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L'Iran teste des missiles pouvant atteindre Israël

10 juillet 2008  Actualités internationales
En mettant à l'essai neuf missiles dont un avait deux fois la portée nécessaire pour atteindre Israël, l'Iran a brusquement fait monter la tension, hier, dans la guerre larvée qui l'oppose aux États-Unis et à l'État hébreu.

Ces tirs, qui ont été annoncés par la télévision iranienne, font partie des grandes manoeuvres militaires actuellement en cours dans la république islamique. Ces jeux de guerre se déroulent un mois après que l'aviation et la marine israéliennes eurent procédé en Méditerranée à des exercices préfigurant une éventuelle attaque contre des cibles iraniennes.

Mardi, Téhéran avait menacé de frapper durement Israël et «des intérêts américains» — entendre les bases militaires situées dans les pays riverains du golfe Persique — si l'Iran était attaqué. Le geste d'éclat fait hier visait à donner du poids à ces arguments, comme l'a clairement indiqué un officier du corps d'élite des Gardiens de la révolution, responsable des tirs.

Téhéran souffle le chaud et le froid

En fait, Téhéran souffle le chaud et le froid depuis quelque temps. La semaine dernière, l'Iran a fait parvenir à l'Union européenne une réponse se voulant «constructive» aux dernières offres faites par l'Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité pour convaincre ce pays de renoncer à son programme nucléaire controversé.

L'Iran procède depuis plusieurs années à l'enrichissement de l'uranium, affirmant vouloir maîtriser l'ensemble de la filière nucléaire de production d'électricité, comme le lui permet le traité de non-prolifération. Israël et plusieurs pays occidentaux, les États-Unis en tête, soupçonnent au contraire l'Iran de vouloir se doter ainsi d'un arsenal nucléaire.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté depuis 2006 trois résolutions enjoignant à Téhéran de cesser d'enrichir l'uranium et imposé des sanctions contre le régime islamique.

Hier à Washington, un porte-parole de la Maison-Blanche a demandé à l'Iran de cesser ses travaux sur les missiles balistiques et de renoncer à de nouveaux essais «s'il souhaite vraiment gagner la confiance de la communauté internationale».

Depuis des années, le président américain George W. Bush dit privilégier la diplomatie dans son contentieux avec Téhéran, tout en répétant que «toutes les options sont sur la table».

Les deux candidats à sa succession ont réagi hier aux tests iraniens. Le démocrate Barack Obama a de nouveau plaidé pour un dialogue direct avec Téhéran, assorti de sanctions économiques. «Nous devons avoir une diplomatie agressive qui, malheureusement, a fait défaut depuis plusieurs années, a-t-il affirmé sur les ondes de CNN. Si nous ne le faisons pas, nous allons continuer de voir s'accroître les tensions, ce qui pourrait déboucher sur de vrais problèmes.»

Pour le républicain John McCain, les essais prouvent que l'Occident doit se doter d'un système de défense «efficace» contre les missiles. Contrairement à son adversaire démocrate, il a rejeté l'idée d'un dialogue avec Téhéran. «Les récents essais de missiles par l'Iran témoignent de nouveau des dangers que ce pays représente pour ses voisins et toute la région, et particulièrement Israël», a-t-il plutôt martelé.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a estimé hier que les États-Unis et l'Iran ne s'étaient pas rapprochés d'une confrontation militaire, malgré la «gesticulation en cours». Dédramatisant lui aussi la situation, le sous-secrétaire d'État William Burns a noté la volonté iranienne de négocier, ajoutant que les sanctions en vigueur ont empêché les Iraniens de progresser autant qu'ils le prétendent dans les domaines nucléaire et balistique.

Selon la télévision iranienne, un des missiles tirés hier était du type Shahab-3, d'une portée de 2000 kilomètres, donc capable d'atteindre une demi-douzaine de pays d'Europe de l'Est, de même qu'Israël (situé à 600 kilomètres), la totalité de la péninsule arabe et l'Égypte.

Le test iranien survient au lendemain d'un accord conclu entre les États-Unis et la République tchèque pour la mise en place d'un radar faisant partie du «bouclier antimissile» américain. Un des buts affichés de cette infrastructure militaire est de défendre l'Europe contre une éventuelle attaque iranienne.

«Ceux qui affirment qu'il n'existe pas de menace iranienne contre laquelle construire des défenses antimissile devraient peut-être demander aux Iraniens la portée des missiles qu'ils viennent de lancer», a déclaré la secrétaire d'État Condoleezza Rice en Bulgarie.

En Israël, pays auquel le président iranien ne reconnaît pas le droit d'exister, le porte-parole du premier ministre Éhoud Olmert, Mark Regev, a dénoncé les tests balistiques, affirmant qu'«Israël ne menace pas l'Iran, mais [que] le programme nucléaire iranien, couplé à leur programme de missiles balistiques, est une source de grande inquiétude».

Dans ce contexte tendu, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Javier Solana, doit se rendre à Téhéran d'ici la fin du mois.

***

Avec l'Agence France-Presse et Reuters
 
 
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  • Dominic Pageau - Abonné
    10 juillet 2008 03 h 50
    Je sais pas, mais moi j'ai plutot l'impression que Israel et les USA qui menacent l'Iran
    Mais bon ça doit être juste un impression.

    Je vais me mettre à croire ce qui vient de Washington et qui a été préécris par l'AIPAC le American Israel Public Affairs Commitee

    http://www.aipac.org/
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    10 juillet 2008 07 h 33
    Réciprocité
    Puisque Israël effectue de grandes manoeuvres aériennes en Méditerranée en prévision d'une attaque de l'Iran par la voie des airs, l'Iran répond en manoeuvrant ses missiles pour montrer qu'il dispose lui aussi d'une force de frappe capable d'atteindre Israël. Puisque l'État d'Israël dispose de bombes atomiques, l'Iran veut aussi se doter de cette arme très probablement à titre défensif. On n'attaque pas un pays doté de bombes atomiques, comme l'a démontré la Corée du Nord. C'est le fameux oeil pour oeil, dent pour dent que connaissent bien les Hébreux!

    Alors, ou s'en va-t-on? Nulle part, tant que personne n'appuie sur le mauvais bouton. Mais si quelqu'un s'avisait de déclencher une attaque, c'est tout le Moyen-Orient qui serait à feu et à sang, avec toutes les conséquences qui en résulteraient, ne serait-ce que sur le cours du pétrole, pour ne pas parler des innombrables victimes humaines.

    La situation du Proche ou du Moyen-Orient ne saurait se résoudre par la voie militaire, même si certains, comme le vice-président des États-Unis y sont favorables ou peut-être un J. McCain, pour rehausser sa popularité et se faire élire président des États-Unis. Toutefois, on n'ose penser que des questions de basse politique pourraient servir d'arguments à une catastrophe mondiale.

    L'administration Bush porte une grande responsabilité dans la situation actuelle, par son soutien inconditionnel à Israël, dicté par des considérations de politique intérieure. Elle aurait pu et dû mettre fin au conflit entre Palestiniens et Israéliens et veiller à la création d'un État palestinien sable et viable. Elle n'a rien fait dans ce sens, sinon une agitation verbale de dernière minute.

    Faute d'avoir pris les bonnes décisions au bon moment, faute d'avoir réglé la question palestinienne au lie de s'embourber en Irak, qu'au moins G.W. Bush reste tranquille et n'aggrave pas les choses en appuyant sur le bouton de la guerre contre l'Iran directement ou par l'entremise de l'aviation israélienne.

    UTINAM, disaient les Romains (fasse le ciel que...), oui, Utinam!
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    10 juillet 2008 07 h 37
    Deux poids deux mesures etc...
    Les États-Unis et Israël qui sont les pays les plus opposés à la possession de l'arme nucléaire par l'Iran en possèdent déjà plusieurs chacun.

    Un autre cas du principe que ce qui est bon pour minou n'est pas bon pour pitou ou...faites ce que je dis mais pas ce que je fais etc...
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  • Yvon Montoya - Abonné
    10 juillet 2008 08 h 02
    Braiement
    Maintenant nous savons qu'Israël est détenteur de la bombe atomique et déjà en 1986, il détenait plus de deux cents bombes atomiques. On ne dit rien là-dessus. N'est-ce pas un danger pour la région et n'est-ce pas une justification « normale » pour des pays comme l'Iran et la Syrie d'en détenir? Personne ne pose la question. La politique agressive d'Israël et des USA est le doigt qui signe le programme nucléaire iranien. Vous ne le dites ni le réfléchissez dans votre article qui n'est qu'un amalgame de tous les articles lus dans la presse occidentale. Vous ne nous dites rien qui puisse nous permettre de réfléchir à cette mauvaise situation catastrophique. Cela ressemble fort à un papier, peut-être malgré vous et c'est là le danger, de propagande pro-occidental qui ne prend aucun vrai débat politique et historique en compte. Ces importants aspects pour la réflexion sont absolument absents de votre papier. Pourquoi y-a-t-il danger, pourquoi Israël et non un autre pays, pourquoi les pays est-européens sont-ils en danger. Quelles sont les perspectives qui permettent de le penser? Israël en cachette se dote de l'arme nucléaire et l'Iran au nom d'un traité n'en a pas le droit? Peut-on réfléchir là-dessus? C'est votre travail de journaliste de nouds offrit une information qui nous permettrait de mieux peser les enjeux. Là rien, mais alors rien. Un article journalistique se doit d'être un indicateur pour la réflexion non un braiement d'âne.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    10 juillet 2008 11 h 21
    L'Iran
    Qu'un autre pays devienne membre du club nucléaire ne doit pas causer trop de problème, mais si ce pays est hautement instable et dirigé par des fanatiques religieux ou nationnalites là est le danger.

    Jamais un pays comme l'Iran ne doit être permis de posséder l'arme de destruction ultime, et cela pour la paix du monde.

    Et oui malgré ce qu'en pense quelque pacifiste de fin de semaine québécois les capacité nucléaire de l'Iran se doivent d'être détruite et au plus tot.
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  • Michel Lacey - Inscrit
    10 juillet 2008 13 h 06
    C'est ça, voir soif
    Les interventions des états-unis dans les pays étrangers, ne sont motivées que lorsque le pétrole y est présent et Cheney est toujours en arrière scène. Ils créent des conflits s'il n'y a aucun afin de justifier leurs éventuelles interventions.

    Personnellement, j'espère qu'ils se buteront à un(des) pays qui les empèchera(ont) d'avoir la main-mise sur toutes les ressources de la planète.

    En tant que québécois (et\ou canadiens), n'oublions pas que l'eau est une ressource qui se rarifie aux états-unis et que ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne débarquent ici pour se l'accaparer, soit avec une tonne de liasses ou par la force.
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    10 juillet 2008 13 h 58
    Retour au moyen-âge
    Refuser à l'Iran de se défendre contre deux ennemis affirmés relève d'un discourt moyen-âgeux, les guerres saintes contre le mal, car le bien est de notre côté, quel culot !

    Claude L'Heureux, Québec
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  • Mohamed Bounaaly - Abonné
    10 juillet 2008 18 h 11
    Qui terrorise qui?
    Cette région du monde ressemble à un chaudron qui bouille à feu vif, le couvercle bien scellé....
    Qui a orchestré tout cela? Les Israeliens veulent juste un bout de terre pour vivre. Les palestiniens veulent juste un pays et une légitimité.
    Que veulent les Britaniques qui ont initiés tout ce brasier?
    Que veulent les US qui entretiennent ce volcan?
    Quel sort attend tous ceux qui subissent, d'un bord comme de l'autre, tout du bon monde!

    Que peut-on faire afin que la paix revienne?
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