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Une réforme attendue - Un nouveau patron pour les espions pakistanais

Islamabad — Le Pakistan a nommé un nouveau patron à la tête du renseignement militaire (ISI), quelques mois après les doutes exprimés à Washington quant à la fiabilité de l'agence dans la lutte antiterroriste. Un communiqué de l'armée diffusé vers minuit lundi a annoncé le remplacement du général Nadeem Taj par le général Ahmed Shujaa Pasha, anciennement chef des opérations militaires, ainsi qu'une série d'autres changements à la tête de l'état-major.

Ces mesures interviennent dix jours après l'attentat suicide contre l'hôtel Marriott qui a fait 55 morts à Islamabad.

Le chef de l'armée, Ashfaq Kayani, lui-même patron de l'ISI jusqu'à octobre 2007, a également remplacé quatre des neufs commandants de corps d'armée et désigné un nouveau chef d'état-major.

Dénoncé par ses adversaires comme un État dans l'État, l'ISI (Inter-Services Intelligence) a aidé les États-Unis à éliminer des centaines d'activistes d'al-Qaïda dans les années qui ont suivi les attentats du 11-Septembre. Mais les responsables américains soupçonnent aujourd'hui certains agents de jouer un double jeu et de soutenir les militants radicaux islamistes. Leurs craintes s'appuient notamment sur l'attentat suicide qui a tué 58 personnes devant l'ambassade d'Inde à Kaboul en juillet.

Selon le New York Times, l'administration américaine est persuadée que des agents pakistanais ont déjà prévenu des activistes de l'imminence de frappes de missiles les visant au Pakistan.

En privé, les États-Unis ont demandé au gouvernement civil de Yousaf Raza Gilani, en place depuis six mois, d'exercer davantage de contrôle sur l'ISI, selon des responsables ayant requis l'anonymat. En juillet, le premier ministre avait tenté de placer l'agence sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, mais avait dû renoncer face à la grogne au sein de l'armée.

Si le général Kayani soutient publiquement le retour à une démocratie civile, plusieurs officiers supérieurs ont aussi fait savoir que l'armée tenait à s'occuper elle-même de ses affaires.

D'après le New York Times, le président pakistanais Asif Ali Zardari, qui a succédé au général-président démissionnaire Pervez Moucharraf, a rencontré la semaine passée le directeur de la CIA Michael Hayden lors d'une visite aux États-Unis. «L'ISI sera prise en main, c'est notre problème», a déclaré au journal le veuf de l'ancien premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre.

En tant que commandant des opérations militaires, le général Pasha supervisait les offensives contre les militants armés dans les zones tribales qui jouxtent l'Afghanistan, et la surveillance de la frontière. Il devrait procéder à un vaste remaniement de l'agence.

Nommé par Moucharraf, qui a été poussé à la démission en août dernier pour échapper à une destitution par le parlement, Le général Taj aura dirigé moins d'un an l'ISI.
 
 
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