table... c'est...

    Eh bien, c'est aussi 14,8 milliards de profit NET de Exxon pour 3 mois, c'est aussi les gros Yachts, c'est aussi les Jets personnels, c'est aussi des salaires et quelques vies démesurément grasses.

    À quoi donc ont servi les 2000 milliards qui ont été réquisitionnés, il y a quelques jours?
    Dans quelles poches (devrais-je mettre un S?) cette somme faramineuse s'est-elle retrouvée?

    À des organismes missionnaires?
    À des sinistrés? À Haïti?

    Le discours demeure essentiellement «économique»:

    Sous-investissement récurrent dans l'agriculture
    Budgets publics nationaux consacrés à l'agriculture
    La productivité n'a pas crû suffisamment
    C'est tout un secteur de l'économie,
    Prix payé et prix versé
    Internationalisation du commerce
    Concentration économique
    Prix - profit - la valeur ajoutée - déséquilibre net
    Grandes firmes de l'agroalimentation dont le pouvoir ne cesse de se renforcer
    Contexte d'internationalisation,

    On dit: «Le portrait est sombre.»

    Mais rien dans tout cela ne parle d'aliments, de nourriture et de famine.
    On parle de famine en version "statistique", mais la réalité de la planète, des populations, des cultures, de la production alimentaire, comment est-elle?

    Finalement, on conclut en antithèse du titre:

    « IL Y A ASSEZ DE NOURRITURE DANS LE MONDE, MAIS LES POPULATIONS N'ONT PAS LE POUVOIR D'ACHAT NÉCESSAIRE POUR L'ACHETER. »

    Ce titre qui disait «Contre la famine, la baisse des prix ne suffit pas» et qui nous suggérait que la crise était peut-être vraiment «alimentaire»


    Pourquoi donc, s'acharne-t-on à nous parler de crise «alimentaire»???
    Il n'y a pas de crise «alimentaire».
    Tout comme il n'y a pas de crise "économique". On a bien déniché 2000 milliards en quelques jours, n'est-ce pas ?

    Nous vivons une crise des valeurs. L'outil économique sert les spéculateurs et les militaires. On tue à coup de milliards. On laisse aussi mourir de faim des millions d'Êtres Humains. L'Être Humain n'est rien par rapport à l'outil.
    On fait survivre l'outil ($$$) et on laisse mourir de faim ou l'on bombarde des millions de personnes.
    Crise «alimentaire»???
    Crise «économique»???


    Non, c'est une grave crise de valeurs. Il est temps que l'on remette l'outil au service des Êtres Humains et qu'on agisse pour aider et qu'on cesse d'opprimer.
    Bien sûr, c'est une crise «politique» parce que la politique, les systèmes politiques reposent sur des valeurs. Nos politiciens mettent de l'avant des valeurs et travaillent à les promouvoir. On travaille pour la guerre, pour tuer et pour le profit.

    «Les réponses sont à portée de main. Mais comme elles sont politiques... »

    «Les gens risquent de se replier sur leurs propres préoccupations. Ça va être le-chacun-pour-soi au plan international.»

    Quelle sorte de valeurs avons-nous?
    Quelle sorte de valeurs avons-nous développée?
    La valeur de son nombril, la valeur des bons et des méchants?

    L'entraide, l'égalité, la fraternité, la liberté pour tous... Il est temps de remettre de l'énergie dans les vraies valeurs. Il faut cesser de n'avoir que des valeurs boursières.


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • André Chamberland - Inscrit
    3 novembre 2008 10 h 18
    Merci de nourrir nos esprits aussi
    Voilà le genre de réflexion que doivent faire toutes les populations de la terre et leurs gouvernements. Le texte principal et celui de la réaction de monsieur Serge Charbonneau apportent tout ce qu'il faut pour le débat. Peu de gens sont aussi au fait de cette problématique, de ses causes et de ses pistes réelles de solution. Des exposés aussi riches en contenu et en opinions bien expliquées nous manquent tellement pour une bonne prise de décision politique. Merci de prendre ainsi part à la discussion qui pourrait conduire à la solution.

    Oui, c'est bien une crise de valeurs humaines. Mais la désinformation politique égoïste détourne les valeurs. Cessons de tout ramener à l'économique, à l'argent, aux profits, au pouvoir.
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  • marcel vinet - Inscrit
    3 novembre 2008 11 h 18
    les catalyseurs....
    et si l industrie alimentaire ajoutait les oligo éléments essentiels dans les aliments,peut etre pourrions nous manger deux fois moins pour avoir la meme énergie,alors on commencerait peut etre a régler une bonne partie des problemes de famine a travers le monde...le problemme n est pas seulement politique ou financier,il peut etre aussi scientifique...qu en pensez vous...Marcel
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  • Dominic Pageau - Abonné
    3 novembre 2008 12 h 33
    L'instabilité, le véritable problème.
    Et cette instabilité est artificielle, c'est à dire qu'elle est le fruit de ceux qui disent vouloir la combattre.


    L'Afrique par exemple pourrait être nourris par le Soudan et le Zimbabwe..... Le Zimbabwe qui était surnommé le grenier de l'Afrique....

    L'ONU, le PAM, le FAO, La BM, le FMI, L'OMC, voilà le problème, non pas la solution.
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  • Hélène Paulette - Inscrite
    3 novembre 2008 13 h 59
    Un bon cafe avec ca?
    Les producteurs de cafe equitable dans les montagnes du Mexique recoivent .40 cents la livre en retour d'un travail epuisant dans des conditions tres difficiles alors que Starbucks (et les autres) engrangent les profits.
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  • Charles-Eugène Bergeron - Inscrit
    3 novembre 2008 23 h 11
    Douleurs d'un enfantement, celui d'un monde de solidarité et de partage
    Il s'avère que Serge Charbonneau vise juste, mais il n'a pas raison de désespérer. l'article de MOnsieur Deglise est dans le ton de l'ancien monde qui domine encore bien quMl soit en déclin accéléré. Heureusement un nouveau monde pointe à l'horizon. ON dit que l'avenir appartient aux pauvres pourvu qu.ils choisissent le chemn de la non-vengeance.

    Qui dit crises, souvent construites de toutes pièces, dit opportunités de démasquer les fomenteurs de ces crises pour assouvir leur intérêts propres. Et si nous laissions imploser sur lui-même ce système financier concentrateur des richesses et du pouvoir de tuer la biodiversité et l'humanité? ET si nous remettions l'imagination, la créativité, la coopération et l'entraide au pouvoir? Ces facultés humaine qui ont fait de nous l'espèce dominante sur la terre?

    Et si dominer ne signifiait pas écraser tout sur notre passage, mais bien être bons intendants de la création et solidaires de nos semblables? Si nous revenions à la sagesse pré-industrielle d'imiter la nature plutôt que de la violenter, pour accéder à une agriculture et une alimentatoin post-moderne regénératrice des ressources plutôt que destructrice? Une industrie agro-alimentaire surtout locale, re-saisonnalisée, aux circuits économiques courts, éliminant tous ces intermédiaires, cette sur-transformatoin et ce sur-emballage qui creuse tant l'empreinte écologique de notre mode de vie actuel?

    Face à cette crise des valeurs, pourquoi ne pas opposer une révolution de la confiance en la capacité de toutes les nations de reprendre en charge leur propre développement économique social , culturel et d'assurer leur auto-suffisance alimentaire?

    Nous assistons aux derniers soubresauts d'une chape de plomb moribonde, celle d'une dictature éculée du marché total dans laquelle l'idéologie néolibérale et l'intégrisme néo-conservateur se complaisent rn étranglsnt la terre et ses habitants.

    IL est clair que les riches que nous sommes devenus, en appauvrissant les paysans du Sud à coup de dumping de nos denrées subventionnées au cours des 60 dernières années, sommes appelés à mieux vivre avec moins, afin de simplement laisser vivre le Sud avec juste le nécessaire. La souveraineté alimentaire de tous les peuples de la Terre est la solution pour un monde durable et en paix. Nous avons en toute équité le devoir de soutenir la reconversion de l'agricultures des pays appauvris vers la satisfaction primordiale des besoins alimentaires de leurs habitants ave des denrées compatibles avec leurs spécificités socio-culturelle et environnementale.

    la racine du terrorisme et des guerres alimentaires, commerciales et militaires qui affligent le monde, est justement notre insatiable quête de l'abondance matérielle qui nous rend paresseux, obèses et égoîstes. Cette abondance ostentatoire nous impose un désert, le désert du chacun pour soi, du cocooning. Nous sommes en occident en voie de momification. En cette ère de finitude des ressources,une nouvelle économie regénératrice des ressources est en émergence et il est temps de secouer nos puces et nous y engager résoluments, même si la seule issue durable de cette économie est la décroissance de notre consommatoin de biens et de services.

    Devant l'odieuse précipitation des marchés financiers vers des valeurs refuge comme l'or, le pétrole et les options sur les grains magouillées par le Chicago Boys, insistons pour la création d'une toute nouvelle valeur refuge et l'établissement d'un nouveau pacte politique et économqiue mondial instaurant ce nouvel étalon boursier: les crédits d'émission de carbone. Créons une véritable bourse des crédits de carbone. Le marché se mettra automatiquement au service d'une économie et d'une société regénérative, une culture de la vie, une société de conservation de la diversité culturelle et biologique.

    Les prétendues industries des science de la vie, telles que les pharmaceutiques, les agrochimiques, les biotechnologies recombinantes, vont tomber en désuétude.

    N'oublions pas que nous avons contracté avec notre partenaire primordiale, la planète elle-même un dette écologique qui tôt ou tard devra être remboursée si nous désirons que le devenir humain ne se conclue pas sur une extinction tragique de notre espèce après avoir entraîner l'extinction de tant d'autres avant nous.

    Bref,il ne sagit pas seulement de moraliser le capitalisme sans cesser de privatiser les profits et de socialiser les pertes. La crise de confiance est trop profonde pour une réforme en surface et l'injection éhontée de vrais argents dans le miroir aux alouettes des tours à bureaux de Toronto, de Manhattan et des capitales insipides . Nous avons la chance de vivre une mutation et de témoigner d'un changement de paradygme universellement accepté et accueilli. La révolution du brin de paille, le rétablissement des paysans dans tout leur dignité et toute leur liberté de gardiens de la vie, des sols et des eaux.

    Paix et Joie chacun chez soi et sur Toute la Terre!
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  • Georges Paquet - Abonné
    5 novembre 2008 16 h 01
    Les vraies valeurs ?
    En terme de politique d'aide au développement, quelles sont les vraies valeurs?

    Aider les pays pauvres à se nourrir eux-mêmes, ou leur donner de l'argent pour qu'ils achètent nos produits? Et comme sonséquence, qu'ils souffrent de famine dès que nous diminuons notre aide parce que nous croyons avoir suffisamment donné ou que nous ne sommes plus émus pas la misère des autres.

    Si tous les analystes et intervenants, souvent bien intentionnés, dans le domaine de la coopération internationales pour le développement, cherchaient véritablement la cause première des problèmes de la faim, de l'alimentation et de la famine dans le monde, ils arriveraient à un consensus qui est malheureusement très peu populaire politiquement et économiquement. La problème, qui est pourtant bien connu, mais qui a malheureusement été ignoré systématiquement depuis plus de 40 ans se situe au niveau d'une production alimentaire déficiente, et très souvent maintenue volontairement dans cet état, dans les pays que l'on dit en voie de développement, mais qui sont en réalité sous-développés et souvent en voie de sous-développement.

    La production alimentaire des pays pauvres a été trop souvent et trop longtemps retardée et minimisée généralement pour permettre l'exportation vers ces pays de la production alimentaire des pays riches qui souvent était excédentaire.

    Une attitude politiquement cynique a souvent prévalue à l'effet qu'il serait illogique d'aider les pays pauvres à produire des denrées que nous pouvions leur fournir gratuitement. C'est à dire que nous pouvions soulager leur budget en éducation, en transport ou ailleurs afin qu'ils utilisent les mêmes montants pour acheter nos produits: viande, lait, beurre, céréales, riz et autres fruits et légumes.

    Et nous revoilà en train de proposer, toujours et encore, les mêmes solutions à courte vue. Fournir aux pays pauvres de l'aide financière pour qu'ils achètent nos produits, peut-être dans le contexte actuel nos surplus de production de viande de porc et de produits laitiers. Je crains que l'intérêt de l'UPA pour les conférences et les propositions de M. de Schutter ne nous amène toujours dans cette direction.

    Ainsi, nous continuerons de voir le prix du poulet importé au Sénégal être inférieur au pris du poulet produit localement, les légumes importés en Côte d'Ivoire être moins chèrs que ceux produits localement ou dans la région, et voir les prix d'une variété de produits étrangers décourager toute production locale, un peu partout en Afrique.

    La solution, aider les pays pauvres à se nourrir eux-mêmes, n'a donc pas encore été appliquée, et elle ne le sera pas tant que les experts, conférenciers, analystes et responsables politiques n'auront pas le courage de dire aux citoyens des pays riches qu'ils devraient diminuer l'aide aux producteurs qui produisent trop, qu'ils devraient cesser d'inonder les petits et grands marchés des pays pauvres de leurs produits excédentaires, et même qu'ils devraient payer un juste prix pour acheter les produits que leur offrent déjà les pays pauvres et d'autres qu'ils pourraient leur offrir si on ne les empêchait pas de produire.

    En même temps, on pourrait et on devrait diriger notre aide et nos efforts systématiques pour proposer, encourager et soutenir la production dans les pays pauvres de tout ce qu'ils ont besoin pour se nourrir, se vêtir, s'instruire et se divertir. Je reconnais que les conditions ne sont pas toujours faciles, mais si nous nous y mettions énergiquement, nous pourrions arriver à des résultats étonnants. Des expériences, en Afrique du Nord et ailleurs ont montré qu'il était possible de rendre fertiles des terres inhospitalières et de produire et d'exporter des produits de bonne qualité.

    Je ne crois pas qu'il nous en coûterait plus cher, mais nous aurions à prendre des décisions politiques difficiles et surtout nous aurions une bien meilleure conscience.
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