Le ballon ridicule
Le déroulement de la compétition Euro 2008 a mis en relief certaines facettes, pour ne pas dire malaises, qui frappent le sport le plus populaire qui soit au monde. On fera l'impasse sur la naturalisation à une vitesse record, par le gouvernement suisse, d'un certain nombre de joueurs, dans le but évidemment d'étoffer le jeu de l'équipe nationale, pour mieux mettre l'accent sur le sujet qui divise, le sujet qui fâche.
Tout a débuté avec l'élimination de l'Angleterre lors des qualifications. Si l'absence de cette équipe a chagriné les citoyens de Sa Majesté, elle a surtout contrarié les dirigeants de la FIFA, la fédération internationale, comme ceux de l'UEFA, et certains groupes financiers qui gravitent autour du ballon. Car il n'a échappé à personne que, si l'Angleterre n'est pas de la compétition, elle a par contre fourni, si l'on ose dire, trois des quatre demi-finalistes du Championnat d'Europe des clubs champions.
Cette performance, unique dans l'histoire de ce sport, s'explique par un mot et un seul que tout un chacun aura deviné: l'argent. En effet, les propriétaires de Manchester United, de Liverpool et de Chelsea, dont aucun Britannique, ont dépensé des millions et des millions de dollars en mettant sous contrat les meilleurs joueurs du monde. Leur but ne consiste pas à dégager un rendement annuel moyen mais plutôt à augmenter la valeur de l'équipe. Bref, le bénéfice est enregistré lors de la vente à des tiers. Détail non négligeable et qui plaît beaucoup aux commanditaires: les propriétaires du Liverpool FC et du Manchester United le sont également du Canadien de Montréal et des Buccaners de Tampa Bay.
Toujours est-il que cette internationalisation d'équipes locales, dans le foot comme dans d'autres sports professionnels, s'étant traduite par une fragilisation de la majorité d'entre elles, les dirigeants de la FIFA et de l'UEFA sont partis en guerre. Président de la FIFA, Joseph Blatter propose de ramener à cinq, sur les onze qui composent une équipe de soccer, le nombre maximum d'étrangers. Le gouvernement italien s'est déclaré favorable à une telle modification.
Le hic, c'est qu'en la matière le dernier mot appartient à Bruxelles. La décision de donner ou pas satisfaction à une majorité de propriétaires et d'amateurs revient effectivement aux dirigeants de l'Union européenne qui, dans une décision arrêtée en 1995, avaient donné leur aval à la libre circulation des athlètes professionnels. Soit, outre ceux du football, ceux du hockey, ceux du basket, du rugby, etc.
On l'aura compris, si jamais Bruxelles donne satisfaction à Blatter et aux propriétaires des clubs ne pouvant pas se «payer» les stars du ballon rond, alors les profils des autres sports seront totalement chamboulés. Et les commanditaires seront condamnés à un abonnement aux maux de tête car, à la faveur de l'arrêt de 1995, ils se sont immiscés dans tous les interstices mis à jour. Par exemple, en Autriche, pays hôte de l'Euro 2008, les noms des équipes ne sont plus ceux des villes où elles évoluent mais bien ceux des marques de commerce qui les commanditent. Ainsi, tous les dimanches, Red Bull affronte Cashpoint, quand ce n'est pas Interwetten.com ou Bet-at-Home ou encore Kika-Lutz évoluant dans le stade Carlsberg ou Heineken. Bref, la situation est aussi ridicule que vulgaire.
Tout a débuté avec l'élimination de l'Angleterre lors des qualifications. Si l'absence de cette équipe a chagriné les citoyens de Sa Majesté, elle a surtout contrarié les dirigeants de la FIFA, la fédération internationale, comme ceux de l'UEFA, et certains groupes financiers qui gravitent autour du ballon. Car il n'a échappé à personne que, si l'Angleterre n'est pas de la compétition, elle a par contre fourni, si l'on ose dire, trois des quatre demi-finalistes du Championnat d'Europe des clubs champions.
Cette performance, unique dans l'histoire de ce sport, s'explique par un mot et un seul que tout un chacun aura deviné: l'argent. En effet, les propriétaires de Manchester United, de Liverpool et de Chelsea, dont aucun Britannique, ont dépensé des millions et des millions de dollars en mettant sous contrat les meilleurs joueurs du monde. Leur but ne consiste pas à dégager un rendement annuel moyen mais plutôt à augmenter la valeur de l'équipe. Bref, le bénéfice est enregistré lors de la vente à des tiers. Détail non négligeable et qui plaît beaucoup aux commanditaires: les propriétaires du Liverpool FC et du Manchester United le sont également du Canadien de Montréal et des Buccaners de Tampa Bay.
Toujours est-il que cette internationalisation d'équipes locales, dans le foot comme dans d'autres sports professionnels, s'étant traduite par une fragilisation de la majorité d'entre elles, les dirigeants de la FIFA et de l'UEFA sont partis en guerre. Président de la FIFA, Joseph Blatter propose de ramener à cinq, sur les onze qui composent une équipe de soccer, le nombre maximum d'étrangers. Le gouvernement italien s'est déclaré favorable à une telle modification.
Le hic, c'est qu'en la matière le dernier mot appartient à Bruxelles. La décision de donner ou pas satisfaction à une majorité de propriétaires et d'amateurs revient effectivement aux dirigeants de l'Union européenne qui, dans une décision arrêtée en 1995, avaient donné leur aval à la libre circulation des athlètes professionnels. Soit, outre ceux du football, ceux du hockey, ceux du basket, du rugby, etc.
On l'aura compris, si jamais Bruxelles donne satisfaction à Blatter et aux propriétaires des clubs ne pouvant pas se «payer» les stars du ballon rond, alors les profils des autres sports seront totalement chamboulés. Et les commanditaires seront condamnés à un abonnement aux maux de tête car, à la faveur de l'arrêt de 1995, ils se sont immiscés dans tous les interstices mis à jour. Par exemple, en Autriche, pays hôte de l'Euro 2008, les noms des équipes ne sont plus ceux des villes où elles évoluent mais bien ceux des marques de commerce qui les commanditent. Ainsi, tous les dimanches, Red Bull affronte Cashpoint, quand ce n'est pas Interwetten.com ou Bet-at-Home ou encore Kika-Lutz évoluant dans le stade Carlsberg ou Heineken. Bref, la situation est aussi ridicule que vulgaire.
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