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Algérie - Douze employés de SNC-Lavalin périssent dans un attentat

Un double attentat à la bombe a tué 12 civils, tous employés de la firme d'ingénierie canadienne SNC-Lavalin, et fait 42 blessés, dont sept militaires et un policier, hier à Bouira, à 150 km à l'est d'Alger.

Deux voitures piégées, l'une visant un bus, l'autre un bâtiment militaire, ont explosé, selon la radio algérienne. Mardi, 48 personnes avaient été tuées et 45 autres blessées dans un attentat contre l'école de gendarmerie des Issers, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la capitale algérienne, selon un nouveau bilan communiqué hier par les autorités.

Dénonçant cet acte «terroriste», SNC-Lavalin a indiqué qu'un des deux attentats «a touché un autobus transportant des employés algériens au projet de distribution d'eau et d'usine de traitement d'Asserdoune, en Algérie».

«Douze employés ont été tués dans l'explosion de l'autobus et approximativement quinze autres ont été blessés», a ajouté la société, en adressant ses condoléances aux familles des victimes.

Cet attentat s'est produit devant l'hôtel Sophie de Bouira, à une vingtaine de kilomètres du site sur lequel travaillaient les employés de SNC-Lavalin, a confirmé Gillian MacCormack, porte-parole de la compagnie.

«Nous voulons que tous les membres de notre personnel

Voir page A 8: attentat

sachent que nous déplorons vivement cet attentat terroriste et que la santé et la sécurité sont des priorités du plus haut niveau pour la société. Nous continuons de travailler étroitement avec les autorités algériennes pour assurer la santé et la sécurité de notre personnel», a-t-elle ajouté.

Le double attentat de Bouira n'a pas été revendiqué, mais il fait suite à une série d'attentats orchestrés par al-Qaïda au Maghreb islamique, ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui a prêté allégeance à la nébuleuse islamiste.

La première bombe a visé un complexe militaire à 6h; la seconde a explosé un quart d'heure plus tard devant un hôtel de la ville, au passage d'un bus qui transportait des ouvriers sur le chantier d'un barrage. L'agence algérienne APS précise que plusieurs véhicules ont été endommagés et fait état d'importants dégâts matériels.

Selon la radio algérienne, la première bombe visait le commandant local de l'armée algérienne qui se trouvait dans le complexe militaire, la seconde, des expatriés canadiens travaillant à un projet hydraulique dans la région.

Selon David Hartwell, un expert de Janes Country Risk, les Algériens se demandent si les poseurs de bombes n'ont pas été formés en Irak par les insurgés islamistes. «Ça les inquiète vraiment. Mais [les poseurs de bombes] sont de plus en plus considérés comme des gens de l'extérieur, venus attaquer l'Algérie. Rien ne prouve qu'ils soient soutenus par la population», dit-il.

Pour Anis Rahmani, un expert algérien des questions de sécurité, les derniers attentats rappellent les pires massacres commis dans les années 1990 par le Groupe islamique armé (GIA), depuis lors disparu. «Cette comparaison est fondée, car aujourd'hui 75 % des membres d'al-Qaïda sont des anciens du GIA», dit-il.

Hassan Hattab, fondateur du GSPC qui s'est rendu aux autorités l'an dernier, après une offre d'amnistie du gouvernement, a appelé les rebelles islamistes à déposer les armes. «Je vous conseille de réfléchir et de renoncer à ce que vous faites, de revenir au sein de la société et de vos familles», demande Hattab aux rebelles encore actifs dans le pays, dans une déclaration diffusée sur le site Internet du journal Ennahar.

«Je vous conseille [...] de ne pas hésiter et de déposer les armes, ajoute-t-il. Nous avons réexaminé nos actions avec sincérité et sommes arrivés à la conclusion que [la lutte armée] conduisait à une impasse et que c'était un devoir sacré de mettre fin aux combats.»

L'Est algérien a été le théâtre de nombreux attentats commis par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la branche nord-africaine du réseau islamiste. Le 10 août dernier, au moins six civils avaient trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée contre un poste des gardes-côtes et un bureau adjacent de la gendarmerie à Zemmouri, également à l'est d'Alger.
 
 
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