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Enquête sur des exécutions extrajudiciaires - Uribe ordonne une purge de l'armée colombienne

Bogotá — Le gouvernement colombien a démis de leurs fonctions trois généraux et 24 autres officiers et sous-officiers pour leur implication présumée dans des exécutions extrajudiciaires, une purge qui intervient pendant la visite du Haut commissaire des droits de l'homme de l'ONU.

Ces sanctions ont été annoncées par le président Alvaro Uribe après une série de critiques formulées par des associations de défense des droits de l'homme sur l'implication supposée des forces de sécurité dans la mort de civils, présentés ensuite comme des guérilleros tués au combat.

Au total, trois généraux, 11 colonels, un capitaine, un lieutenant, quatre majors et sept sous-officiers ont tous été démis de leurs fonctions dans le cadre de l'enquête ouverte sur la disparition d'une vingtaine de jeunes dans des quartiers pauvres du sud de Bogota.

Le président Uribe, qui a reçu des milliards de dollars des États-Unis pour combattre la rébellion marxiste et le trafic de drogue, a déclaré qu'une enquête menée depuis le 3 octobre par l'armée «a mis en lumière que des membres des forces armées avaient pu être impliqués dans des assassinats». «Dans certaines instances de l'armée, il y a eu négligence et manque de respect des procédures [...] ce qui a permis que certaines personnes puissent être impliquées dans des crimes», a-t-il ajouté.

Les jeunes disparus avaient été déclarés morts au combat dans les rangs de la guérilla dans le département Norte de Santander (nord-ouest), à peine quelques jours après leur disparition signalée à Bogotá.

Ces «morts au combat» ont paru peu vraisemblables à leurs proches, estimant peu crédible qu'ils aient pu en seulement quelques jours rejoindre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), recevoir une formation et participer à des opérations.

Lorsque le scandale a éclaté fin septembre — après la découverte de 19 cadavres dans des fosses communes du nord-ouest du pays, à Ocana — certains ont fait le rapprochement avec la pratique dite des «faux positifs», selon laquelle des unités de l'armée colombienne exécutent des civils pour gonfler les chiffres de guérilleros tués et obtenir ainsi des récompenses. Cette pratique a été amplement dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty international, mardi.

En 2007, selon cette ONG, 330 exécutions extrajudiciaires par les forces de l'ordre ont été comptabilisées, contre 220 en moyenne en 2004-2006 et environ 100 en 2002.

«La plupart des victimes étaient des paysans ou des dirigeants communautaires que les forces de l'ordre ont présentés faussement comme des guérilleros morts au combat», a écrit Amnesty.

L'annonce de la destitution des généraux intervient alors que le Haut commissaire des droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, arrivée dimanche soir, est en visite en Colombie.

Le cas de la Colombie fera l'objet d'un examen spécifique par le Conseil des droits de la personne de l'ONU en décembre. La situation colombienne sur cette question soulève aussi la contestation parmi les congressistes démocrates du grand allié américain, dont la politique à l'égard de Bogotá pourrait de ce fait se durcir si le candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama était élu.
 
 
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