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Crise bolivienne - Un gouverneur traqué, l'opposition fait un geste

15 septembre 2008  Actualités internationales
À Santa Cruz, capitale économique de la Bolivie, il faut s’armer de patience pour se procurer du gaz butane. La flambée de violence qui secoue le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud a plongé dans l’angoisse l’opulente région, bastion de l
Photo : Agence France-Presse
À Santa Cruz, capitale économique de la Bolivie, il faut s’armer de patience pour se procurer du gaz butane. La flambée de violence qui secoue le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud a plongé dans l’angoisse l’opulente région, bastion de l
La Paz — L'armée traquait hier le gouverneur d'une région rebelle en Bolivie, où l'opposition au président Evo Morales a fait un geste en annonçant la suspension des manifestations, après une vague de violence meurtrière.

Les soldats ont reçu l'ordre d'arrêter le gouverneur de Pando, Leopoldo Fernandez, poursuivi pour avoir violé l'état d'urgence instauré dans cette région du nord, voisine du Brésil, où les affrontements ont fait au moins 18 morts et une centaine de blessés.

M. Fernandez est en outre accusé par le gouvernement d'avoir organisé un «massacre» de paysans fidèles au chef de l'État, dans la localité de Porvenir, où seize personnes ont été tuées jeudi.

Une commission d'enquête devait être dépêchée sur place. Le gouverneur de la région, qui avait publiquement refusé de respecter l'état de siège, avait démenti les rumeurs selon lesquelles il projetait de fuir au Brésil. D'importants renforts militaires ont été envoyés à Cobija, la capitale régionale, pour rétablir l'ordre et reprendre le contrôle des bâtiments publics qui avaient été occupés par des groupes armés. Un soldat et un civil avaient été tués lors d'un assaut militaire à l'aéroport.

Les provinces riches (Pando, Santa Cruz, Tarijas, Beni Chuquisaca) rejettent le projet de Constitution socialiste et le projet de réforme agraire que M. Morales, premier président amérindien, veut faire adopter par référendum dans ce pays de 10 millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du Sud.

La crise a ravivé les tensions ethniques dans ce pays fracturé entre les partisans du chef de l'État, en majorité des paysans pauvres des Andes, et la population métisse ou blanche qui vit dans les plaines de l'est et du sud où sont concentrées les terres fertiles et les hydrocarbures. Les adversaires de M. Morales ont toutefois fait hier un geste en annonçant la suspension de leurs manifestations en «signe de bonne volonté».

La crise bolivienne avait aussi pris une dimension internationale avec le renvoi des ambassadeurs des États-Unis en Bolivie et au Venezuela, suivi d'une mesure de représailles similaires par Washington.

Juste avant son expulsion de La Paz, l'ambassadeur américain Philip Goldberg a averti M. Morales que son départ aurait des «conséquences sérieuses» notamment pour la lutte contre le trafic de drogue.

Les États-Unis versent annuellement une aide de plus de 100 millions $ à la Bolivie, troisième pays producteur de cocaïne après la Colombie et le Pérou.

Admirateur de la révolution cubaine et allié du président vénézuélien Hugo Chavez, bête noire de la Maison-Banche, Evo Morales, un ancien planteur de coca, accuse le diplomate d'orchestrer la fronde de l'opposition. Des accusations qualifiées de «fausses et injustifiées» par M. Goldberg, selon qui les États-Unis ne cherchent qu'à soutenir «la démocratie et le développement» en Bolivie.
 
 
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