La mafia à Bruxelles
La Commission européenne vient de faire un geste sans précédent: elle a commandé le gel de certains fonds destinés à la Bulgarie en plus de brandir la menace d'un gel tous azimuts. Cet ensemble de mesures a été justifié par la peste mafieuse qui gangrène ce pays des Balkans. Le pire est que tous les acteurs politiques de l'Union européenne (UE) étaient au parfum des méfaits criminels qui avaient cours dans ce pays avant qu'il n'intègre l'Union en janvier 2007.
Avant toute chose, il faut évoquer la chute du Mur, l'Histoire avec un grand H. Symbole par excellence de l'opportunisme économique qui caractérise les bonzes des groupes criminels, au lendemain de cet événement, soit le 10 novembre 1989, des limiers italiens interceptèrent une conversation téléphonique entre un gros bonnet de la mafia sicilienne et un de ses lieutenants. Le premier ordonna alors au second de se rendre illico à Berlin-Est et d'acheter des biens immobiliers et commerciaux.
Les malfrats avaient alors compris deux choses. Tout d'abord, que le fouillis inhérent, pour ne pas dire normal, à l'implosion du bloc soviétique combiné à l'abandon des frontières à l'intérieur de l'Europe des Quinze allait favoriser, entre autres choses, une augmentation prononcée des bénéfices tirés de la prostitution. Dans les mois, et non les années, qui suivirent la chute du Mur, on constata que des dizaines et des dizaines de filles arpentaient les trottoirs de Londres, de Lyon, de Madrid, de Bruxelles, etc.
Deuxième certitude, et non pari, en bons observateurs des phénomènes économiques, les mafieux s'appliquèrent au remodelage de la chaîne de production et de distribution des drogues afin d'étendre l'offre de ces produits aux ex-pays satellites de l'Union soviétique. Résultat? À la faveur de l'enrichissement de ces pays et de leur intégration dans l'UE, une hausse marquée de la consommation de cocaïne et d'héroïne, entre autres, a été enregistrée dans cette partie du monde au cours des dernières années. Bref, si les plans quinquennaux des Soviets furent des fiascos, ceux de la mafia, de la camorra et de la n'dranghetta s'avèrent des succès financiers. Évidemment vénéneux.
Dans ce dispositif criminel, la Bulgarie occupe aujourd'hui une place beaucoup plus importante qu'hier. C'est d'abord affaire de géographie. Cette nation est voisine de la Turquie, qui est voisine de l'Iran, qui est voisin de... l'Afghanistan. Et alors? Les mafias ont mis à profit l'emprise qu'avaient les talibans sur Kaboul et la guerre qui s'y poursuit pour encourager la culture du pavot sur une grande échelle afin de supplanter la Birmanie à titre de premier producteur mondial d'opium, celle-ci étant jugée trop lointaine et trop encombrée de mafieux asiatiques, donc trop ouverte à la concurrence étrangère. On le sait, l'Afghanistan est le principal fournisseur mondial de cette drogue.
Et la Bulgarie dans tout ça? Elle partage une frontière avec la Turquie en plus d'offrir cet avantage que chérissent toutes les mafias du globe: elle est membre de l'UE. Il faut rappeler, souligner, préciser que les groupes criminels n'ont pas attendu les multinationales pour délocaliser certaines activités afférentes à ces différents commerces. Ainsi, les bandes italiennes ont sous-traité la transformation de l'opium base en héroïne à la mafia turque, qui ensuite a délégué certaines fonctions aux Bulgares sans oublier de faire de ce pays la base de transit de ces produits destinés à toute l'Europe. Grand spécialiste du sujet, Thierry Cretin a relevé «qu'on peut se rendre en toute tranquillité de Vilnius à Lisbonne par la route. Les frontières ne continuent d'exister que pour les juges et les policiers. La vie est devenue paradisiaque pour les groupes mafieux en Europe. Ils auraient voté oui à deux mains au traité constitutionnel.» On ne saurait mieux dire.
Dans cette histoire, ce qu'il y a d'enrageant, c'est qu'à Paris, Londres, Berlin et surtout Bruxelles, tout le monde savait que la Bulgarie, et la Roumanie dans une moindre mesure, était confrontée aux pestes mafieuses. En fait, tout un chacun connaissait dans les détails l'état de déliquescence dans lequel la Bulgarie était plongée à la minute au cours de laquelle ils se sont lancés dans la négociation du préambule à l'avant-propos de l'introduction précédant l'inventaire des droits et surtout devoirs que suppose l'UE. Rétrospectivement, on ne peut qu'affirmer que le billet d'entrée accordé à la Bulgarie sans l'obliger à nettoyer ses écuries relève de l'irresponsabilité la plus crasse.
Avant toute chose, il faut évoquer la chute du Mur, l'Histoire avec un grand H. Symbole par excellence de l'opportunisme économique qui caractérise les bonzes des groupes criminels, au lendemain de cet événement, soit le 10 novembre 1989, des limiers italiens interceptèrent une conversation téléphonique entre un gros bonnet de la mafia sicilienne et un de ses lieutenants. Le premier ordonna alors au second de se rendre illico à Berlin-Est et d'acheter des biens immobiliers et commerciaux.
Les malfrats avaient alors compris deux choses. Tout d'abord, que le fouillis inhérent, pour ne pas dire normal, à l'implosion du bloc soviétique combiné à l'abandon des frontières à l'intérieur de l'Europe des Quinze allait favoriser, entre autres choses, une augmentation prononcée des bénéfices tirés de la prostitution. Dans les mois, et non les années, qui suivirent la chute du Mur, on constata que des dizaines et des dizaines de filles arpentaient les trottoirs de Londres, de Lyon, de Madrid, de Bruxelles, etc.
Deuxième certitude, et non pari, en bons observateurs des phénomènes économiques, les mafieux s'appliquèrent au remodelage de la chaîne de production et de distribution des drogues afin d'étendre l'offre de ces produits aux ex-pays satellites de l'Union soviétique. Résultat? À la faveur de l'enrichissement de ces pays et de leur intégration dans l'UE, une hausse marquée de la consommation de cocaïne et d'héroïne, entre autres, a été enregistrée dans cette partie du monde au cours des dernières années. Bref, si les plans quinquennaux des Soviets furent des fiascos, ceux de la mafia, de la camorra et de la n'dranghetta s'avèrent des succès financiers. Évidemment vénéneux.
Dans ce dispositif criminel, la Bulgarie occupe aujourd'hui une place beaucoup plus importante qu'hier. C'est d'abord affaire de géographie. Cette nation est voisine de la Turquie, qui est voisine de l'Iran, qui est voisin de... l'Afghanistan. Et alors? Les mafias ont mis à profit l'emprise qu'avaient les talibans sur Kaboul et la guerre qui s'y poursuit pour encourager la culture du pavot sur une grande échelle afin de supplanter la Birmanie à titre de premier producteur mondial d'opium, celle-ci étant jugée trop lointaine et trop encombrée de mafieux asiatiques, donc trop ouverte à la concurrence étrangère. On le sait, l'Afghanistan est le principal fournisseur mondial de cette drogue.
Et la Bulgarie dans tout ça? Elle partage une frontière avec la Turquie en plus d'offrir cet avantage que chérissent toutes les mafias du globe: elle est membre de l'UE. Il faut rappeler, souligner, préciser que les groupes criminels n'ont pas attendu les multinationales pour délocaliser certaines activités afférentes à ces différents commerces. Ainsi, les bandes italiennes ont sous-traité la transformation de l'opium base en héroïne à la mafia turque, qui ensuite a délégué certaines fonctions aux Bulgares sans oublier de faire de ce pays la base de transit de ces produits destinés à toute l'Europe. Grand spécialiste du sujet, Thierry Cretin a relevé «qu'on peut se rendre en toute tranquillité de Vilnius à Lisbonne par la route. Les frontières ne continuent d'exister que pour les juges et les policiers. La vie est devenue paradisiaque pour les groupes mafieux en Europe. Ils auraient voté oui à deux mains au traité constitutionnel.» On ne saurait mieux dire.
Dans cette histoire, ce qu'il y a d'enrageant, c'est qu'à Paris, Londres, Berlin et surtout Bruxelles, tout le monde savait que la Bulgarie, et la Roumanie dans une moindre mesure, était confrontée aux pestes mafieuses. En fait, tout un chacun connaissait dans les détails l'état de déliquescence dans lequel la Bulgarie était plongée à la minute au cours de laquelle ils se sont lancés dans la négociation du préambule à l'avant-propos de l'introduction précédant l'inventaire des droits et surtout devoirs que suppose l'UE. Rétrospectivement, on ne peut qu'affirmer que le billet d'entrée accordé à la Bulgarie sans l'obliger à nettoyer ses écuries relève de l'irresponsabilité la plus crasse.
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