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Le plus ancien détenu politique de Birmanie a été libéré

Reuters   24 septembre 2008  Actualités internationales
Win Tin hier, à sa sortie de prison.
Photo : Agence Reuters
Win Tin hier, à sa sortie de prison.
Rangoun — Le plus ancien prisonnier politique de Birmanie, le journaliste Win Tin, a été libéré hier après 19 ans de captivité, à quelques jours du premier anniversaire de la répression du soulèvement des moines bouddhistes.

Le gouvernement militaire a déclaré avoir libéré au total 9002 détenus pour bonne conduite, mais un porte-parole de l'opposition a aussitôt précisé que la mesure ne concernait qu'une poignée de prisonniers de conscience.

«Je continuerai à faire de la politique» pour «venir à bout du pouvoir militaire», a déclaré Win Tin, 79 ans, à des personnes rassemblées chez un ami près de la prison d'Insein, au nord de Rangoun

Win Tin, membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi, avait été arrêté le 4 juillet 1989 et condamné à 20 ans de prison, notamment pour avoir conseillé Mme Suu Kyi et pour avoir écrit des lettres aux Nations unies.

Portant encore l'uniforme bleu des prisonniers, le journaliste paraissait en très bonne forme hieret a déclaré n'avoir signé aucun document l'engageant à ne plus mener d'activités politiques.

Win Tin avait reçu en août la visite d'un enquêteur des Nations unies à la prison d'Insein où sont incarcérés nombre des quelque 2000 détenus politiques de Birmanie, selon Amnesty International. Le journaliste, qui a souffert de problèmes de santé, a bénéficié d'une libération anticipée car il devait théoriquement être élargi en 2009.

Le quotidien officiel New Light of Myanmar, qui a annoncé 9002 libérations hier, n'a donné aucune indication sur l'identité des personnes concernées, affirmant seulement qu'elles pourraient ainsi participer aux élections promises pour 2010 par la junte dans le cadre «des efforts» pour faire émerger «une démocratie disciplinée» en Birmanie.

Un porte-parole de la LND, Nyan Win, a souligné que seule une poignée de prisonniers politiques avait été libérée. Outre Win Tin, il a mentionné trois autres responsables du parti: May Win Myint, Aung Soe Myint et Than Nyein.

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Birmanie, Tomás Ojea Quintana, parlait pour sa part de sept prisonniers politiques libérés.

Les Nations unies ne cessent d'exiger la libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie, notamment d'Aung San Suu Kyi, qui a passé la majeure partie des 19 dernières années assignée à résidence. Selon un diplomate occidental, l'avocat de Mme Suu Kyi devait déposer hier un recours officiel contre sa détention à domicile.

Quelque 700 des 2000 détenus politiques birmans avaient été arrêtés lors de ces manifestations qui avaient commencé à être réprimées à partir du 26 septembre 2007, faisant 31 morts et 74 disparus, selon l'ONU.

En mai dernier, alors qu'un cyclone dévastait le sud du pays, la junte avait fait passer en force un projet de Constitution favorable à l'armée et censé ouvrir la voie à des élections législatives en 2010.

«Je n'accepte pas cette Constitution», a déclaré Win Tin. «C'est pourquoi je dois continuer la politique [...] Avec quel objectif? Venir à bout du pouvoir militaire.»

La Birmanie a été gouvernée par des juntes successives depuis 1962.
 
 
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