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Motlanthe est facilement élu président d'Afrique du Sud

À peine nommé, il met en place un nouveau gouvernement

Reuters   26 septembre 2008  Actualités internationales
Kgalema Motlanthe
Photo : Agence Reuters
Kgalema Motlanthe
Le Cap — Le parlement sud-africain a porté hier son président, Kgalema Motlanthe, à la tête de l'Afrique du Sud à titre intérimaire, en remplacement de Thabo Mbeki, contraint à la démission le week-end dernier par le Congrès national africain.

Le nouveau président a immédiatement mis en place un nouveau gouvernement dans lequel est reconduit le ministre des Finances et d'où partent les plus proches alliés du chef de l'État sortant, Thabo Mbeki.

Trevor Manuel, entré au gouvernement après les premières élections multiraciales en 1994 et au ministère des Finances en 1996, est très apprécié par des investisseurs étrangers. Considéré comme l'artisan de la croissance soutenue de la première économie du continent, supérieure à 5 % au cours des cinq dernières années, il avait annoncé une démission de principe mardi tout en se disant disponible pour la prochaine équipe.

La ministre des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma conserve également ses fonctions, ainsi que plus de la moitié de l'équipe sortante.

En revanche, des proches de Thabo Mbeki, contraint à démissionner par son propre parti, le Congrès national africain (ANC), sur fond de luttes intestines, ne figurent plus dans le nouveau gouvernement.

Une absence remarquée

Le président désavoué était absent lors du vote des députés, qui ont entériné par 269 voix, contre 50 au candidat d'opposition, le choix par l'ANC de Kgalema Motlanthe comme président pour la période de transition de six mois précédant les élections générales.

Jacob Zuma, qui a pris les commandes en décembre dernier de l'ANC, sera le favori à ce scrutin, prévu en avril 2009, après avoir été disculpé ce mois-ci par un tribunal des accusations de corruption qu'il soupçonne son rival Mbeki d'avoir favorisées.

Jacob Zuma, qui, comme Kgalema Mothlante, est un ancien codétenu de Nelson Mandela au bagne de Robben Island du temps de l'apartheid, incarne l'aide gauche et radicale de l'ex-mouvement de libération qui domine la vie politique sud-africaine.

Les marchés financiers, qui étaient rassurés par la gestion libérale de Mbeki — dont les partisans envisagent de faire scission de l'ANC —, craignent que Zuma ne soit l'otage de la puissante centrale syndicale Cosatu et du petit, mais influent, Parti communiste.

Bien qu'ex-membre de l'aile militaire de l'ANC, Kgalema Motlanthe apparaît comme un modéré jouissant du respect des deux camps du mouvement. Dès son élection, il s'est efforcé de rassurer les marchés financiers. «Dans une économie mondiale turbulente, nous resterons fidèles à la politique qui a maintenu la stabilité de l'Afrique du Sud et lui a assuré une croissance soutenue», a-t-il dit hier.

Il n'empêche que l'éviction de Mbeki a ouvert la crise politique la plus grave depuis la fin de l'apartheid et l'accession au pouvoir de l'emblématique et charismatique Mandela, en 1994.
 
 
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