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Fête nationale Française - Sarkozy met Betancourt en vedette

Le président a repoussé les critiques et la grogne de l'armée autour de la présence du Syrien Bachar el-Assad

15 juillet 2008  Actualités internationales
Le président français Nicolas Sarkozy serre la main de son homologue syrien, Bachar el-Assad.
Photo : Agence France-Presse
Le président français Nicolas Sarkozy serre la main de son homologue syrien, Bachar el-Assad.
Paris — Ingrid Betancourt a été la vedette, hier, de la fête du 14-Juillet à l'Élysée, où elle a reçu la Légion d'honneur des mains de Nicolas Sarkozy.

«Le soleil qui brille... Carla... Vraiment, c'est une belle journée»: Nicolas Sarkozy ne cachait pas sa satisfaction à son retour du défilé militaire sur les Champs-Élysées. Le président était «content» d'avoir bouclé l'éprouvante «séquence» des 10 derniers jours: la libération d'Ingrid Betancourt le 2 juillet, le début de la présidence de l'Union européenne, le sommet du G8 au Japon et surtout le lancement sans anicroche de son Union pour la Méditerranée, dimanche, en présence d'une quarantaine de chefs d'État. «C'était une merveilleuse chose accomplie par mon mari», a soufflé Carla Bruni.

Ravi de la «bonne ambiance» ayant régné à son sommet, M. Sarkozy pense avoir cloué le bec à ceux qui lui reprochaient d'avoir invité le Syrien Bachar el-Assad au défilé du 14-Juillet. La lecture de la déclaration des droits de l'homme par le comédien Kad Merad au début du défilé, «c'était la meilleure réponse à tous ceux qui avaient voulu polémiquer», a confié M. Sarkozy. «Il ne faut pas lire ce texte entre soi, il faut le lire à ceux qui ont besoin de l'apprendre.»

Même le malaise dans les armées n'a pas troublé la bonne humeur du chef de l'État. «Il n'y a plus aucune grogne. Tout ça, c'est de la mousse», a-t-il fanfaronné.

Cérémonie pour Betancourt

Après un dernier déjeuner avec les invités du sommet à l'Hôtel Marigny, M. Sarkozy a poursuivi la fête dans le parc de l'Élysée, où 8000 privilégiés, dont un millier venus des neuf départements riverains de la Méditerranée, avaient été conviés au traditionnel garden party.

L'année dernière, Nicolas Sarkozy était l'objet de toutes les attentions, deux mois après son élection. Pour son deuxième 14-Juillet, il a partagé la vedette avec Ingrid Betancourt.

Le chef de l'État a remis la médaille de chevalier de la Légion d'honneur à l'ex-otage franco-colombienne, lors d'une brève cérémonie tenue sur le perron côté jardin.

Ingrid Betancourt «a été un exemple pour chacune et chacun d'entre nous», a déclaré le président. «Restez le plus longtemps possible en France, parce qu'en France vous êtes bien, vous êtes en sécurité et on vous aime.»

Entouré de son épouse Carla, en robe de soie sauvage bleue, et de l'ensemble du gouvernement — à l'exception du premier ministre, François Fillon, absent en raison d'une sciatique —, il a fait applaudir la famille et les enfants de l'ex-otage et a promis de tout faire pour la libération des autres otages retenus dans le monde, dont le caporal franco-israélien Gilad Shalit.

«Je suis bien consciente que je ne mérite pas cette distinction, mais elle me fait tellement plaisir», a répondu Ingrid Betancourt, vêtue d'une robe violette ornée d'une colombe. «Je pense à ceux qui sont morts en captivité. Cette distinction, ils la méritent beaucoup plus que moi.»

L'ex-otage a exhorté la France à poursuivre ses efforts pour la libération des otages encore aux mains des FARC, dont elle a dit plusieurs noms. «Je compte sur vous, sur Carla, avec sa belle voix et son coeur», a-t-elle glissé.

Tandis qu'Ingrid Betancourt et Carla Bruni regagnaient les salons privés, M. Sarkozy s'est lancé seul dans un rapide bain de foule de cinq minutes, qui a déçu les chasseurs d'autographes. «Pas possible d'avoir une signature», se désolait une femme. «Jacques Chirac, on le voyait, il dépassait tout le monde», remarquait un autre.

Les réjouissances de la Fête nationale devaient s'achever dans la soirée par un grand concert gratuit au Champ-de-Mars.
 
 
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