Obama en fait trop
Barack Obama a raté une belle occasion lors de son voyage en Israël, il y a une semaine et demie, d'annoncer, pour le cas où il deviendrait président des États-Unis, une position plus nuancée que celle de George W. Bush en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien. En lieu et place, le candidat démocrate à la présidence, occupé par-dessus tout à sceller le vote juif américain, a martelé son amitié indéfectible pour Israël tout en dénonçant sur tous les tons le terrorisme palestinien. Il est loin ce jour de printemps 2007 lorsque M. Obama avait osé dire qu'«aucun peuple ne souffre davantage que le peuple palestinien».
Son équipe politique s'est montrée ravie de sa performance à l'issue de sa visite en Israël, notamment après qu'il eut obtenu la bénédiction de l'intraitable chef de la droite, Benjamin Nétanyahou, qui pourrait bien redevenir premier ministre après le départ annoncé mercredi d'Éhoud Olmert. L'amitié n'a pourtant pas besoin d'être aveugle.
La communauté juive ne représente environ que 3 % de l'électorat américain, mais son appui est ô combien symboliquement important. Le clan Obama croit du reste utile de faire des pieds et des mains auprès de cette communauté dans la mesure où, le 4 novembre prochain, elle pourrait faire la différence entre la victoire et la défaite dans des États clés où elle a un certain poids, comme la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie.
M. Obama avait-il pour autant besoin d'en remettre? Les juifs ont l'habitude bien ancrée de voter massivement pour les démocrates. En 2004, 74 % d'entre eux avaient choisi John Kerry. En 2000, Al Gore avait recueilli 79 % de leurs votes, en proportions à peu près équivalentes à ce qu'avait obtenu Bill Clinton en 1992 et en 1996. M. Obama obtient 60 % du vote juif, selon le dernier Gallup, qui est antérieur à sa visite au Proche-Orient, contre 33 % pour son rival républicain John McCain.
Aussi, le manque d'esprit critique à l'égard d'Israël dont a fait preuve le candidat démocrate, populaire prophète du changement, soulève deux problèmes. D'abord, M. Obama fait comme si n'existait pas une part importante et progressiste de la communauté juive américaine qui ne se reconnaît pas dans les politiques de l'État hébreu à l'égard des Palestiniens.
Ensuite et surtout, il a fait l'impasse sur les profondes responsabilités israéliennes dans la perpétuation du conflit. Terreur négationniste du Hamas, corruption au sein de l'Autorité palestinienne... Vrai que les raisons de jeter la pierre aux Palestiniens ne manquent pas, ce dont ne se prive d'ailleurs pas d'invoquer l'État israélien au nom de ses prérogatives sécuritaires.
Mais c'est oublier de dire, encore une fois, qu'Israël applique depuis 40 ans, lentement mais sûrement, une politique d'appropriation et de fragmentation des territoires occupés qui se trouve, dans les faits, à rendre impossible la création d'un État palestinien viable. De cela, M. Obama n'a pas parlé. Fera-t-il mieux, une fois élu, la part des choses?
Son équipe politique s'est montrée ravie de sa performance à l'issue de sa visite en Israël, notamment après qu'il eut obtenu la bénédiction de l'intraitable chef de la droite, Benjamin Nétanyahou, qui pourrait bien redevenir premier ministre après le départ annoncé mercredi d'Éhoud Olmert. L'amitié n'a pourtant pas besoin d'être aveugle.
La communauté juive ne représente environ que 3 % de l'électorat américain, mais son appui est ô combien symboliquement important. Le clan Obama croit du reste utile de faire des pieds et des mains auprès de cette communauté dans la mesure où, le 4 novembre prochain, elle pourrait faire la différence entre la victoire et la défaite dans des États clés où elle a un certain poids, comme la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie.
M. Obama avait-il pour autant besoin d'en remettre? Les juifs ont l'habitude bien ancrée de voter massivement pour les démocrates. En 2004, 74 % d'entre eux avaient choisi John Kerry. En 2000, Al Gore avait recueilli 79 % de leurs votes, en proportions à peu près équivalentes à ce qu'avait obtenu Bill Clinton en 1992 et en 1996. M. Obama obtient 60 % du vote juif, selon le dernier Gallup, qui est antérieur à sa visite au Proche-Orient, contre 33 % pour son rival républicain John McCain.
Aussi, le manque d'esprit critique à l'égard d'Israël dont a fait preuve le candidat démocrate, populaire prophète du changement, soulève deux problèmes. D'abord, M. Obama fait comme si n'existait pas une part importante et progressiste de la communauté juive américaine qui ne se reconnaît pas dans les politiques de l'État hébreu à l'égard des Palestiniens.
Ensuite et surtout, il a fait l'impasse sur les profondes responsabilités israéliennes dans la perpétuation du conflit. Terreur négationniste du Hamas, corruption au sein de l'Autorité palestinienne... Vrai que les raisons de jeter la pierre aux Palestiniens ne manquent pas, ce dont ne se prive d'ailleurs pas d'invoquer l'État israélien au nom de ses prérogatives sécuritaires.
Mais c'est oublier de dire, encore une fois, qu'Israël applique depuis 40 ans, lentement mais sûrement, une politique d'appropriation et de fragmentation des territoires occupés qui se trouve, dans les faits, à rendre impossible la création d'un État palestinien viable. De cela, M. Obama n'a pas parlé. Fera-t-il mieux, une fois élu, la part des choses?
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