Une décision sera prise aujourd'hui - Kaboul prie l'OTAN de l'aider à lutter contre le trafic de drogue
10 octobre 2008
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Jaap de Hoop Scheffer
Budapest — L'Afghanistan, avec le soutien des États-Unis, a demandé hier à la force internationale (ISAF) commandée par l'OTAN de lancer ses soldats à l'assaut du trafic d'héroïne qui renforce les talibans en leur permettant de se constituer un énorme trésor de guerre.
«Je voudrais que l'OTAN soutienne nos efforts dans le cadre de la campagne contre le trafic de stupéfiants. C'est ce que je vais lui demander», a déclaré le ministre afghan de la Défense Abdul Rahim Wardak avant un déjeuner de travail à Budapest avec ses 26 homologues de l'OTAN.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a aussitôt apporté son soutien à M. Wardak. «Le trafic de drogue, a-t-il dit, n'est pas seulement corrosif pour la bonne gouvernance, en raison de sa contribution à la corruption, il finance aussi directement les gens qui tuent des Afghans, des Américains et nos partenaires de la coalition» rassemblée sous le drapeau de l'ISAF mandatée par l'ONU, et dirigée par l'OTAN depuis 2003.
L'Afghanistan produit 92 % de l'opium et de l'héroïne dans le monde et les talibans financent largement leurs activités hostiles au gouvernement du président Hamid Karzai grâce à ce trafic auquel ils s'associent dans le sud afghan où ils sont les mieux implantés.
Selon M. Gates, les talibans tirent «de 60 à 80 millions par an au moins» du trafic de drogue. Il a précisé ne pas demander à l'OTAN de raser les champs de pavot, alors que certains alliés craignent que cela ne monte la population afghane contre les soldats de l'ISAF dans les zones rurales.Toutefois, a-t-il ajouté, «si nous avons la possibilité de pourchasser les seigneurs de la drogue et les laboratoires, et d'essayer d'interrompre ce flot d'argent frais profitant aux talibans, il me semble que ce soit une tâche sécuritaire légitime».
L'OTAN, divisée, s'est accordée un délai jeudi pour trouver un compromis sur l'opportunité de confier pour la première fois aux soldats de la force internationale (ISAF) en Afghanistan la mission de lutter contre le trafic d'héroïne qui alimente les caisses des talibans.
«Il n'y a pas eu de décision. C'est un sujet complexe et les discussions se poursuivront demain [vendredi] matin», a indiqué le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer.
Plusieurs pays ont exprimé des réserves à ce sujet, notamment la France, l'Allemagne, le Portugal, la Roumanie, l'Italie, la Grèce, la Pologne et la Belgique, selon une source allemande. L'Espagne serait assez proche de leur point de vue.
Une majorité de pays de l'Alliance atlantique y sont en revanche favorables, au premier rang les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas et le Royaume Uni.
Le ministre français Hervé Morin a expliqué ses réserves. «Tout le monde est bien entendu conscient que la drogue finance les talibans, mais il ne faut pas aller au-delà de la mission confiée par les Nations unies» à l'ISAF.«On risquerait de se mettre dans une situation difficile vis-à-vis de la population afghane», a-t-il estimé.
Face à ces objections, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a répondu qu'«il ne s'agissait pas d'une stratégie d'éradication de la drogue, qui relève des autorités afghanes, mais de démanteler les réseaux qui financent les talibans».
Si les alliés s'entendaient malgré tout pour que l'ISAF détruise les laboratoires, il s'agirait d'un tournant dans une lutte difficile contre la rébellion islamiste.
L'insurrection a pris de l'ampleur depuis deux ans, les embuscades et les attentats des talibans faisant désormais environ 20 morts chaque mois dans les rangs des forces internationales et bien plus encore dans la population civile.
Selon des responsables militaires alliés, une victoire finale contre les talibans est exclue et il n'y a pas de solution purement militaire au conflit, tandis que le gouvernement de Kaboul a sondé dernièrement des chefs talibans sur une possible réconciliation.
«Je voudrais que l'OTAN soutienne nos efforts dans le cadre de la campagne contre le trafic de stupéfiants. C'est ce que je vais lui demander», a déclaré le ministre afghan de la Défense Abdul Rahim Wardak avant un déjeuner de travail à Budapest avec ses 26 homologues de l'OTAN.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a aussitôt apporté son soutien à M. Wardak. «Le trafic de drogue, a-t-il dit, n'est pas seulement corrosif pour la bonne gouvernance, en raison de sa contribution à la corruption, il finance aussi directement les gens qui tuent des Afghans, des Américains et nos partenaires de la coalition» rassemblée sous le drapeau de l'ISAF mandatée par l'ONU, et dirigée par l'OTAN depuis 2003.
L'Afghanistan produit 92 % de l'opium et de l'héroïne dans le monde et les talibans financent largement leurs activités hostiles au gouvernement du président Hamid Karzai grâce à ce trafic auquel ils s'associent dans le sud afghan où ils sont les mieux implantés.
Selon M. Gates, les talibans tirent «de 60 à 80 millions par an au moins» du trafic de drogue. Il a précisé ne pas demander à l'OTAN de raser les champs de pavot, alors que certains alliés craignent que cela ne monte la population afghane contre les soldats de l'ISAF dans les zones rurales.Toutefois, a-t-il ajouté, «si nous avons la possibilité de pourchasser les seigneurs de la drogue et les laboratoires, et d'essayer d'interrompre ce flot d'argent frais profitant aux talibans, il me semble que ce soit une tâche sécuritaire légitime».
L'OTAN, divisée, s'est accordée un délai jeudi pour trouver un compromis sur l'opportunité de confier pour la première fois aux soldats de la force internationale (ISAF) en Afghanistan la mission de lutter contre le trafic d'héroïne qui alimente les caisses des talibans.
«Il n'y a pas eu de décision. C'est un sujet complexe et les discussions se poursuivront demain [vendredi] matin», a indiqué le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer.
Plusieurs pays ont exprimé des réserves à ce sujet, notamment la France, l'Allemagne, le Portugal, la Roumanie, l'Italie, la Grèce, la Pologne et la Belgique, selon une source allemande. L'Espagne serait assez proche de leur point de vue.
Une majorité de pays de l'Alliance atlantique y sont en revanche favorables, au premier rang les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas et le Royaume Uni.
Le ministre français Hervé Morin a expliqué ses réserves. «Tout le monde est bien entendu conscient que la drogue finance les talibans, mais il ne faut pas aller au-delà de la mission confiée par les Nations unies» à l'ISAF.«On risquerait de se mettre dans une situation difficile vis-à-vis de la population afghane», a-t-il estimé.
Face à ces objections, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a répondu qu'«il ne s'agissait pas d'une stratégie d'éradication de la drogue, qui relève des autorités afghanes, mais de démanteler les réseaux qui financent les talibans».
Si les alliés s'entendaient malgré tout pour que l'ISAF détruise les laboratoires, il s'agirait d'un tournant dans une lutte difficile contre la rébellion islamiste.
L'insurrection a pris de l'ampleur depuis deux ans, les embuscades et les attentats des talibans faisant désormais environ 20 morts chaque mois dans les rangs des forces internationales et bien plus encore dans la population civile.
Selon des responsables militaires alliés, une victoire finale contre les talibans est exclue et il n'y a pas de solution purement militaire au conflit, tandis que le gouvernement de Kaboul a sondé dernièrement des chefs talibans sur une possible réconciliation.
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