Israël: Tzipi Livni demande des élections anticipées
La chef du parti Kadima abandonne ses efforts pour former une nouvelle coalition gouvernementale
27 octobre 2008
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Tzipi Livni essayait de former une coalition depuis qu’elle avait remplacé en septembre le premier ministre Ehoud Olmert, qui fait face à des accusations de corruption, à la tête de Kadima, le parti centriste au pouvoir en Israël. L’abandon de c
Jérusalem — La chef du parti Kadima au pouvoir en Israël, Tzipi Livni, a officiellement abandonné hier ses efforts pour former une nouvelle coalition gouvernementale. Cette décision devrait entraîner l'organisation prochaine d'élections anticipées, susceptibles de mettre en danger le fragile processus de paix israélo-palestinien.
Les Palestiniens craignent en effet un arrêt des pourparlers de paix, qui avaient repris depuis un an, au moins jusqu'aux prochaines élections législatives, c'est-à-dire dans plusieurs mois. Ce scrutin pourrait aussi ouvrir la voie à un retour au pouvoir du chef du Likoud (droite), Benjamin Nétanyahou, qui refuse toute concession territoriale majeure aux Arabes.
Tzipi Livni essayait de former une coalition depuis qu'elle avait remplacé en septembre le premier ministre Ehoud Olmert, qui fait face à des accusations de corruption, à la tête de Kadima, le parti centriste au pouvoir en Israël. Mais certains de ses partenaires au sein de la coalition actuelle, arrivée aux affaires en mai 2006, ont profité de ces changements pour présenter de nouvelles exigences.
Dans un communiqué, Tzipi Livni explique qu'elle était prête à faire des concessions, mais qu'elle a dû refuser des demandes «impossibles». «Quand il est devenu évident que tous les partis profitaient de l'occasion pour faire des demandes économiquement et diplomatiquement illégitimes, j'ai décidé d'annuler [les discussions] et d'appeler à la tenue d'élections», a précisé hier Mme Livni.
Mme Livni avait repoussé de quelques heures sa rencontre avec le président Shimon Peres, la présidente de la Knesset, le Parlement israélien, Dalia Itzik ayant lancé une dernière tentative d'accord de coalition. Toutefois, ces efforts ont échoué.
Mme Livni s'est finalement rendue hier après-midi à la résidence de Shimon Peres et lui a fait savoir qu'elle n'avait pas changé d'avis. Elle lui a signifié qu'elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, mais qu'elle ne pouvait pas céder au chantage politique.
«Jusqu'au dernier moment, je n'étais pas préparée à hypothéquer l'avenir économique et politique d'Israël», a-t-elle déclaré à la télévision nationale. «J'ai dit au président que dans ces circonstances, nous devons organiser des élections sans tarder».
«Nous irons aux élections [...] et nous avons l'intention de les gagner», a-t-elle lancé.
Interrogée un peu plus tard sur Channel 10 pour expliquer sa décision, elle a affirmé qu'elle croyait en «Jérusalem comme capitale unifiée d'Israël», mais qu'un premier ministre ne pouvait pas «conduire un processus de paix et annoncer qu'il y a une question dont ils ne discuteront pas».
Shimon Peres a dit à Tzipi Livni qu'il rencontrerait d'autres partis politiques dans les trois jours qui viennent pour voir si eux aussi souhaitaient des élections. M. Peres, dont le rôle consiste notamment à convoquer les élections, pourrait demander à un autre homme politique d'essayer de former un gouvernement. Mais en tant que chef du plus grand parti israélien, Tzipi Livni était la seule candidate à avoir une chance réelle de former une majorité parlementaire.
Les élections pour renouveler les 120 sièges de la Knesset, prévues normalement pour novembre 2010, devraient être avancées à février ou mars prochains. Ce serait la troisième élection nationale en six ans, preuve de l'instabilité du système politique israélien.
La décision de Livni risque d'entraîner une nouvelle interruption du fragile processus de paix avec les Palestiniens, ce qu'a regretté Nabil Abou Rdeneh, proche conseiller du président Mahmoud Abbas. «Le temps est précieux», a-t-il observé hier. «Les prochains mois seront gâchés en raison de ces élections et de l'élection américaine.»
Le premier ministre du Hamas dans la Bande de Gaza, Ismail Haniyeh, a affirmé pour sa part que la tenue d'élections prochaines reflétait «la profondeur de la crise de leadership» en Israël. «Nous n'attendons pas grand-chose du changement de têtes dans la carte politique de l'occupation, parce que changer les têtes ne se traduit pas par un changement dans l'attitude de l'occupation», a-t-il observé.
Les Palestiniens craignent en effet un arrêt des pourparlers de paix, qui avaient repris depuis un an, au moins jusqu'aux prochaines élections législatives, c'est-à-dire dans plusieurs mois. Ce scrutin pourrait aussi ouvrir la voie à un retour au pouvoir du chef du Likoud (droite), Benjamin Nétanyahou, qui refuse toute concession territoriale majeure aux Arabes.
Tzipi Livni essayait de former une coalition depuis qu'elle avait remplacé en septembre le premier ministre Ehoud Olmert, qui fait face à des accusations de corruption, à la tête de Kadima, le parti centriste au pouvoir en Israël. Mais certains de ses partenaires au sein de la coalition actuelle, arrivée aux affaires en mai 2006, ont profité de ces changements pour présenter de nouvelles exigences.
Dans un communiqué, Tzipi Livni explique qu'elle était prête à faire des concessions, mais qu'elle a dû refuser des demandes «impossibles». «Quand il est devenu évident que tous les partis profitaient de l'occasion pour faire des demandes économiquement et diplomatiquement illégitimes, j'ai décidé d'annuler [les discussions] et d'appeler à la tenue d'élections», a précisé hier Mme Livni.
Mme Livni avait repoussé de quelques heures sa rencontre avec le président Shimon Peres, la présidente de la Knesset, le Parlement israélien, Dalia Itzik ayant lancé une dernière tentative d'accord de coalition. Toutefois, ces efforts ont échoué.
Mme Livni s'est finalement rendue hier après-midi à la résidence de Shimon Peres et lui a fait savoir qu'elle n'avait pas changé d'avis. Elle lui a signifié qu'elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, mais qu'elle ne pouvait pas céder au chantage politique.
«Jusqu'au dernier moment, je n'étais pas préparée à hypothéquer l'avenir économique et politique d'Israël», a-t-elle déclaré à la télévision nationale. «J'ai dit au président que dans ces circonstances, nous devons organiser des élections sans tarder».
«Nous irons aux élections [...] et nous avons l'intention de les gagner», a-t-elle lancé.
Interrogée un peu plus tard sur Channel 10 pour expliquer sa décision, elle a affirmé qu'elle croyait en «Jérusalem comme capitale unifiée d'Israël», mais qu'un premier ministre ne pouvait pas «conduire un processus de paix et annoncer qu'il y a une question dont ils ne discuteront pas».
Shimon Peres a dit à Tzipi Livni qu'il rencontrerait d'autres partis politiques dans les trois jours qui viennent pour voir si eux aussi souhaitaient des élections. M. Peres, dont le rôle consiste notamment à convoquer les élections, pourrait demander à un autre homme politique d'essayer de former un gouvernement. Mais en tant que chef du plus grand parti israélien, Tzipi Livni était la seule candidate à avoir une chance réelle de former une majorité parlementaire.
Les élections pour renouveler les 120 sièges de la Knesset, prévues normalement pour novembre 2010, devraient être avancées à février ou mars prochains. Ce serait la troisième élection nationale en six ans, preuve de l'instabilité du système politique israélien.
La décision de Livni risque d'entraîner une nouvelle interruption du fragile processus de paix avec les Palestiniens, ce qu'a regretté Nabil Abou Rdeneh, proche conseiller du président Mahmoud Abbas. «Le temps est précieux», a-t-il observé hier. «Les prochains mois seront gâchés en raison de ces élections et de l'élection américaine.»
Le premier ministre du Hamas dans la Bande de Gaza, Ismail Haniyeh, a affirmé pour sa part que la tenue d'élections prochaines reflétait «la profondeur de la crise de leadership» en Israël. «Nous n'attendons pas grand-chose du changement de têtes dans la carte politique de l'occupation, parce que changer les têtes ne se traduit pas par un changement dans l'attitude de l'occupation», a-t-il observé.
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