samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Boîte de Pandore

Régime opaque, autoritaire, chatouilleux... L'arnaque qui a consisté à faire croire que la tenue des jeux Olympiques à Pékin allait magiquement donner lieu à une libéralisation politique en Chine vole en éclats. Le régime ne s'ouvre pas, il se crispe. N'empêche que ces Jeux qui commencent dans une semaine sont pour Pékin une boîte de Pandore et l'occasion, encore que ponctuelle, de pousser le régime à plus de transparence.

Tollé au centre de presse olympique de Pékin autour du verrouillage par les autorités de toute une série de sites Web «sensibles», qui étalent les atteintes aux droits de la personne commises en Chine. Il y a deux semaines, le président du CIO, Jacques Rogge, affirmait pourtant que «pour la première fois, les médias étrangers pourront faire des reportages et les transmettre librement en Chine» et qu'il «n'y aura pas de censure sur Internet» pendant les JO. C'est lui encore qui se déclarait, en 2002, «convaincu» que l'octroi des Jeux à Pékin allait faire progresser, ainsi que s'y engageait le gouvernement chinois, le respect des droits humains dans le pays. Voici au contraire que le Comité international olympique se fait le complice résigné du contrôle de l'information imposé aux médias étrangers par une dictature qui poussait récemment le sophisme jusqu'à faire valoir que la charte olympique interdit de mêler sport et politique.

Voulant protéger l'image de la Chine afin que rien ne vienne nuire à ce qu'il perçoit comme son grand rendez-vous avec l'Histoire, le régime, pourtant, ne pourrait plus mal s'y prendre. Sa nature méfiante le dessert. Ne se rend-il pas compte que la meilleure façon de ternir l'image du pays à l'échelle internationale consistera justement à tenter de réduire à la stricte couverture des Jeux le va-et-vient des quelque 25 000 journalistes étrangers qui se trouveront là-bas pendant deux semaines?

Encore que l'on peut également concevoir, l'un n'empêchant pas l'autre, que l'attitude du gouvernement traduit la fragilité de son leadership. Le Parti communiste a beaucoup de difficulté à maintenir la paix sociale, nous disait récemment le sinologue André Laliberté, de l'Université d'Ottawa. «Les troubles au Tibet, affirmait-il, ça n'est rien à côté des problèmes sociaux que Pékin a sur les bras pour cause de fulgurante croissance économique.»

On peut compter, de toute façon, que les incidents et les escarmouches se multiplieront d'ici la fin du mois d'août. Les médias, profitant de l'effet de loupe, ne demandent pas mieux. D'autant que ce nouvel incident n'est que la pointe de l'iceberg de la répression accrue constatée dans le pays par des organisations comme Amnistie Internationale (AI) et Reporters sans frontières (RSF) à l'approche des Jeux.

Mises en résidence, arrestations et détentions de défenseurs des droits humains, de cyber-dissidents, d'activistes et de journalistes se sont multipliées au cours des derniers mois. Ils sont des dizaines à avoir été «invités» à quitter Pékin, le temps des JO. Dernier exemple en date, celui de l'activiste et avocate Ni Yulan, qui doit être jugée lundi prochain pour avoir défendu des Pékinois expulsés de leur maison dans le cadre de la modernisation de vieux quartiers de la capitale. Phénomène non moins inquiétant, rapportait la semaine dernière le correspondant du Globe and Mail, le pouvoir a mobilisé 400 000 civils pour surveiller les quartiers de Pékin, ressuscitant le vieux système maoïste de comités de quartier, qui avait pour ainsi dire disparu.

2008, c'est aussi le 30e anniversaire de la politique d'ouverture lancée par Deng Xiaoping en 1978. Indéniablement, la liberté de parole a gagné du terrain au cours des dernières décennies en Chine. L'amnésie officielle entourant le massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989, pour ne nommer que celle-là, atteste toutefois qu'il reste certains progrès à faire.

Pékin peut, pour l'heure, continuer de s'appuyer en bonne partie sur la bienveillance du monde occidental, qui demeure, d'une certaine manière, son plus solide rempart. Envolée aussi vite qu'apparue la menace de boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux pour protester contre la répression du soulèvement tibétain, en mars dernier. Non moins contenue fut l'indignation occidentale devant la complaisance de la Chine à l'égard de la sordide dictature birmane, l'année dernière, quand cette dernière a décidé d'écraser le soulèvement des moines bouddhistes. Après tout, la Chine ne devient pas ce qu'elle est politiquement, économiquement et environnementalement sans la collaboration du Nord — de ses gouvernements, de ses entreprises et de ses consommateurs.

***

gtaillefer@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Mario Tremblay - Abonné
    1 août 2008 07 h 11
    Ouais! Ouais!
    Une dictature, disposant du tiers de la population du globe comme esclave, dans un marché capitaliste, c'est le rêve de tous nos néocons. N'allez pas me faire croire qu'ils vont pleurer pour quelques sites internet qui ne sont pas accessibles.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    1 août 2008 08 h 44
    Le capital bat la marche
    La Chine ne devient pas ce monstre de développement sans la collaboration du capital. Les grandes entreprises qui mettent à pied des centaines de milliers d'ouvriers en Occident veulent y faire plus d'argent. Et, ça ne devrait étonner personne, des dirigeants tels Bush, Harper, Sarkovy et autres, leur facilitent la tâche. Tant pis pour le désastre écologique et humanitaire qui s'ensuivra. La compassion, c'est pour les discours !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Montoya - Abonné
    1 août 2008 09 h 05
    Journalistes?
    Historiquement, ce ne sont pas les journalistes qui font et défont l'Histoire. Les journalistes occidentaux, libres comme l'air avec leur Parole Unique, sont des chroniqueurs sportifs. Chez eux, ils n'ont pas pour habitude de parler politique lors de manifestation sportive (écoutez Radio-Canada et autres supports ensuite dites-nous si leurs chroniqueurs parlent politique). Pourquoi feraient-ils autrement en Chine? Seraient-ils de si mauvaise foi en participant au "bashing" fait à la Chine aujourd'hui?
    Ce sont les artistes, les écrivains,les gens "ordinaires" qui changent en action le monde non les journalistes. Platon n'était pas journaliste, ni Zola, ni Hegel, ni freud, ni Marx.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Max Roujeon - Abonné
    1 août 2008 09 h 21
    Faut être idiot pour croire ça!
    La Chine c'est la Chine et les Chinois, les Chinois.
    Je serai curieux de savoir combien a été payé au COJO, CIO et autres «CO» pour l'octroi de ces jeux. Car c'est bien connu, tous les régimes de gauche s'appuient sur 2 piliers majeurs pour régner : la répression et la corruption.
    Sombre tableau certes, mais ce n'est pas une critique, c'est la preuve que toute tentative de mondialisation est vouée à l'échec.
    Les cultures ne se mélangent pas, tout au plus, de temps en temps elles vont cohabiter un bref laps de temps pour une cause commune, mais tout reprend bien vite sa place ensuite. Si on pratiquait le chacun chez soi harmonieux plutôt que la grande maison commune pour tous, les choses iraient sans doute bien mieux et progresseraient bien plus vite.
    Désolé pour les bons samaritains rêveurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maco - Abonné
    1 août 2008 10 h 17
    OK
    HÉ! HO!

    Comme quoi la répression est la corruption est l'apanage des « régimes de gauches ». Le rêve et l'illusion sont ceux des « régimes de droites » !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Stordeur - Abonné
    1 août 2008 10 h 34
    Le coté malsain du sport
    Le coté malsain du sport.
    Notre monde sportif est rempli de contradictions malsaines, comme le fait évident que plus aucun record olympiques ou autres ne peut être battu sans additif surnaturel et/ou chimique indétectable, mais on punit les fautifs qui ont pas suivi strictement la posologie de la non découverte.
    En plus de permettre de battre des records, cette politique subventionne la science de la découverte de nouveaux dopants (qui servent surement d'autre premiers!!!) et son parallèle la science qui permet de les découvrir et oblige la première à se surpasser.

    la première injure envers les humains a été faite par le système olympique qui a permis que ces jeux se passent dans un pays non civilisé, sans foi ni loi, le pire pollueur de la planète, unit sous la dictature de ses dirigeants et des nouveaux riches du monde.

    L'autre injure est le reste du monde dit «civilisé» qui investit en Chine nos avoir et transforme une dictature de travail des enfants en revenu pour les boursicoteurs.

    Je félicite à grands cris notre premier ministre Harper, de boycotter l'ouverture des jeux soi-disant olympiques, mais qui comme ceux de 1939 sont mal attribuer et loin de l'esprit olympique.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Max Roujeon - Abonné
    1 août 2008 10 h 45
    Un tel régime est il pire que le «nôtre»?
    Un tel régime est il pire que le «nôtre»?
    Pas sûr qu'un tel régime soit seulement «mauvais».
    Attention, ce n'est pas ce que je souhaite mais si, par malheur des «incidents» survenaient, style menace à la sécurité et autres du même goût, je pense que ça ne niaiserait pas en palabres. Il n'y a qu'à voir la force de dissuasion déployée ouvertement pour enlever toute envie aux terroristes de se manifester, ce côté-là convenons en, a du bon car «mieux vaut prévenir que guérir». Si un détraqué ou un groupe malgré cela, se manifestait je ne serais pas surpris que nous assistions à ses obsèques plutôt qu'à son procès. Bon, les «pro-droit-de- l'homme» me traitent de sauvage en ce moment, mais, là bas, les rues ne doivent pas être encombrées de récidivistes au nième degré ni les cours de justice (si jamais ça existe) d'accusés pris en flagrant délit, défendus avec les deniers de l'état.
    Comme vous le voyez, «on» est loin du compte avec la charte des droits et libertés.
    Donc, foutons la paix au reste du monde tant que nous ne serons pas mieux que lui, car pourquoi notre notion du «mieux» serait-elle le «mieux» absolu?
    Pour reprendre l'exemple de l'avocate qui défend les expropriés et se retrouve accusée, est ce mieux que de payer des dizaines de millions pour reprendre des édifices insalubres (et exproprier les locataires) à un riche propriétaire de Toronto comme l'a fait l'administration Tremblay récemment au lieu de le saisir puisqu'il a défié la loi depuis plusieurs années?
    Je ne défends ni ne condamne mais je nous trouve rapides à «lancer la première pierre».
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yves A. Delvallé - Inscrit
    1 août 2008 11 h 14
    COJO=Boîte de vers !
    Il est inconcevable que les têtes dirigeantes du COJO aient pu permettre une telle abhération.
    Pour qui nous prennent-ils?
    Entre autre images fortes, avez-vous vu comment furent traités les habitants de Pékin se trouvant sur le périmétre qui sert aujourd'hui de parking au fameux stade "nid" ( probablement une allusion au nid de vipères de la fable?)!
    En tant que belge expatrié je suis honteux que l'on se laisse berner par de tels artifices!
    Prise deux: Et les jeux d'hiver en Russie, qu'en pensez-vous ?
    Un jour la facture va tomber et elle sera lourde!
    Yves A. Delvallé
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Rivet - Abonné
    1 août 2008 12 h 55
    Boycott personnel
    Moi, j'ai pris ma décision. Je boycott personnellement les JO cet été. Je ferme la télé ou la radio chaque fois que j'entends une nouvelle sur les JO, je ne lis pas les articles qui parlent des résultats, je change de poste si je vois une annonce de McDonald, de Visa ou autre commanditaire, je n'achèterai pas de produits vendus par des entreprises commanditaires. C'est ma petite rébellion personnelle. C'est pas grand chose, mais ça me fait sentir mieux.

    Ce qui m'attriste, c'est qu'en fait, la décision de nos gouvernements de ne pas Boycotter les JO, elle est davantage fondée sur l'importance de ne pas choquer les grandes multinationales que sur des considérations politiques. On parle tout le temps de nos valeurs, de la démocratie, des droits de l'homme, de la liberté, mais quand vient le temps de faire quelque chose pour les défendre, pour montrer que ce sont des valeurs cardinales, on baisse les bras, on laisse tomber devant l'effort, devant la perte de revenu pour la tivi et les commanditaires.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Fernand Trudel - Abonné
    1 août 2008 13 h 46
    Il y en a qui dorment au gaz
    Monsieur Taillefer, votre billet est pertinent. Il démontre la dictature chinoise à son meilleur et son irrsspect de la liberté des personnes. Imaginez quand dans à peine 10 ans, la Chine aura dépassé les États-Unis comme la plus grande puissance économique du monde. Déjà les États-Unis ont une balance déficitaire de 235 milliards envers la Chine de quoi mettre à genoux les américains. Dans 10 ans, la Chine mènera le monde selon sa conception peu démocratique. C'est épeurant...

    Il y en a qui dorment au gaz car l'effet de serre chinoise est plus opaque qu'au Canada. Ils le verront quand la Chine leur imposera leur vue en attendant nos athlètes devront respirer leur air surpollué et tenter de performer dans un tel climat malsain.

    La Chine est devenue capitaliste et peu respectueuse de l'environnement et est dictatoriale. Leur manière d'être sera imposée au reste du monde tout comme ce que l'on reproche aux États-Unis de faire démocratiquement. Réveillez-vous, on va y goûter à la médecine chinoise pas très démocratique à moins que vous restiez allongés et fumiez de l'opium afghan dont la Chine en est la plus grande consommatrice...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012