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Israël - L'armée se retire de Beit Hanoun

Sharon va présenter son nouveau gouvernement jeudi

25 février 2003  Actualités internationales
Des Palestiniens contournaient hier un poste de contrôle à Jérusalem-Est.
Photo : Agence Reuters
Des Palestiniens contournaient hier un poste de contrôle à Jérusalem-Est.
Gaza — L'armée israélienne s'est retirée hier de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, après un raid sanglant qui a fait sept tués palestiniens, alors qu'Israël s'orientait vers la formation d'une coalition gouvernementale marquée à droite, ce qui inquiète les Palestiniens.

Peu avant minuit, l'armée israélienne a lancé une nouvelle incursion dans la ville de Rafah (sud de la bande de Gaza), ont indiqué des membres de la sécurité palestinienne, indiquant que les soldats avaient détruit deux maisons palestiniennes.

En Israël, selon la radio publique, le premier ministre israélien Ariel Sharon va présenter jeudi son nouveau gouvernement devant le Parlement. Ce cabinet devrait être marqué à droite. Le parti Likoud (droite) de M. Sharon a en effet conclu des accords avec le Parti national religieux (PNR), qui représente les colons, et la formation laïque centriste Shinouï.

En vertu de l'accord signé avec le Likoud, le PNR (six députés) a obtenu trois portefeuilles, dont celui de l'Habitat, mais surtout l'assurance que les colonies seraient «agrandies pour répondre à la croissance naturelle de leur population».

Le Shinouï (15 députés), dont l'accord avec le Likoud a été annoncé dans la matinée, a quant à lui obtenu cinq portefeuilles ministériels et un poste de vice-premier ministre.

Crainte des Palestiniens

Avec ces deux partis, M. Sharon, dont la formation a emporté haut la main les législatives du 28 janvier, disposerait d'une courte majorité, de 61 députés sur 120, au Parlement.

Cette perspective suscite la crainte des Palestiniens. «Le prochain gouvernement israélien sera un gouvernement qui consacrera la colonisation et refusera la paix», a dit le ministre des Collectivités locales palestinien, Saëb Erakat.

L'armée s'est retirée de Beit Hanoun dans la matinée après avoir mené une opération de plus de 24 heures qui avait pour objectif de mettre fin aux tirs de roquettes artisanales Qassam contre Israël à partir de cette localité, mais qui n'a pas empêché les islamistes du Hamas de tirer dimanche cinq de ces fusées sur les sud d'Israël, sans faire ni victime ni dégâts.

Après le retrait de l'armée, le corps d'un chef local du Jihad islamique a été découvert dans l'une des maisons détruites par les soldats à Beit Hanoun, portant à sept le nombre de Palestiniens tués lors de ce raid.

Les opérations de l'armée visent particulièrement le Hamas, qui s'oppose à l'appel à une trêve d'un an lancé vendredi par Mahmoud Abbas, bras droit du dirigeant palestinien Yasser Arafat.

La direction palestinienne a de nouveau appelé aujourd'hui les formations palestiniennes à accepter cette idée et a demandé un arrêt des tirs de roquettes.

Mitzna rompt les négociations

D'autre part, la branche armée du Hamas a affirmé avoir abattu à la mitrailleuse à partir de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, un avion de combat israélien F-16.

L'armée israélienne, qui a reconnu la perte accidentelle d'un appareil F-16 dans le secteur, qui s'est écrasé en territoire israélien, a catégoriquement rejeté ces affirmations.

Depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, les violences israélo-palestiniennes ont fait 2996 morts, dont 2245 Palestiniens et 695 Israéliens.

D'autre part, la marine israélienne a levé le blocus maritime imposé au large des côtes de la bande de Gaza depuis le 6 janvier, selon l'armée.

Et l'armée israélienne a libéré un caméraman palestinien de l'agence Reuters arrêté la veille alors qu'il couvrait les affrontements de Beit Hanoun.

En Israël, l'accord Likoud-PNR a poussé le chef du Parti travailliste Amram Mitzna, qui exigeait le démantèlement des colonies de la bande de Gaza, à rompre les négociations avec M. Sharon, ce qui lui a valu de vives critiques au sein de son parti. Les travaillistes n'ont obtenu que 19 sièges au dernier scrutin, leur score historique le plus faible.
 
 
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