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L'épidémie de sida marque le pas

L'Onusida demande quand même qu'on intensifie la lutte contre la pandémie

30 juillet 2008  Actualités internationales
Le nombre de personnes vivant avec le VIH augmente doucement, grâce aux trithérapies qui prolongent la vie, mais aussi parce que l’infection est loin d’être jugulée.
Photo : Agence Reuters
Le nombre de personnes vivant avec le VIH augmente doucement, grâce aux trithérapies qui prolongent la vie, mais aussi parce que l’infection est loin d’être jugulée.
Paris — L'épidémie de sida marque le pas, avec une baisse des décès et des personnes nouvellement infectées, mais son niveau reste «inacceptable» et son avenir «incertain», selon l'Onusida.

Pour cet organisme spécialisé de l'ONU, il faut encore «intensifier l'action» et augmenter les crédits, faute de quoi la pandémie, qui touche 33 millions de personnes, ne pourra être jugulée avant longtemps.

Une baisse de la mortalité à deux millions de personnes, des progrès «considérables» dans quelques pays contrebalancés par une aggravation de la situation dans d'autres, des crédits multipliés par six pour les pays pauvres depuis 2001: l'organisme spécialisé de l'ONU a publié hier ses statistiques bisannuelles concernant 147 des 192 pays de l'ONU, à la veille de l'ouverture, dimanche à México, de la Conférence internationale sur le sida.

Le rapport constate une situation certes «améliorée», avec des progrès encourageants et notamment une amélioration de la prévention, particulièrement dans la distribution des programmes évitant la transmission du virus de la femme à l'enfant à naître. En deux ans, le nombre d'infections nouvelles chez les enfants a ainsi chuté de 410 000 à 370 000.

Mais l'amélioration est lente. Le nombre de personnes vivant avec le VIH augmente doucement, grâce aux trithérapies qui prolongent la vie, mais aussi parce que l'infection est loin d'être jugulée. Même si, depuis 2001, le nombre des nouveaux cas est passé de 3 à 2,7 millions, soit une baisse de 10 % en six ans.

L'Afrique subsaharienne, où seulement un tiers des personnes qui en auraient besoin ont accès à un traitement (45 % de plus qu'il y a deux ans) reste à la traîne. Le sida est la cause majeure de mortalité et 12 millions d'enfants y sont des orphelins du sida. L'espérance de vie est inférieure à 40 ans au Zimbabwe.

La prévention y gagne cependant du terrain, et l'on note dans certains pays des modifications du comportement sexuel: recours plus fréquent au préservatif chez les jeunes à partenaires multiples, augmentation de l'âge aux premiers rapports, etc. Ainsi, au Cameroun, le pourcentage de jeunes ayant eu des rapports sexuels avant l'âge de 15 ans est passé de 35 % à 14 %.

En revanche, les taux de nouvelles infections au VIH sont en augmentation dans d'autres pays du monde, tels la Chine, le Kenya, la Russie et le Viêtnam.

En dehors de l'Afrique sub-saharienne, l'infection frappe essentiellement les consommateurs de drogues injectables, ainsi que les prostituées et les homosexuels.

Le sida a entraîné une mobilisation «sans précédent», remarque l'Onusida. «Le monde possède aujourd'hui les moyens de prévenir les nouveaux cas d'infection à VIH, de réduire la morbidité [maladie] et la mortalité associées au VIH, et d'atténuer les effets néfastes de l'épidémie sur les ménages, les communautés et les sociétés», affirme le rapport.

Mais les gains en vies humaines «ne doivent pas nous pousser à l'autosatisfaction», souligne le directeur exécutif de l'Onusida, Peter Piot.

Car on est loin du compte pour réaliser l'engagement des pays de l'ONU de fournir à tous un accès à la prévention et au traitement en 2010, voire de renverser le cours de la maladie d'ici 2015.

Il faut de la «volonté politique», dit l'Onusida, et aussi des «mécanismes innovants et durables» de financement, avec une insistance particulière sur la prévention.

Pas moins de 10 milliards de dollars ont été mis à disposition des programmes sur le VIH en 2007. Continuer d'améliorer l'accès aux soins comme aujourd'hui nécessiterait 50 % de plus. Quant à l'accès universel aux traitements et à la prévention, il coûterait plus de 42 milliards d'euros. Un sujet dont on devrait beaucoup discuter à México.
 
 
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