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Retour à Gaza pour les fuyards du Fatah

Poignets menottés, bandeau sur les yeux, plusieurs Palestiniens pro-Fatah ont regagné hier la bande de Gaza, après quelques heures d’une «fuite» en Israël. La plupart d’entre eux ont été interrogés par les forces du Hamas à leur retour.
Photo : Agence Reuters
Poignets menottés, bandeau sur les yeux, plusieurs Palestiniens pro-Fatah ont regagné hier la bande de Gaza, après quelques heures d’une «fuite» en Israël. La plupart d’entre eux ont été interrogés par les forces du Hamas à leur retour.
Gaza — Plusieurs dizaines de membres du mouvement palestinien Fatah qui avaient fui en Israël après des heurts meurtriers à Gaza, ont regagné hier ce territoire où ils ont été arrêtés par le groupe rival Hamas, ont indiqué des responsables.

Sur les plus de 180 membres du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, qui s'étaient réfugiés samedi en Israël, 35 sont rentrés, tandis que d'autres devaient suivre dans la soirée d'hier, selon ces responsables.

Un porte-parole du Hamas — qui contrôle la bande de Gaza —, Sami Abou Zouhri, a déclaré que les forces de sécurité du groupe islamiste avaient interpellé des «dizaines» de membres du Fatah à leur retour, pour les interroger.

«Ceux qui ont enfreint la loi feront l'objet d'une enquête et, s'ils sont coupables, ils seront jugés. Ceux qui s'avéreront innocents seront relâchés», a-t-il dit.

Selon lui, leur fuite est «la preuve qu'ils ont enfreint la loi, car ils préfèrent se soumettre à l'occupant [israélien] plutôt que de rester chez eux».

D'après un des responsables israéliens de la sécurité, qui a demandé l'anonymat, le retour des membres du Fatah s'est fait à la demande de M. Abbas.

Dès samedi soir, le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak avait été contacté par M. Abbas pour qu'il permette leur retour à Gaza. Interrogé sur leur sort, il a dit que des «assurances sur leur sécurité avaient été fournies par une tierce partie étrangère», une allusion à une intervention en coulisses de l'Égypte.

Le même responsable a ajouté que plus de 20 des 180 hommes, évacués de Gaza après avoir été blessés, resteraient en Israël jusqu'à leur rétablissement.

Néanmoins, l'Association israélienne des droits de l'homme a présenté un appel devant la Cour suprême d'Israël, demandant d'interdire le retour de ces membres du Fatah à Gaza, arguant que leur vie était menacée dans ce territoire.

Les heurts samedi à Gaza entre membres du Hamas et du Fatah ont fait 11 morts et plus de 100 blessés, selon plusieurs groupes de défense des droits de l'Homme palestiniens. Il s'agit des violences les plus meurtrières depuis la prise du pouvoir par la force du Hamas dans le territoire en juin 2007, aux dépens du Fatah.

Elles ont éclaté lorsque des policiers du Hamas ont voulu arrêter dans la ville de Gaza des membres du clan familial Helis (pro-Fatah), accusés par les islamistes d'être responsables d'un attentat à la bombe le 25 juillet à Gaza, dans lequel cinq membres du Hamas et une fillette de cinq ans ont péri. Le Hamas a accusé son rival d'être derrière l'attentat, mais le Fatah a nié toute implication.

Selon la radio militaire israélienne, l'ouverture exceptionnelle du point de passage de Nahal Oz aux membres du Fatah a été décidée par le ministre de la Défense, à la demande de M. Abbas et de responsables égyptiens.

«Notre position de principe est que nous devons collaborer et aider ceux parmi les Palestiniens qui se battent contre l'islam radical, qui sont opposés au terrorisme et soutiennent les négociations», a dit le vice-premier ministre israélien Haïm Ramon.

Israël a bouclé Gaza après la prise de contrôle du territoire par le Hamas. Depuis l'attentat du 25 juillet, le Hamas a arrêté plus de 300 personnes, pour la plupart membres du Fatah, à Gaza. Le Fatah a également lancé une vague d'arrestations de membres du mouvement islamiste en Cisjordanie.

La Ligue arabe a fait part de sa «colère» face aux violences interpalestiniennes.

Mohammed Sobeih, secrétaire général adjoint de la Ligue, a demandé «à toutes les parties de mettre fin à cette farce qui aura des conséquences destructrices pour la cause palestinienne».

Lors d'une réunion avec M. Abbas, en visite en Jordanie, le roi Abdallah a souligné que ces combats «nuisaient à la cause palestinienne», selon le palais royal.
 
 
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