Le retour triomphal d'Al-Assad
14 juillet 2008
Actualités internationales
Paris — Bachar al-Assad ne pouvait rêver mieux: hier au ban des nations pour son rôle «déstabilisateur» au Liban et au Proche-Orient, le président syrien a fait un retour éclatant sur la scène internationale cette fin de semaine à Paris, se posant en interlocuteur obligé pour la paix.
«Tout pays qui souhaite régler les problèmes du Proche-Orient doit parler avec la Syrie», a lancé M. Al-Assad sur la chaîne de télévision française France 2, hier soir, à l'issue d'une fin de semaine où il a tenu la vedette.
Dès samedi, il avait été reçu avec les honneurs au palais de l'Élysée par son homologue français, Nicolas Sarkozy. Il a ensuite enchaîné hier matin les rencontres bilatérales.
Puis il a participé, souriant, sous les ors du Grand Palais, au lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) en présence d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement. M. Al-Assad a reçu successivement à son hôtel parisien le président libanais, Michel Sleimane — pour un deuxième entretien bilatéral en moins de 24 heures —, le patron de l'ONU, Ban Ki-moon, et le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.
La Turquie joue depuis deux mois un rôle de bons offices entre la Syrie et Israël, qui ont entamé en mai des pourparlers indirects alors que les deux pays sont toujours formellement en état de guerre depuis 1948.
M. Al-Assad a obtenu dès samedi une quasi-consécration pour avoir permis, avec le Qatar, l'élection d'un président au Liban, en mai, et la formation d'un gouvernement à la veille du sommet de l'UPM.
Annonçant une visite en septembre à Damas, où aucun président français ne s'est rendu depuis 2002, M. Sarkozy a salué «le rôle essentiel» de la Syrie au Proche-Orient. Il a aussi qualifié d'«historique» l'annonce samedi de l'ouverture prochaine de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, pour la première fois depuis leur indépendance.
Washington et plusieurs capitales européennes se sont immédiatement félicités de cette décision. La chancelière allemande, Angela Merkel, a cependant demandé des «actes» à la Syrie, à l'instar du Département d'État américain.
L'évolution des relations entre Damas et Beyrouth a également contribué à mettre fin à une brouille de quatre années entre Paris et Damas. Cette dispute avait connu son point culminant après l'assassinat de Rafic Hariri, l'ancien premier ministre libanais, en 2005, imputé par un rapport de l'ONU aux services de renseignement libanais et syriens.
Damas a toujours démenti son implication, ce qui n'a pas empêché la mise au ban de la Syrie par les Occidentaux, avec notamment la mise sous le boisseau d'un accord de partenariat Union européenne-Syrie, pourtant fin prêt depuis deux ans.
M. Sarkozy s'est fait fort, samedi, d'engager «les procédures en vue de la signature» de cet accord très attendue par Damas.
Car l'isolement de la Syrie — lié aussi à son soutien donné à l'Iran — lui a coûté cher, ces dernières années, sur le plan économique.
Damas s'est donc rapproché de pays comme la Chine, la Russie et surtout l'Iran et la Turquie, «les deux grandes puissances régionales avec lesquelles il faut compter», selon Damas.
À ce stade, il n'est donc pas question pour la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran, dont la politique nucléaire inquiète au plus haut point les puissances occidentales et Israël.
À Paris, M. Al-Assad a plaidé en faveur d'une «région exempte d'armes de destruction massive».
«Tout pays qui souhaite régler les problèmes du Proche-Orient doit parler avec la Syrie», a lancé M. Al-Assad sur la chaîne de télévision française France 2, hier soir, à l'issue d'une fin de semaine où il a tenu la vedette.
Dès samedi, il avait été reçu avec les honneurs au palais de l'Élysée par son homologue français, Nicolas Sarkozy. Il a ensuite enchaîné hier matin les rencontres bilatérales.
Puis il a participé, souriant, sous les ors du Grand Palais, au lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) en présence d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement. M. Al-Assad a reçu successivement à son hôtel parisien le président libanais, Michel Sleimane — pour un deuxième entretien bilatéral en moins de 24 heures —, le patron de l'ONU, Ban Ki-moon, et le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.
La Turquie joue depuis deux mois un rôle de bons offices entre la Syrie et Israël, qui ont entamé en mai des pourparlers indirects alors que les deux pays sont toujours formellement en état de guerre depuis 1948.
M. Al-Assad a obtenu dès samedi une quasi-consécration pour avoir permis, avec le Qatar, l'élection d'un président au Liban, en mai, et la formation d'un gouvernement à la veille du sommet de l'UPM.
Annonçant une visite en septembre à Damas, où aucun président français ne s'est rendu depuis 2002, M. Sarkozy a salué «le rôle essentiel» de la Syrie au Proche-Orient. Il a aussi qualifié d'«historique» l'annonce samedi de l'ouverture prochaine de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, pour la première fois depuis leur indépendance.
Washington et plusieurs capitales européennes se sont immédiatement félicités de cette décision. La chancelière allemande, Angela Merkel, a cependant demandé des «actes» à la Syrie, à l'instar du Département d'État américain.
L'évolution des relations entre Damas et Beyrouth a également contribué à mettre fin à une brouille de quatre années entre Paris et Damas. Cette dispute avait connu son point culminant après l'assassinat de Rafic Hariri, l'ancien premier ministre libanais, en 2005, imputé par un rapport de l'ONU aux services de renseignement libanais et syriens.
Damas a toujours démenti son implication, ce qui n'a pas empêché la mise au ban de la Syrie par les Occidentaux, avec notamment la mise sous le boisseau d'un accord de partenariat Union européenne-Syrie, pourtant fin prêt depuis deux ans.
M. Sarkozy s'est fait fort, samedi, d'engager «les procédures en vue de la signature» de cet accord très attendue par Damas.
Car l'isolement de la Syrie — lié aussi à son soutien donné à l'Iran — lui a coûté cher, ces dernières années, sur le plan économique.
Damas s'est donc rapproché de pays comme la Chine, la Russie et surtout l'Iran et la Turquie, «les deux grandes puissances régionales avec lesquelles il faut compter», selon Damas.
À ce stade, il n'est donc pas question pour la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran, dont la politique nucléaire inquiète au plus haut point les puissances occidentales et Israël.
À Paris, M. Al-Assad a plaidé en faveur d'une «région exempte d'armes de destruction massive».
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