L'Irak et l'ONU - Ottawa clarifie sa position, qui est proche de celle de Londres
Ottawa — Maintenant que la Grande-Bretagne et les États-Unis ont manifesté leur intérêt pour une deuxième résolution des Nations unies dans le dossier irakien, le premier ministre Jean Chrétien se montre plus clair sur la question. Une deuxième résolution serait préférable, a-t-il dit hier, peu de temps après que le haut commissaire britannique eut réitéré une position semblable au cours d'une entrevue au Devoir.
«S'il doit y avoir une action, je suis d'avis, comme tout le monde, qu'il serait souhaitable d'avoir une deuxième résolution, mais je dois dire que ce n'est pas légalement nécessaire», a déclaré M. Chrétien aux Communes.
Cette position est très similaire à celle de la Grande-Bretagne, a indiqué en entrevue au Devoir hier le Haut cCmmissaire britannique Andrew Burns. «Nous aimerions qu'il y ait une seconde résolution confirmant la volonté de la communauté internationale. Mais nous voulons qu'elle permette de s'occuper du problème posé
par Saddam Hussein et non pas d'éviter de faire face au défi qu'il pose à la communauté internationale.»
M. Burns fait attention de ne pas froisser son «allié canadien» et refuse de critiquer sa position, jugée confuse par l'opposition. Il décrit le Canada comme un allié solide qui, comme Londres, s'inquiète de la menace irakienne et qui veut voir Sad-
dam Hussein désarmer et «les Nations unies assumer leurs responsabilités».
Que le Canada attende pour choisir une voie à suivre ne semble pas l'inquiéter. De toute façon, comme il dit, «nous approchons du moment où chacun devra décider ce qu'il fera». Et selon lui, ce sera bientôt. Comme son gouvernement, il cache mal son impatience.
Cela fait 12 ans que l'Irak se moque des Nations unies, fait fi des exigences de désarmement inscrites dans le cessez-le-feu qui a mis fin à la Guerre du Golfe de 1991, rappelle-t-il. «La résolution 1441, adoptée unanimement en novembre, établit de manière limpide qu'il s'agit de la dernière chance de Saddam Hussein, de la dernière occasion de coopérer avec les Nations unies.» Or, ajoute-t-il, le premier rapport des inspecteurs montre que les autorités irakiennes refusent toujours cette coopération.
Le moment choisi pour présenter sa position n'est pas anodin. Le processus onusien entre en mode accéléré avec la présentation demain, par le secrétaire d'État Colin Powell, des preuves que les Américains disent détenir pour prouver les violations de la résolution 1441 par l'Irak. Le 14 février, ce sera au tour des inspecteurs de remettre leur deuxième rapport. Le Conseil de sécurité devra ensuite décider de la marche à suivre. Et c'est à ce point précis que devra être débattu le recours ou non à la force et l'adoption possible d'une seconde résolution.
À ceux qui s'inquiètent de l'impact qu'une action militaire préventive aurait sur les Nations unies, M. Burns rétorque: «Saddam Hussein a résisté à toutes les résolutions des Nations unies. Voilà un défi direct à l'autorité des Nations unies et il est important que les Nations unies y répondent. Si l'ONU choisit d'ignorer ce défi, cela portera gravement atteinte à une institution qui symbolise le droit international.» Il ajoute que cela enverra le mauvais signal à la Corée du Nord et à d'autres pays.
Et au-delà de l'avenir de l'ONU, dit-il, il y a la sécurité de tous les pays menacée par les armes de destruction massive, surtout si elles aboutissent entre les mains d'organisations terroristes.
Malgré tout, M. Burns croit toujours qu'on peut éviter la guerre. «Mais la solution est entre les mains de Saddam Hussein. Il n'a qu'à faire ce que l'ONU exige de lui depuis 12 ans.» Peut-on l'espérer à brève échéance? «Pas beaucoup
«S'il doit y avoir une action, je suis d'avis, comme tout le monde, qu'il serait souhaitable d'avoir une deuxième résolution, mais je dois dire que ce n'est pas légalement nécessaire», a déclaré M. Chrétien aux Communes.
Cette position est très similaire à celle de la Grande-Bretagne, a indiqué en entrevue au Devoir hier le Haut cCmmissaire britannique Andrew Burns. «Nous aimerions qu'il y ait une seconde résolution confirmant la volonté de la communauté internationale. Mais nous voulons qu'elle permette de s'occuper du problème posé
par Saddam Hussein et non pas d'éviter de faire face au défi qu'il pose à la communauté internationale.»
M. Burns fait attention de ne pas froisser son «allié canadien» et refuse de critiquer sa position, jugée confuse par l'opposition. Il décrit le Canada comme un allié solide qui, comme Londres, s'inquiète de la menace irakienne et qui veut voir Sad-
dam Hussein désarmer et «les Nations unies assumer leurs responsabilités».
Que le Canada attende pour choisir une voie à suivre ne semble pas l'inquiéter. De toute façon, comme il dit, «nous approchons du moment où chacun devra décider ce qu'il fera». Et selon lui, ce sera bientôt. Comme son gouvernement, il cache mal son impatience.
Cela fait 12 ans que l'Irak se moque des Nations unies, fait fi des exigences de désarmement inscrites dans le cessez-le-feu qui a mis fin à la Guerre du Golfe de 1991, rappelle-t-il. «La résolution 1441, adoptée unanimement en novembre, établit de manière limpide qu'il s'agit de la dernière chance de Saddam Hussein, de la dernière occasion de coopérer avec les Nations unies.» Or, ajoute-t-il, le premier rapport des inspecteurs montre que les autorités irakiennes refusent toujours cette coopération.
Le moment choisi pour présenter sa position n'est pas anodin. Le processus onusien entre en mode accéléré avec la présentation demain, par le secrétaire d'État Colin Powell, des preuves que les Américains disent détenir pour prouver les violations de la résolution 1441 par l'Irak. Le 14 février, ce sera au tour des inspecteurs de remettre leur deuxième rapport. Le Conseil de sécurité devra ensuite décider de la marche à suivre. Et c'est à ce point précis que devra être débattu le recours ou non à la force et l'adoption possible d'une seconde résolution.
À ceux qui s'inquiètent de l'impact qu'une action militaire préventive aurait sur les Nations unies, M. Burns rétorque: «Saddam Hussein a résisté à toutes les résolutions des Nations unies. Voilà un défi direct à l'autorité des Nations unies et il est important que les Nations unies y répondent. Si l'ONU choisit d'ignorer ce défi, cela portera gravement atteinte à une institution qui symbolise le droit international.» Il ajoute que cela enverra le mauvais signal à la Corée du Nord et à d'autres pays.
Et au-delà de l'avenir de l'ONU, dit-il, il y a la sécurité de tous les pays menacée par les armes de destruction massive, surtout si elles aboutissent entre les mains d'organisations terroristes.
Malgré tout, M. Burns croit toujours qu'on peut éviter la guerre. «Mais la solution est entre les mains de Saddam Hussein. Il n'a qu'à faire ce que l'ONU exige de lui depuis 12 ans.» Peut-on l'espérer à brève échéance? «Pas beaucoup
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