Château de cartes
Jamais, depuis la chute du mur de Berlin, les relations entre l'Est et l'Ouest n'ont été aussi enfiévrées qu'actuellement. Hier, Moscou a ajouté à la tension en reconnaissant l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. En fait, depuis le début du conflit en Géorgie, il ne se passe guère une journée sans que des portes ouvertes à la faveur de l'implosion de l'empire soviétique se referment.
Les leaders politiques de l'Abkhazie et de l'Ossétie avaient à peine dévoilé leur ambition sécessionniste qu'elle était saluée par les parlementaires russes d'abord, par le Kremlin ensuite. En annonçant l'établissement de relations diplomatiques avec ces deux anciennes provinces de la Géorgie, le président russe Dmitri Medvedev se doutait évidemment que son geste serait perçu comme une provocation par l'Europe et les États-Unis. Sur ce plan, lui et le président bis, soit Vladimir Poutine, n'ont pas dû être déçus.
En effet, toutes les chancelleries occidentales sont montées au créneau pour fustiger ce dépeçage territorial de la Géorgie, pays, il ne faut pas l'oublier, qui par sa géographie occupe une place centrale pour tout ce qui a trait au transport du gaz et du pétrole et du commerce avec les nations de l'Asie centrale. En clair, qui a de l'ascendant sur la Géorgie est maître du jeu politique dans cette région du monde.
Toujours est-il que de Prague à Washington en passant par Berlin, Londres, Paris, Rome ou Lisbonne, tous les présidents et premiers ministres ont martelé avec force que ces indépendances violaient le droit international ainsi que la ribambelle de résolutions de l'ONU consacrées à l'intégrité géographique de la Géorgie. Parmi ces derniers, tous ces chefs d'État, on retiendra le nom d'Angela Merkel.
Signe d'un temps critique voire symbole du raidissement en cours, Merkel a réagi au geste russe alors qu'elle était en Estonie. Elle avait pris pied dans cette république balte non pas pour discuter commerce, mais bien pour entendre les doléances de dirigeants qui ont la certitude qu'après avoir appliqué son plan de déstabilisation de la Géorgie, le Kremlin va le peaufiner pour mieux s'attaquer aux républiques baltes. Sa méthode? Aiguiser dans un premier temps les aigreurs des russophones de ce coin du monde, leur accorder ensuite la citoyenneté russe avant d'ordonner la charge.
Merkel... En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle est devenue la championne des anciens satellites de l'Union soviétique aujourd'hui membres de l'Union européenne (UE). On s'attend à ce que lors du sommet extraordinaire convoqué par le président Sarkozy, la semaine prochaine, elle se pose en chef de file de ces nations qui, appréhendant un retour en force de la Russie sur leurs territoires, veulent employer la manière forte. Sur quel front? L'économie d'abord. Par exemple, certains souhaiteraient que l'UE annonce officiellement son opposition à la candidature de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Au point où l'on en est, ce rejet serait dans la logique des gestes faits au cours de la dernière quinzaine. En voici un bilan partiel: suspension de la coopération OTAN-Russie; suspension de la collaboration dans la lutte contre le terrorisme; suspension également du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires; annonce par l'Ukraine que les déplacements de la marine russe en mer Noire seront limités; arrêt par l'Azerbaïdjan de la distribution de pétrole par un oléoduc qui traverse la Géorgie avant de déboucher en... Turquie! Faut-il préciser que la Turquie commence elle également à être agacée. Très agacée même, car outre le pétrole elle a mis à profit son bon voisinage avec la Géorgie pour se lancer dans une offensive économique vers les pays d'Asie centrale où les Turkmènes, c'est à retenir, se comptent par millions.
Que dire, si ce n'est qu'en tombant bêtement, et avec l'accord plus que tacite de l'administration Bush, dans le piège tendu par Moscou le président géorgien Mikhaïl Saakachvili s'est posé en pyromane. Crédule de surcroît.
Les leaders politiques de l'Abkhazie et de l'Ossétie avaient à peine dévoilé leur ambition sécessionniste qu'elle était saluée par les parlementaires russes d'abord, par le Kremlin ensuite. En annonçant l'établissement de relations diplomatiques avec ces deux anciennes provinces de la Géorgie, le président russe Dmitri Medvedev se doutait évidemment que son geste serait perçu comme une provocation par l'Europe et les États-Unis. Sur ce plan, lui et le président bis, soit Vladimir Poutine, n'ont pas dû être déçus.
En effet, toutes les chancelleries occidentales sont montées au créneau pour fustiger ce dépeçage territorial de la Géorgie, pays, il ne faut pas l'oublier, qui par sa géographie occupe une place centrale pour tout ce qui a trait au transport du gaz et du pétrole et du commerce avec les nations de l'Asie centrale. En clair, qui a de l'ascendant sur la Géorgie est maître du jeu politique dans cette région du monde.
Toujours est-il que de Prague à Washington en passant par Berlin, Londres, Paris, Rome ou Lisbonne, tous les présidents et premiers ministres ont martelé avec force que ces indépendances violaient le droit international ainsi que la ribambelle de résolutions de l'ONU consacrées à l'intégrité géographique de la Géorgie. Parmi ces derniers, tous ces chefs d'État, on retiendra le nom d'Angela Merkel.
Signe d'un temps critique voire symbole du raidissement en cours, Merkel a réagi au geste russe alors qu'elle était en Estonie. Elle avait pris pied dans cette république balte non pas pour discuter commerce, mais bien pour entendre les doléances de dirigeants qui ont la certitude qu'après avoir appliqué son plan de déstabilisation de la Géorgie, le Kremlin va le peaufiner pour mieux s'attaquer aux républiques baltes. Sa méthode? Aiguiser dans un premier temps les aigreurs des russophones de ce coin du monde, leur accorder ensuite la citoyenneté russe avant d'ordonner la charge.
Merkel... En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle est devenue la championne des anciens satellites de l'Union soviétique aujourd'hui membres de l'Union européenne (UE). On s'attend à ce que lors du sommet extraordinaire convoqué par le président Sarkozy, la semaine prochaine, elle se pose en chef de file de ces nations qui, appréhendant un retour en force de la Russie sur leurs territoires, veulent employer la manière forte. Sur quel front? L'économie d'abord. Par exemple, certains souhaiteraient que l'UE annonce officiellement son opposition à la candidature de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Au point où l'on en est, ce rejet serait dans la logique des gestes faits au cours de la dernière quinzaine. En voici un bilan partiel: suspension de la coopération OTAN-Russie; suspension de la collaboration dans la lutte contre le terrorisme; suspension également du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires; annonce par l'Ukraine que les déplacements de la marine russe en mer Noire seront limités; arrêt par l'Azerbaïdjan de la distribution de pétrole par un oléoduc qui traverse la Géorgie avant de déboucher en... Turquie! Faut-il préciser que la Turquie commence elle également à être agacée. Très agacée même, car outre le pétrole elle a mis à profit son bon voisinage avec la Géorgie pour se lancer dans une offensive économique vers les pays d'Asie centrale où les Turkmènes, c'est à retenir, se comptent par millions.
Que dire, si ce n'est qu'en tombant bêtement, et avec l'accord plus que tacite de l'administration Bush, dans le piège tendu par Moscou le président géorgien Mikhaïl Saakachvili s'est posé en pyromane. Crédule de surcroît.
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