Mutilations génitales - Une conférence contre la «tragédie silencieuse»
5 février 2003
Actualités internationales
Addis-Abeba — De hauts responsables africains ainsi que les premières dames du Burkina Faso, de la Guinée et du Nigeria ont ouvert hier à Addis-Abeba une conférence internationale de trois jours sur les mutilations génitales féminines (MGF), a constaté un journaliste de l'AFP.
«Un nombre intolérable de femmes sont mutilées, violentées sexuellement, enlevées, battues, brutalisées et forcées au mariage précoce au nom de cette tradition», a déclaré l'Éthiopienne Berhane Ras-Work, présidente du Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles néfastes affectant la santé des femmes et des enfants (CI-AF).
Elle s'exprimait lors de l'ouverture de cette conférence baptisée «Tolérance zéro contre les MGF», en présence des épouses des présidents burkinabé, guinéen et nigérian — Chantal Compaoré, Henriette Conté et Stella Obasanjo — et devant plusieurs centaines de participants réunis dans les locaux de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA).
La conférence d'Addis-Abeba rassemble des responsables gouvernementaux d'Afrique et de hauts responsables des Nations unies, d'ONG et des représentants de la jeunesse et de groupes de femmes.
«Des pratiques telles que les MGF, les mariages précoces et d'autres traitements dégradants et inhumains ne devraient et ne peuvent pas être tolérés en ce jour et cette ère au cours desquels le rôle des femmes dans tous les domaines de développement et de paix a été reconnu comme étant indispensable», a-t-elle ajouté.
«De récentes estimations, selon le CI-AF, chiffrent à 120 millions le nombre de femmes affectées par les MGF [clitoridectomie, excision ou infibulation] dans 28 pays africains, de même que parmi les immigrants africains en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Europe et aux États-Unis.»
La présidente du CI-AF a souligné qu'il s'agirait d'un retour en «arrière si nous permettions que de telles pratiques se perpétuent ou si nous regardions sans rien faire».
«Cette tragédie silencieuse, selon le CI-AF, perpétrée durant des millénaires, a pu se perpétuer via l'ignorance, les superstitions, le statut traditionnellement peu élevé accordé aux femmes dans les sociétés africaines ainsi que l'extraordinaire capacité des femmes à souffrir en silence.»
D'autre part, «la religion a été utilisée à mauvais escient et par convenance pour justifier cette pratique», estime cette organisation en citant un rapport d'une réunion de dirigeants religieux tenue en 1998 en Gambie.
Ces dignitaires ecclésiastiques avaient pu déterminer que «ni l'islam ni le christianisme ne permettent la destruction de tout organe humain en bonne santé».
«Les mutilations génitales féminines sont une forme brutale de violence dont l'existence précède le christianisme et l'islam. Les principes religieux ont été détournés et utilisés qui, par intérêt égoïste, mutilent les femmes», avait conclu la réunion gambienne.
Le CI-AF souhaite que l'Union africaine (UA) s'assure que des questions aussi graves que les MGF et d'autres pratiques traditionnelles néfastes soient intégrées dans le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), un plan général pour aider le continent à sortir de la pauvreté.
«Les femmes acceptent en silence le sacrifice partiel de leur corps avec toutes ses conséquences et ses effets paralysants», a souligné la présidente du CI-AF, estimant que des femmes ont été blessées et victimes depuis trop longtemps.
«Un nombre intolérable de femmes sont mutilées, violentées sexuellement, enlevées, battues, brutalisées et forcées au mariage précoce au nom de cette tradition», a déclaré l'Éthiopienne Berhane Ras-Work, présidente du Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles néfastes affectant la santé des femmes et des enfants (CI-AF).
Elle s'exprimait lors de l'ouverture de cette conférence baptisée «Tolérance zéro contre les MGF», en présence des épouses des présidents burkinabé, guinéen et nigérian — Chantal Compaoré, Henriette Conté et Stella Obasanjo — et devant plusieurs centaines de participants réunis dans les locaux de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA).
La conférence d'Addis-Abeba rassemble des responsables gouvernementaux d'Afrique et de hauts responsables des Nations unies, d'ONG et des représentants de la jeunesse et de groupes de femmes.
«Des pratiques telles que les MGF, les mariages précoces et d'autres traitements dégradants et inhumains ne devraient et ne peuvent pas être tolérés en ce jour et cette ère au cours desquels le rôle des femmes dans tous les domaines de développement et de paix a été reconnu comme étant indispensable», a-t-elle ajouté.
«De récentes estimations, selon le CI-AF, chiffrent à 120 millions le nombre de femmes affectées par les MGF [clitoridectomie, excision ou infibulation] dans 28 pays africains, de même que parmi les immigrants africains en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Europe et aux États-Unis.»
La présidente du CI-AF a souligné qu'il s'agirait d'un retour en «arrière si nous permettions que de telles pratiques se perpétuent ou si nous regardions sans rien faire».
«Cette tragédie silencieuse, selon le CI-AF, perpétrée durant des millénaires, a pu se perpétuer via l'ignorance, les superstitions, le statut traditionnellement peu élevé accordé aux femmes dans les sociétés africaines ainsi que l'extraordinaire capacité des femmes à souffrir en silence.»
D'autre part, «la religion a été utilisée à mauvais escient et par convenance pour justifier cette pratique», estime cette organisation en citant un rapport d'une réunion de dirigeants religieux tenue en 1998 en Gambie.
Ces dignitaires ecclésiastiques avaient pu déterminer que «ni l'islam ni le christianisme ne permettent la destruction de tout organe humain en bonne santé».
«Les mutilations génitales féminines sont une forme brutale de violence dont l'existence précède le christianisme et l'islam. Les principes religieux ont été détournés et utilisés qui, par intérêt égoïste, mutilent les femmes», avait conclu la réunion gambienne.
Le CI-AF souhaite que l'Union africaine (UA) s'assure que des questions aussi graves que les MGF et d'autres pratiques traditionnelles néfastes soient intégrées dans le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), un plan général pour aider le continent à sortir de la pauvreté.
«Les femmes acceptent en silence le sacrifice partiel de leur corps avec toutes ses conséquences et ses effets paralysants», a souligné la présidente du CI-AF, estimant que des femmes ont été blessées et victimes depuis trop longtemps.
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