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Une série d'attentats suicide - Carnage en Irak : 56 morts et 200 blessés

Le général Petraeus estime que des progrès ont été faits quant à la sécurité

Des milliers de policiers ont été déployés à Bagdad pour les commémorations du décès du 7e imam du chiisme.
Photo : Agence Reuters Des milliers de policiers ont été déployés à Bagdad pour les commémorations du décès du 7e imam du chiisme.
Des actes de violence, dont une série d'attentats suicide commis à Bagdad, ont fait au moins 56 morts et plus de 200 blessés en Irak hier, ce qui a incité la Maison-Blanche à appeler les Irakiens au calme.

Trois femmes kamikazes se sont fait exploser au coeur de la capitale, sur le parcours de pèlerins chiites, tuant au moins 25 personnes, dont des femmes et des enfants, et faisant plus de 70 blessés. Ces attaques ont secoué le quartier central de Karrada, alors que des centaines de milliers de fidèles convergeaient vers le secteur de Kadhimiyah pour célébrer une des plus importantes fêtes de l'islam chiite.

Ces attentats sont les premiers depuis le début de la commémoration de la mort de l'imam Moussa al-Kadhim, dont les cérémonies doivent culminer aujourd'hui.

Peu après, un autre attentat suicide, commis à Kirkouk dans le nord du pays, a fait au moins 22 morts et 150 blessés lors d'un rassemblement de milliers de personnes qui protestaient contre une réforme des élections provinciales, a rapporté l'armée américaine.

Des responsables des services de sécurité irakiens, parlant sous couvert de l'anonymat, ont mis en cause des femmes kamikazes, de plus en plus utilisées par les extrémistes sunnites d'al-Qaïda en Irak.

Par ailleurs, quatre personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur voiture, près de Baqouba (60 km au nord-est de Bagdad).

La présidence américaine a exhorté «les Irakiens et leur gouvernement à réagir avec calme et détermination à la menace que représentent des extrémistes violents qui cherchent à déstabiliser le pays».

À Bagdad, les autorités attendent aujourd'hui jusqu'à un million de fidèles dans le périmètre de la mosquée de Kadhimiyah, qui abrite le mausolée de Moussa al-Kadhim, 7e imam du chiisme, empoisonné en 799 à Bagdad par le calife abasside Haroun al-Rachid.

Les commémorations sont une occasion de recueillement, mais le gouvernement dominé par les chiites a dit craindre qu'elles s'accompagnent d'un regain de violence contre cette communauté, majoritaire en Irak.

Cinq mille policiers et militaires supplémentaires ont été déployés dans Kadhimiyah. Les soldats ont bouclé le secteur, interrompant la circulation automobile, et les piétons sont soumis à de stricts contrôles de sécurité.

À Kirkouk, les Kurdes manifestaient contre un projet de loi électorale, approuvé le 22 juillet par le parlement mais rejeté ensuite par le Conseil présidentiel, ce qui risque d'entraîner le report de scrutins provinciaux prévus en octobre.

Des progrès

Le commandant en chef des forces américaines dans le pays, le général David Petraeus, a pour sa part estimé hier que les troupes irakiennes et américaines contrôlent la quasi-totalité de l'Irak et que Bagdad devrait être en mesure d'assumer seul la sécurité d'ici la fin de l'année 2009. «Je pense qu'il est juste de dire que les forces irakiennes et de la coalition contrôlent une large majorité du pays», a-t-il dit. «C'est un changement majeur par rapport à [la situation] il y a seulement un an.»

Petraeus a pris le commandement des forces américaines en Irak en février 2007, un mois au cours duquel 42 attentats à la voiture piégée ont été commis dans la seule capitale, Badgad.

Le général américain a convenu que, malgré les progrès, des kamikazes pourraient toujours se glisser entre les mailles du réseau de sécurité.

Il s'est exprimé avant que le bilan des quatre attentats suicide ayant fait une cinquantaine de morts à Bagdad et Kirkouk ne soit connu.

Ses propos laissent cependant entrevoir une nouvelle réduction du contingent américain en Irak, qui compte aujourd'hui quelque 147 000 hommes, le futur chef du commandement central, qui supervise toutes les opérations au Moyen-Orient, devant formuler des recommandations en septembre.

Petraeus a en revanche répété son opposition à un calendrier de retrait contraignant, comme l'a proposé le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, qu'il a rencontré la semaine dernière.

Selon Petraeus, deux nouvelles provinces pourraient être placées sous responsabilité irakienne d'ici la fin de l'année, ce qui porterait à 12 le nombre des provinces rétrocédées.
 
 
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