Ingrid Betancourt est enfin libre
Une opération de l'armée colombienne a réussi à déjouer les FARC
Photo : Agence France-Presse
Ingrid Betancourt (à droite) embrassant sa mère, Yolanda Pulecio, à sa descente d’avion à Bogotá, hier. Elle fut détenue pendant six ans par les FARC.
C'est la fin d'un long, très long cauchemar pour Ingrid Betancourt, libérée hier par l'armée colombienne avec 14 autres otages, après avoir passé plus de six ans aux mains de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Visiblement bien portante malgré sa longue et pénible captivité, elle s'est adressée avec aplomb aux médias immédiatement à sa descente d'avion à Bogotá, tandis que les réactions de joie se multipliaient un peu partout dans le monde.
Ingrid Betancourt, souriante et vêtue d'un treillis militaire, ses longs cheveux noués sur la nuque, est descendue la première de l'avion qui l'a amenée à Bogotá et s'est jetée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, puis dans ceux de son mari, Juan Carlos Lecompte. «Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie», a déclaré d'entrée de jeu l'ex-candidate à la présidentielle colombienne. «L'opération a été absolument impeccable», a-t-elle ajouté, s'exprimant en espagnol, avec quelques passages en français.
«J'ai imaginé plein de fois ce moment», a-t-elle souligné au cours de son témoignage, livré avec une assurance certaine, remerciant «vous tous dans le monde qui nous ont accompagnés». «Nous pouvions rêver, maintenir l'espoir vivant parce que nous écoutions les nôtres», a dit Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans. «Cette victoire est aussi due aux moyens de communication», a-t-elle estimé en évoquant les messages que lui ont adressés les membres de sa famille et le soutien international.
«Je crois [que ces libérations] sont un signal de paix pour la Colombie», a poursuivi la Franco-Colombienne, enlevée le 23 février 2002. «J'ai toujours l'espoir de servir la Colombie. Est-ce que ça se fera à la présidence? Seul Dieu le sait», a-t-elle également laissé tomber, entrouvrant déjà la porte à un possible retour en politique active, quoiqu'elle souhaite pour le moment retourner rapidement en France. Elle a en outre jugé qu'Alvaro Uribe était «un très bon président» pour la Colombie.
Les images présentées hier donnaient d'ailleurs à voir une Ingrid Betancourt nettement plus en forme que celle qu'on pouvait apercevoir sur une vidéo diffusée à la fin de 2007, alors qu'elle était apparue amaigrie et épuisée. Dans une lettre accompagnant les images, elle disait avoir quitté «le monde des vivants». Ingrid Betancourt a toutefois indiqué hier qu'elle se remettait alors d'une maladie.
Subterfuge militaire
Tout indique que Bogotá aurait usé de ruse pour parvenir à cette libération fort médiatisée. Selon ce qu'a expliqué le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, les otages ont été libérés lorsque des commandos de l'armée ont infiltré un groupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), appartenant au cercle de sécurité de guérilleros encerclant les otages. Il a précisé que les militaires leur ont fait croire que les otages allaient être transférés par hélicoptère auprès d'Alfonso Cano, nouveau chef des combattants marxistes.
Ils auraient ainsi réussi à attirer les guérilleros dans un piège, dans la jungle de Guaviare, dans le sud du pays. L'hélicoptère utilisé était peint en blanc et les membres de l'équipage étaient déguisés en guérilleros afin de faire croire qu'il s'agissait bel et bien d'un simple transfert de prisonniers. Le tout s'est tellement bien déroulé qu'aucun coup de feu n'aurait été tiré, selon les informations fournies par Bogotá. Encerclés par l'armée, le chef du groupe et les autres guérilleros n'ont eu d'autre option que de se rendre sans combattre.
Parmi les otages libérés figurent les trois sous-traitants militaires américains et 11 soldats et policiers, outre l'ancienne candidate à la présidence de Colombie, a indiqué le ministre. Ingrid Betancourt et les trois mercenaires américains étaient l'une des monnaies d'échange les plus importantes pour des FARC en perte de vitesse, déjà affaiblies par l'assassinat par l'armée colombienne de leur numéro deux, Raul Reyes, début mars, lors d'un raid en Équateur, puis par la mort de leur chef historique Manuel «Tirofijo» Marulanda, a expliqué hier le politologue Guillermo R. Aureano, de l'Université de Montréal.
Mme Betancourt, les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ainsi que les autres otages, tous «sains et saufs», ont été emmenés à San José del Guaviare pour monter à bord d'un avion qui les a amenés vers la base aérienne de Tolemaida, à 100 kilomètres au sud de Bogotá, avant leur transfert vers la capitale.
La Franco-Colombienne avait été enlevée par les FARC le 23 février 2002 alors qu'elle menait campagne pour l'élection présidentielle en compagnie de sa directrice de campagne, Clara Rojas, près de Florencia, à 600 kilomètres au sud de Bogotá. M. Aureano a d'ailleurs rappelé hier qu'elle avait pris des risques énormes en se rendant dans cette région, réputée truffée de membres du plus vieux mouvement rebelle d'Amérique du Sud.
Depuis cette date, toutes les tentatives de libération avaient échoué, tandis que des informations contradictoires circulaient périodiquement sur sa possible sortie de la jungle colombienne. Plusieurs comités de soutien avaient également vu le jour et avaient organisé de nombreuses manifestations, notamment en France, où résident ses enfants et sa soeur. Elle était même devenue le symbole par excellence des milliers d'otages que détiendraient les FARC, qui comptent environ 9000 combattants. Ceux-ci ont pour habitude d'utiliser leurs otages comme source de financement de leur rébellion, outre l'extorsion et la participation au trafic de drogue.
Soulagement
Le président français Nicolas Sarkozy, pour qui la libération d'Ingrid Betancourt est une victoire personnelle, est apparu rapidement hier à l'Élysée aux côtés des deux enfants de l'ex-otage, Mélanie et Lorenzo, de sa soeur Astrid ainsi que du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Il d'abord salué le travail d'Alvaro Uribe dans cette affaire. Il a aussi pressé les FARC d'arrêter «ce combat absurde et moyenâgeux». M. Sarkozy a précisé que «la France est prête à accueillir tous ceux [membres des FARC] qui accepteraient de renoncer à la lutte armée».
«Vous nous permettez de vivre le plus beau moment de notre vie», a pour sa part déclaré Mélanie, extrêmement émue, avant de remercier le président pour son action. «Il y a encore des otages dans la jungle, il ne faut pas les oublier», a-t-elle poursuivi. «Un processus a été enclenché, ils vont tous être libérés», voulait quant à lui croire son frère Lorenzo, pour qui «nous avons gagné un combat pour la liberté».
Le président colombien Alvaro Uribe marque lui aussi des points, tant dans son pays que sur la scène internationale, avec cette opération couronnée de succès. Hier, il s'est justement dit «très content» de la libération des 15 otages, avant d'aller à la rencontre de l'ex-candidate présidentielle. À travers son ministre de l'Intérieur, Facio Valencia Cossio, le président a fait savoir que «la fin des Forces armées révolutionnaires colombiennes est proche».
Les réactions ont par ailleurs été nombreuses un peu partout en Amérique latine. La présidente argentine, Cristina Kirchner, a salué «une victoire de la vie et de la liberté». Son homologue bolivien, Evo Morales, a estimé que la libération des otages était «extrêmement importante dans la quête de la paix» en Colombie. Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alejandro Foxley, a lui aussi souhaité que ce soit un premier pas vers «une paix permanente» en Colombie. «C'est le triomphe de la démocratie sur le terrorisme», a jugé le ministre péruvien des Affaires étrangères, José García Belaunde. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, «a exprimé sa satisfaction devant cette nouvelle tant attendue par la communauté internationale».
«Ces otages et beaucoup d'autres encore détenus en Colombie ont enduré des années de difficultés et de privations. L'enlèvement est un crime odieux et une violation flagrante du droit international humanitaire», a souligné le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, par voie de communiqué. Ce dernier a aussi appelé les FARC à «libérer immédiatement et sans conditions tous les otages qu'elles détiennent encore, dont la sécurité relève de leur responsabilité».
À Washington, le président George W. Bush a félicité son homologue et allié colombien. Lors d'un entretien téléphonique, «le président Bush a félicité le président Uribe et lui a dit qu'il était un dirigeant fort», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe.
L'ex-consul colombien à Montréal et président de «La Colombie vous invite», une association culturelle regroupant des membres de la communauté colombienne de Montréal, s'est dit soulagé de la libération d'Ingrid Betancourt. «C'est une journée très spéciale, de joie indescriptible», a déclaré au Devoir Fabio Avella, qui avait participé à Montréal à la grande marche mondiale du 4 février dernier pour réclamer la libération des otages. Il ne tarissait pas d'éloges à l'égard de l'armée colombienne et l'a félicitée d'avoir mené cette opération militaire «sans violence ni effusion de sang». «Plus qu'une libération d'otages, c'est un pas vers la paix», s'est-il réjoui. «Nous ne voulons pas de vainqueurs ni de vaincus. Nous savons qu'en termes militaires, les FARC perdent depuis fort longtemps. Mais de toute façon, [...] ce que nous voulons c'est parvenir à la paix», a dit M. Avella, en appelant à un désarmement garanti et surveillé par la communauté internationale.
***
Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, la BBC, Le Monde et Reuters
Ingrid Betancourt, souriante et vêtue d'un treillis militaire, ses longs cheveux noués sur la nuque, est descendue la première de l'avion qui l'a amenée à Bogotá et s'est jetée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, puis dans ceux de son mari, Juan Carlos Lecompte. «Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie», a déclaré d'entrée de jeu l'ex-candidate à la présidentielle colombienne. «L'opération a été absolument impeccable», a-t-elle ajouté, s'exprimant en espagnol, avec quelques passages en français.
«J'ai imaginé plein de fois ce moment», a-t-elle souligné au cours de son témoignage, livré avec une assurance certaine, remerciant «vous tous dans le monde qui nous ont accompagnés». «Nous pouvions rêver, maintenir l'espoir vivant parce que nous écoutions les nôtres», a dit Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans. «Cette victoire est aussi due aux moyens de communication», a-t-elle estimé en évoquant les messages que lui ont adressés les membres de sa famille et le soutien international.
«Je crois [que ces libérations] sont un signal de paix pour la Colombie», a poursuivi la Franco-Colombienne, enlevée le 23 février 2002. «J'ai toujours l'espoir de servir la Colombie. Est-ce que ça se fera à la présidence? Seul Dieu le sait», a-t-elle également laissé tomber, entrouvrant déjà la porte à un possible retour en politique active, quoiqu'elle souhaite pour le moment retourner rapidement en France. Elle a en outre jugé qu'Alvaro Uribe était «un très bon président» pour la Colombie.
Les images présentées hier donnaient d'ailleurs à voir une Ingrid Betancourt nettement plus en forme que celle qu'on pouvait apercevoir sur une vidéo diffusée à la fin de 2007, alors qu'elle était apparue amaigrie et épuisée. Dans une lettre accompagnant les images, elle disait avoir quitté «le monde des vivants». Ingrid Betancourt a toutefois indiqué hier qu'elle se remettait alors d'une maladie.
Subterfuge militaire
Tout indique que Bogotá aurait usé de ruse pour parvenir à cette libération fort médiatisée. Selon ce qu'a expliqué le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, les otages ont été libérés lorsque des commandos de l'armée ont infiltré un groupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), appartenant au cercle de sécurité de guérilleros encerclant les otages. Il a précisé que les militaires leur ont fait croire que les otages allaient être transférés par hélicoptère auprès d'Alfonso Cano, nouveau chef des combattants marxistes.
Ils auraient ainsi réussi à attirer les guérilleros dans un piège, dans la jungle de Guaviare, dans le sud du pays. L'hélicoptère utilisé était peint en blanc et les membres de l'équipage étaient déguisés en guérilleros afin de faire croire qu'il s'agissait bel et bien d'un simple transfert de prisonniers. Le tout s'est tellement bien déroulé qu'aucun coup de feu n'aurait été tiré, selon les informations fournies par Bogotá. Encerclés par l'armée, le chef du groupe et les autres guérilleros n'ont eu d'autre option que de se rendre sans combattre.
Parmi les otages libérés figurent les trois sous-traitants militaires américains et 11 soldats et policiers, outre l'ancienne candidate à la présidence de Colombie, a indiqué le ministre. Ingrid Betancourt et les trois mercenaires américains étaient l'une des monnaies d'échange les plus importantes pour des FARC en perte de vitesse, déjà affaiblies par l'assassinat par l'armée colombienne de leur numéro deux, Raul Reyes, début mars, lors d'un raid en Équateur, puis par la mort de leur chef historique Manuel «Tirofijo» Marulanda, a expliqué hier le politologue Guillermo R. Aureano, de l'Université de Montréal.
Mme Betancourt, les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ainsi que les autres otages, tous «sains et saufs», ont été emmenés à San José del Guaviare pour monter à bord d'un avion qui les a amenés vers la base aérienne de Tolemaida, à 100 kilomètres au sud de Bogotá, avant leur transfert vers la capitale.
La Franco-Colombienne avait été enlevée par les FARC le 23 février 2002 alors qu'elle menait campagne pour l'élection présidentielle en compagnie de sa directrice de campagne, Clara Rojas, près de Florencia, à 600 kilomètres au sud de Bogotá. M. Aureano a d'ailleurs rappelé hier qu'elle avait pris des risques énormes en se rendant dans cette région, réputée truffée de membres du plus vieux mouvement rebelle d'Amérique du Sud.
Depuis cette date, toutes les tentatives de libération avaient échoué, tandis que des informations contradictoires circulaient périodiquement sur sa possible sortie de la jungle colombienne. Plusieurs comités de soutien avaient également vu le jour et avaient organisé de nombreuses manifestations, notamment en France, où résident ses enfants et sa soeur. Elle était même devenue le symbole par excellence des milliers d'otages que détiendraient les FARC, qui comptent environ 9000 combattants. Ceux-ci ont pour habitude d'utiliser leurs otages comme source de financement de leur rébellion, outre l'extorsion et la participation au trafic de drogue.
Soulagement
Le président français Nicolas Sarkozy, pour qui la libération d'Ingrid Betancourt est une victoire personnelle, est apparu rapidement hier à l'Élysée aux côtés des deux enfants de l'ex-otage, Mélanie et Lorenzo, de sa soeur Astrid ainsi que du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Il d'abord salué le travail d'Alvaro Uribe dans cette affaire. Il a aussi pressé les FARC d'arrêter «ce combat absurde et moyenâgeux». M. Sarkozy a précisé que «la France est prête à accueillir tous ceux [membres des FARC] qui accepteraient de renoncer à la lutte armée».
«Vous nous permettez de vivre le plus beau moment de notre vie», a pour sa part déclaré Mélanie, extrêmement émue, avant de remercier le président pour son action. «Il y a encore des otages dans la jungle, il ne faut pas les oublier», a-t-elle poursuivi. «Un processus a été enclenché, ils vont tous être libérés», voulait quant à lui croire son frère Lorenzo, pour qui «nous avons gagné un combat pour la liberté».
Le président colombien Alvaro Uribe marque lui aussi des points, tant dans son pays que sur la scène internationale, avec cette opération couronnée de succès. Hier, il s'est justement dit «très content» de la libération des 15 otages, avant d'aller à la rencontre de l'ex-candidate présidentielle. À travers son ministre de l'Intérieur, Facio Valencia Cossio, le président a fait savoir que «la fin des Forces armées révolutionnaires colombiennes est proche».
Les réactions ont par ailleurs été nombreuses un peu partout en Amérique latine. La présidente argentine, Cristina Kirchner, a salué «une victoire de la vie et de la liberté». Son homologue bolivien, Evo Morales, a estimé que la libération des otages était «extrêmement importante dans la quête de la paix» en Colombie. Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alejandro Foxley, a lui aussi souhaité que ce soit un premier pas vers «une paix permanente» en Colombie. «C'est le triomphe de la démocratie sur le terrorisme», a jugé le ministre péruvien des Affaires étrangères, José García Belaunde. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, «a exprimé sa satisfaction devant cette nouvelle tant attendue par la communauté internationale».
«Ces otages et beaucoup d'autres encore détenus en Colombie ont enduré des années de difficultés et de privations. L'enlèvement est un crime odieux et une violation flagrante du droit international humanitaire», a souligné le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, par voie de communiqué. Ce dernier a aussi appelé les FARC à «libérer immédiatement et sans conditions tous les otages qu'elles détiennent encore, dont la sécurité relève de leur responsabilité».
À Washington, le président George W. Bush a félicité son homologue et allié colombien. Lors d'un entretien téléphonique, «le président Bush a félicité le président Uribe et lui a dit qu'il était un dirigeant fort», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe.
L'ex-consul colombien à Montréal et président de «La Colombie vous invite», une association culturelle regroupant des membres de la communauté colombienne de Montréal, s'est dit soulagé de la libération d'Ingrid Betancourt. «C'est une journée très spéciale, de joie indescriptible», a déclaré au Devoir Fabio Avella, qui avait participé à Montréal à la grande marche mondiale du 4 février dernier pour réclamer la libération des otages. Il ne tarissait pas d'éloges à l'égard de l'armée colombienne et l'a félicitée d'avoir mené cette opération militaire «sans violence ni effusion de sang». «Plus qu'une libération d'otages, c'est un pas vers la paix», s'est-il réjoui. «Nous ne voulons pas de vainqueurs ni de vaincus. Nous savons qu'en termes militaires, les FARC perdent depuis fort longtemps. Mais de toute façon, [...] ce que nous voulons c'est parvenir à la paix», a dit M. Avella, en appelant à un désarmement garanti et surveillé par la communauté internationale.
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Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, la BBC, Le Monde et Reuters
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