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La formation d'un gouvernement presse au Liban

Beyrouth — Le président libanais, Michel Sleimane, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ont prévenu que la formation d'un gouvernement d'union nationale ne pouvait plus attendre et que les conséquences d'un nouveau retard pouvaient être graves pour le Liban.

«M. Sleimane a souligné l'importance de former le gouvernement dans les 48 heures», indique un communiqué de la présidence reçu hier.

«Toutes les parties doivent coopérer immédiatement pour faciliter la formation du gouvernement» d'union prévu par l'accord de Doha, a insisté le président, estimant qu'«aucune raison ne pouvait justifier» ce retard.

«Celui qui ne facilite pas [la formation du cabinet] commet une grave erreur envers la patrie et le peuple libanais», a-t-il accusé.

Même son de cloche chez le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui, avec le Qatar, a parrainé l'accord interlibanais de Doha ayant mis fin à une grave crise politique de près de deux ans et permis l'élection d'un président après six mois de vacance du pouvoir.

«Nous approchons de la ligne rouge», a déclaré M. Moussa, dans des propos publiés hier par le quotidien panarabe Asharq al-Awsat.

«Nous attendons de voir comment les hommes politiques libanais vont traiter la question de la formation du cabinet dans des circonstances extrêmement dangereuses et dont ils connaissent les retombées», a-t-il ajouté. Le chef de la Ligue arabe a souligné que le terrain restait «miné» au Liban, malgré l'accord de Doha, et que la solution ne pouvait venir «que de l'intérieur du pays».

Amr Moussa avait déjà exprimé, le 13 juin, ses «regrets» à l'égard du retard pris dans la formation du gouvernement, du fait des revendications politiques concernant la répartition des portefeuilles.

La composition du cabinet achoppe notamment sur une revendication du général Michel Aoun, dirigeant chrétien et chef du Courant patriotique libre (CPL, opposition), qui demande que le président Sleimane ne puisse désigner qu'un seul ministre et non deux à un des principaux portefeuilles dits «souverains» (Défense, Intérieur, Finances et Affaires étrangères).

L'accord de Doha, signé le 21 mai, a permis l'élection du général Michel Sleimane à la présidence de la République, le 25 mai.

Le premier ministre issu de la majorité soutenue par l'Occident, Fouad Siniora, a entamé fin mai ses consultations pour la formation du gouvernement, après avoir été reconduit dans ses fonctions par M. Sleimane.

L'accord de Doha prévoit l'instauration d'un gouvernement au sein duquel l'opposition, proche de Damas et Téhéran, dispose d'une minorité de blocage.

«La formation du gouvernement, telle que stipulée par l'accord de Doha, rend très difficile l'accomplissement de cette tâche, à moins que l'une des parties renonce à ses conditions», a affirmé l'analyste politique Nicolas Nassif.
 
 
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