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Le Pérou fait la grève

La bonne performance de l'économie n'atteint pas de larges pans de la population

10 juillet 2008  Actualités internationales
Une grande manifestation a eu lieu hier à Lima à l’occasion de la grève générale contre les politiques du gouvernement d’Alan Garcia.
Photo : Agence Reuters
Une grande manifestation a eu lieu hier à Lima à l’occasion de la grève générale contre les politiques du gouvernement d’Alan Garcia.
Lima — La grève générale lancée hier par la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP, gauche) contre la hausse des prix s'est déroulée dans un calme relatif dans l'ensemble du pays, où 200 manifestants ont été interpellés, selon le ministre de l'Intérieur, Alva Castro.

La grève, lancée par la CGTP, a surtout touché les régions pauvres du pays andin, comme le sud et l'est. Deux cents manifestants ont été interpellés par la police à l'occasion d'affrontements avec les forces de l'ordre.

La CGTP exige que le président Alan Garcia (droite) tienne ses promesses concernant le développement du pays et réoriente sa politique économique néolibérale, tout en procédant à des hausses de salaires pour faire face à l'augmentation du coût de la vie.

Hier, le chef de l'État avait mobilisé les forces armées pour renforcer la police en cas de débordements. Les dirigeants syndicaux ont qualifié cette décision de provocation, indiquant que l'armée n'était pas entraînée pour les opérations de maintien de l'ordre. L'armée a été déployée dans les endroits sensibles et le ministre de la Défense, Antero Flores Araoz, a assuré que tout était tranquille dans les endroits qu'elle gardait.

Ce mouvement de grogne survient alors que le Pérou traverse une période d'euphorie économique en bénéficiant d'une croissance économique de près de 10 % tirée par les exportations, notamment de minerais (cuivre, fer, or, argent, etc.).

Depuis au moins deux mois, les mineurs du sud du pays sont engagés dans un important mouvement de protestation exigeant dans un premier temps que le gouvernement Garcia hausse les redevances versées à l'État par les compagnies minières, ce que Lima a refusé de faire. Le mouvement s'est ensuite transformé pour exiger des hausses salariales reflétant l'augmentation des prix des matières premières.

La croissance appréciable que connaît le Pérou est surtout sensible à Lima, ainsi que dans le nord du pays et sur la côte. L'est et le sud se sentent délaissés et ne profitent que dans une moindre mesure de la croissance, notent la plupart des spécialistes.

Selon un sondage national de l'Université de Lima publié hier, 34 % des habitants estiment que la situation au Pérou est pire qu'en 2006, à l'arrivée au pouvoir de M. Garcia, 48 % que les choses n'ont pas changé et 19 %, que la situation est meilleure.
 
 
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