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Inde: appels au calme après les bombes

28 juillet 2008  Actualités internationales
Dans des cercueils de fortune recouverts de fleurs, plusieurs victimes des attentats commis samedi en Inde ont été portées en terre, hier.
Photo : Agence France-Presse
Dans des cercueils de fortune recouverts de fleurs, plusieurs victimes des attentats commis samedi en Inde ont été portées en terre, hier.
Ahmedabad, Inde — Les dirigeants indiens ont lancé un appel au calme et ont renforcé les mesures de sécurité hier, après une série de seize attentats à la bombe qui ont fait samedi 45 morts et plus de 160 blessés à Ahmedabad, une ville de l'ouest du pays en proie à des tensions religieuses.

Des renforts de police ont été déployés dans les gares et les aéroports, tandis que d'importants moyens ont été déployés à New Delhi, où 3000 hommes ont été envoyés en renfort, selon un porte-parole de la police.

Le ministre indien de l'Intérieur, Shivraj Patil, a réuni hier ses principaux conseillers en matière de sécurité, pendant que les autorités de plusieurs États ont renforcé leurs dispositifs de sécurité.

Les explosions se sont produites dans des lieux très fréquentés d'Ahmedabad, principale ville de l'État du Gujarat, où des affrontements entre hindous et musulmans avaient fait quelque 2000 morts en 2002. Elles ont visé des marchés, des autobus et des hôpitaux accueillant les victimes des premiers attentats.

Des équipes d'artificiers ont désarmorcé hier trois engins non explosés à Ahmedabad, selon la presse locale, tandis que la police affirme avoir découvert une voiture remplie d'explosifs dans la ville de Surat, située au sud d'Ahmedabad.

Selon des chaînes de télévision indiennes, un groupe d'islamistes s'appelant Moudjahidines indiens a revendiqué les attaques, survenues le lendemain d'une série d'explosions similaires à Bangalore, dans le sud du pays, qui avaient fait un mort et sept blessés.

La police a annoncé avoir procédé à plusieurs arrestations, selon l'agence Press Trust of India, après avoir mené des raids dans la nuit, notamment dans une maison des environs de Mumbaï d'où pourrait avoir été envoyé le courrier électronique revendiquant les attaques.

La présidente de l'Inde, Pratibha Patil, a fait part de sa «douleur et sa tristesse» et a «appelé la population d'Ahmedabad à maintenir la paix et l'harmonie». Samedi, le premier ministre fédéral, Manmohan Singh, avait déjà condamné les attentats et demandé aux habitants de rester calmes.

Toutes les bombes étaient munies de minuteurs et ont explosé en l'espace de 36 minutes, ont indiqué les autorités. Nombre de victimes ont été atteintes par des éclats de bombes, qui étaient remplies d'écrous et de boulons. À l'hôpital public de la ville, une des deux infrastructures médicales visées par un attentat, des blessés grièvement atteints gisaient dans les couloirs, le corps criblé de plomb, réclamant l'aide de soignants paniqués et débordés.

«J'étais venu ici pour aider les autres, après avoir vu les explosions à la télévision, lorsqu'une nouvelle explosion s'est produite», a raconté un conducteur de rickshaw, Bachubhai Bhagaji, mains et pieds enveloppés dans des bandages imprégnés de sang.

«Nous ne devrions laisser personne profiter de cet attentat pour créer un climat de terreur», a déclaré le ministre indien de l'Intérieur, Shivraj Patil.

«La terre du mahatma Gandhi [originaire de cet État]) a été ensanglantée par des terroristes que nous n'épargnerons pas», avait toutefois déclaré dès samedi le premier ministre de l'État du Gujarat, Narendra Modi, un nationaliste hindou.

«Nous devons nous préparer à une longue bataille contre le terrorisme», avait ajouté le dirigeant, une figure controversée en Inde, notamment accusé d'avoir fermé les yeux lors des émeutes interreligieuses survenues en 2002. Les tensions dues à ces affrontements n'ont jamais complètement disparu à Ahmedabad, une ville de plusieurs millions d'habitants.

La ville semblait plutôt calme hier. Policiers et militaires y patrouillaient afin de prévenir toute tentative de représailles à l'encontre des musulmans, à la suite de la revendication du groupe islamiste. «La colère pourrait éclater une fois que les corps auront été rendus aux familles pour la crémation, a déclaré un responsable de l'armée souhaitant conserver l'anonymat. La présence de l'armée est un moyen psychologique d'empêcher les émeutes.»

Les grandes villes indiennes ont été, au cours des dernières années, le théâtre d'attentats à la bombe. Les responsables indiens ont la plupart du temps mis en cause le Pakistan ou des groupes soutenus par Islamabad, des accusations rejetées par ce pays.

L'Inde avait affirmé plus tôt dans la semaine que le processus de paix entre les deux pays était «sous tension» et répété que des «éléments du Pakistan» étaient à l'origine de l'attentat commis contre son ambassade en Afghanistan, qui a fait 41 morts le 7 juillet.
 
 
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