Obama le gladiateur
Beaucoup espéraient des effets oratoires à la Martin Luther King, d'autres souhaitaient un chapelet de références à John F. Kennedy. Ce fut Barack Obama du début à la fin. Un Obama pugnace, un Obama faisant preuve d'une agressivité certaine comme le voulaient ses conseillers.
Parce qu'il prononçait son discours le jour anniversaire, le 45e pour être précis, du fameux discours que le pasteur King déclina sur le Capitole, on s'attendait à ce qu'Obama se présente comme le rêve politique réalisé, si l'on peut dire, de son célèbre aîné. Ce ne fut pas le cas. Bien au contraire, Obama s'est appliqué à gommer sa différence, son afro-américanité, en évoquant l'ombre de ses grands-parents maternels et de sa mère, tous originaires d'un État de l'Amérique profonde: le Kansas. Afin d'éviter d'être perçu comme un Noir en colère qui prend sa revanche, il a effacé une réalité qui reste historique.
Parce qu'il acceptait la nomination du Parti démocrate dans un stade, à l'extérieur, en plein air, comme Kennedy en 1960, parce que, comme ce dernier, Obama est jeune, on croyait qu'il s'attarderait à faire écho à cette figure légendaire. Nenni! Il a pris un soin particulier à ne pas s'attarder à cette période politique. La raison? Pour Obama ainsi que pour ses conseillers, l'humeur électorale des Américains étant ce qu'elle est aujourd'hui, tout arrêt sur les années 60 aurait pu avoir pour conséquence de s'aliéner ces indécis qui jugent cette période comme trop libérale, trop permissive.
Dans les semaines antérieures à l'amorce de la convention, il n'avait échappé à personne que McCain, comme l'indiquaient une flopée de sondages, montait en puissance. Après analyse des variables ayant favorisé cette échappée du champion des républicains, l'état-major d'Obama fut habité par une inquiétude, voire un questionnement. Et si notre poulain manquait d'agressivité? Et s'il n'était pas assez combatif?
Tout, enfin presque tout, est là. Entre les avis de ses proches et les conseils des sénateurs et gouverneurs, Obama a trempé la plume dans l'encrier de l'offensive. De fait, l'objectif central de son discours, le principal message qu'il fallait passer, consistait à ancrer dans les esprits qu'Obama pouvait être aussi pugnace que McCain, qui avait grignoté bien des parts électorales en semant le doute sur la capacité d'Obama d'être le chef des armées.
Tout un chacun aura évidemment noté qu'à plus d'une reprise le démocrate a associé le nom de McCain à celui de Bush. Bien de ses efforts ont été canalisés afin de montrer qu'une victoire du républicain s'avérerait un troisième mandat Bush. Qu'il ne faudrait donc pas s'attendre à une quelconque inflexion de la politique économique, à une quelconque modification de la politique étrangère, mais bien plutôt à une politique favorisant davantage des riches déjà très riches. Son pari, Obama l'a tenu et l'a remporté.
Cela étant, le républicain n'a pas tardé à répondre en dévoilant l'identité de sa colistière. Il s'agit de Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska depuis moins de deux ans. Étonnant, très étonnant même, le choix de McCain a fait grincer quelques dents... républicaines! Car en optant pour cette candidature, McCain met de facto sous les boisseaux la critique sur le manque d'expérience du démocrate. La seule explication possible? Il semble que McCain veuille rallier les voix féminines déçues que Hillary Clinton a perdues. Car le fin mot de cette histoire est un chiffre: 8,5 % d'indécis seulement. Mais pour l'instant...
Parce qu'il prononçait son discours le jour anniversaire, le 45e pour être précis, du fameux discours que le pasteur King déclina sur le Capitole, on s'attendait à ce qu'Obama se présente comme le rêve politique réalisé, si l'on peut dire, de son célèbre aîné. Ce ne fut pas le cas. Bien au contraire, Obama s'est appliqué à gommer sa différence, son afro-américanité, en évoquant l'ombre de ses grands-parents maternels et de sa mère, tous originaires d'un État de l'Amérique profonde: le Kansas. Afin d'éviter d'être perçu comme un Noir en colère qui prend sa revanche, il a effacé une réalité qui reste historique.
Parce qu'il acceptait la nomination du Parti démocrate dans un stade, à l'extérieur, en plein air, comme Kennedy en 1960, parce que, comme ce dernier, Obama est jeune, on croyait qu'il s'attarderait à faire écho à cette figure légendaire. Nenni! Il a pris un soin particulier à ne pas s'attarder à cette période politique. La raison? Pour Obama ainsi que pour ses conseillers, l'humeur électorale des Américains étant ce qu'elle est aujourd'hui, tout arrêt sur les années 60 aurait pu avoir pour conséquence de s'aliéner ces indécis qui jugent cette période comme trop libérale, trop permissive.
Dans les semaines antérieures à l'amorce de la convention, il n'avait échappé à personne que McCain, comme l'indiquaient une flopée de sondages, montait en puissance. Après analyse des variables ayant favorisé cette échappée du champion des républicains, l'état-major d'Obama fut habité par une inquiétude, voire un questionnement. Et si notre poulain manquait d'agressivité? Et s'il n'était pas assez combatif?
Tout, enfin presque tout, est là. Entre les avis de ses proches et les conseils des sénateurs et gouverneurs, Obama a trempé la plume dans l'encrier de l'offensive. De fait, l'objectif central de son discours, le principal message qu'il fallait passer, consistait à ancrer dans les esprits qu'Obama pouvait être aussi pugnace que McCain, qui avait grignoté bien des parts électorales en semant le doute sur la capacité d'Obama d'être le chef des armées.
Tout un chacun aura évidemment noté qu'à plus d'une reprise le démocrate a associé le nom de McCain à celui de Bush. Bien de ses efforts ont été canalisés afin de montrer qu'une victoire du républicain s'avérerait un troisième mandat Bush. Qu'il ne faudrait donc pas s'attendre à une quelconque inflexion de la politique économique, à une quelconque modification de la politique étrangère, mais bien plutôt à une politique favorisant davantage des riches déjà très riches. Son pari, Obama l'a tenu et l'a remporté.
Cela étant, le républicain n'a pas tardé à répondre en dévoilant l'identité de sa colistière. Il s'agit de Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska depuis moins de deux ans. Étonnant, très étonnant même, le choix de McCain a fait grincer quelques dents... républicaines! Car en optant pour cette candidature, McCain met de facto sous les boisseaux la critique sur le manque d'expérience du démocrate. La seule explication possible? Il semble que McCain veuille rallier les voix féminines déçues que Hillary Clinton a perdues. Car le fin mot de cette histoire est un chiffre: 8,5 % d'indécis seulement. Mais pour l'instant...
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