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L'espoir d'un changement de cap - Argentine : Kirchner nomme un nouveau premier ministre

25 juillet 2008  Actualités internationales
Cristina Kirchner
Photo : Agence Reuters
Cristina Kirchner
Buenos Aires — Après un début de mandat mouvementé, aux prises avec un conflit dans le secteur agricole, la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, pourra peut-être souffler avec l'entrée en fonction d'un nouveau premier ministre plus près des orientations du gouvernement que son prédécesseur.

Le nouveau chef du gouvernement, Sergio Massa, 36 ans, a ainsi pris ses fonctions hier porté par l'espoir d'un changement de cap, après la défaite parlementaire infligée jeudi dernier à la présidente Cristina Kirchner, au terme d'un conflit de 130 jours avec les agriculteurs.

M. Massa, maire de Tigre, une banlieue au nord de Buenos Aires, est un proche du couple présidentiel formé par la présidente et son mari Nestor Kirchner à qui elle a succédé en décembre 2007. M. Massa avait auparavant été directeur de l'ANSES, organisme public de sécurité sociale, où sa gestion entre 2002 et 2007 avait été appréciée. Nommé à cette fonction par l'ex-président Eduardo Duhalde, il avait été maintenu à son poste par Nestor Kirchner à son arrivée à la présidence en 2003.

Il remplace Alberto Fernandez, qui a démissionné mercredi, tirant les conséquences de ses divergences croissantes avec le couple présidentiel. «Cela n'avait pas de sens de rester en fonction alors qu'il m'en coûtait de défendre ce que je pensais», a déclaré hier M. Fernandez à une radio argentine. Ses difficultés avec le couple présidentiel et certains ministres, proches des Kirchner, étaient régulièrement évoquées par le monde politique argentin.

Dans sa lettre de démission, Alberto Fernandez, chef de file de l'aile modérée au sein du gouvernement, a d'ailleurs clairement plaidé pour un changement d'hommes afin de favoriser une nouvelle étape, qu'il appelle de ses voeux à l'instar d'une grande partie de la société argentine, lasse du climat de confrontation permanente que connaît le pays depuis plusieurs mois.

«La certitude que s'ouvre une nouvelle étape dans votre gouvernement, et que vous devrez compter avec de nouveaux collaborateurs pour l'affronter, m'incite à vous présenter ma démission dans le but de faciliter le choix d'une nouvelle équipe», écrit M. Fernandez dans cette lettre rendue publique.

Ce changement de cap est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise politique dans laquelle s'enfonce le pays, selon analystes et commentateurs.

Le vote perdu jeudi dernier au Sénat par la présidente Kirchner, sur un texte qu'elle a pourtant ardemment défendu jusqu'au bout, n'est qu'un des éléments de cette «profonde crise politique», selon le politologue Rosendo Fraga. La perte de la majorité au Congrès va de pair avec la crise de confiance au sein du péronisme (au pouvoir) et d'une manière générale dans la société argentine, a-t-il expliqué. Dans ce contexte, «la fonction essentielle de Sergio Massa sera de dire la vérité aux Kirchner», a-t-il ajouté.

Très présent mercredi dans les médias argentins, le nouveau chef de gouvernement, qui est entré en fonction hier dans la soirée, est néanmoins resté très discret sur ses projets. «J'aiderai la présidente dans tout ce qu'elle me demandera», s'est-il contenté de répondre à ce sujet.

L'arrivée de Sergio Massa est diversement interprétée par la presse argentine, qui y voit surtout le signe d'une continuité, d'autant plus que les ministres les plus controversés, Julio De Vido, ministre de la Planification, et surtout le secrétaire d'État au Commerce intérieur, Guillermo Moreno, sont maintenus dans leur fonction.

«Si tous les changements se limitent à celui de Massa contre Fernandez, alors la situation sera pire pour le gouvernement», écrit l'éditorialiste du quotidien La Nacion. Il appartient désormais à la présidente, qui n'a toujours pas tiré publiquement les leçons de la crise politique ouverte par le vote négatif des sénateurs, de se prononcer, selon ces commentateurs.
 
 
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