Le Coréen roué
Dans le dossier du nucléaire nord-coréen, les acteurs concernés sont encore loin de la coupe aux lèvres. En effet, à la suite de la communication de documents afférents au programme nord-coréen, saluée par un président Bush en mal d'un succès diplomatique d'ici la fin de son mandat, un fait demeure: les autorités japonaises et sud-coréennes peinent à cacher leur colère. Déclinons.
Selon le protocole négocié par la Chine, la Russie, le Japon, les États-Unis et les deux Corées, les Nord-Coréens devaient transmettre un inventaire évidemment détaillé de leur mécanique nucléaire en décembre 2007. Au terme de ce délai, Kim Jong-il a fait comme il faisait lorsque Clinton était président et continue de faire depuis l'intronisation de Bush: créer un rapport de force à la faveur de chaque délai. Bref, il a obtenu une rallonge.
En avril dernier, soit quatre mois après les termes fixés dans le calendrier par les six représentants concernés, Kim Jong-il et le négociateur américain Christopher Hill ont convenu d'un compromis: une portion des documents fournis par les Coréens ne sera pas divulguée et la République populaire démocratique de Corée se contenterait de «prendre note» des exigences américaines.
Dans la logique de cet accord, le dictateur coréen a remis des textes qui se distinguent par des absences majeures: le nombre des bombes déjà fabriquées n'est pas spécifié, le nombre d'engins susceptibles d'être produits grâce au stock d'uranium enrichi ne l'est pas non plus, et, pour ce qui est des relations établies avec la Syrie sur le front toujours nucléaire, c'est également motus et bouche cousue.
Malgré tout, le gouvernement Bush s'est déclaré suffisamment satisfait pour annoncer que le nom de la Corée du Nord serait rayé de la liste des États voyous d'ici 45 jours. Une fois cette mesure en vigueur, il est important de le retenir, Kim Jong-il aura accès aux programmes d'aide des États-Unis, il pourra également déposer des demandes de prêt auprès d'organismes internationaux comme la Banque mondiale et le FMI.
L'évolution du dossier étant ce qu'elle est, la Corée du Sud ainsi que le Japon ne décolèrent pas. Ils sont particulièrement outrés par la disparition de la Corée de la liste mentionné. Les responsables sud-coréens jugent que, en matière militaire, Kim Jong-il a berné une fois de plus tous les acteurs du dossier en prenant un soin particulier à repousser à une date ultérieure la communication d'informations sensibles relatives en particulier à la sécurité des Sud-Coréens.
Les Japonais, eux, ne décolèrent pas pour la simple et tragique raison que la liste des Japonais kidnappés dans les années 70 et 80 n'a toujours pas été transmise. En un mot, les Japonais ont le sentiment d'être les victimes d'un marché de dupes. Mais bon... Bush est content. Le plus drôle, le plus cocasse, si l'on peut dire, c'est qu'il reviendra au prochain président des États-Unis de négocier la suite des choses. On peut être certain que, après avoir discuté avec Clinton et Bush seize ans durant — 16 ans! —, Kim Jong-il peaufine sa méthode afin «d'user» le prochain locataire de la Maison-Blanche.
Selon le protocole négocié par la Chine, la Russie, le Japon, les États-Unis et les deux Corées, les Nord-Coréens devaient transmettre un inventaire évidemment détaillé de leur mécanique nucléaire en décembre 2007. Au terme de ce délai, Kim Jong-il a fait comme il faisait lorsque Clinton était président et continue de faire depuis l'intronisation de Bush: créer un rapport de force à la faveur de chaque délai. Bref, il a obtenu une rallonge.
En avril dernier, soit quatre mois après les termes fixés dans le calendrier par les six représentants concernés, Kim Jong-il et le négociateur américain Christopher Hill ont convenu d'un compromis: une portion des documents fournis par les Coréens ne sera pas divulguée et la République populaire démocratique de Corée se contenterait de «prendre note» des exigences américaines.
Dans la logique de cet accord, le dictateur coréen a remis des textes qui se distinguent par des absences majeures: le nombre des bombes déjà fabriquées n'est pas spécifié, le nombre d'engins susceptibles d'être produits grâce au stock d'uranium enrichi ne l'est pas non plus, et, pour ce qui est des relations établies avec la Syrie sur le front toujours nucléaire, c'est également motus et bouche cousue.
Malgré tout, le gouvernement Bush s'est déclaré suffisamment satisfait pour annoncer que le nom de la Corée du Nord serait rayé de la liste des États voyous d'ici 45 jours. Une fois cette mesure en vigueur, il est important de le retenir, Kim Jong-il aura accès aux programmes d'aide des États-Unis, il pourra également déposer des demandes de prêt auprès d'organismes internationaux comme la Banque mondiale et le FMI.
L'évolution du dossier étant ce qu'elle est, la Corée du Sud ainsi que le Japon ne décolèrent pas. Ils sont particulièrement outrés par la disparition de la Corée de la liste mentionné. Les responsables sud-coréens jugent que, en matière militaire, Kim Jong-il a berné une fois de plus tous les acteurs du dossier en prenant un soin particulier à repousser à une date ultérieure la communication d'informations sensibles relatives en particulier à la sécurité des Sud-Coréens.
Les Japonais, eux, ne décolèrent pas pour la simple et tragique raison que la liste des Japonais kidnappés dans les années 70 et 80 n'a toujours pas été transmise. En un mot, les Japonais ont le sentiment d'être les victimes d'un marché de dupes. Mais bon... Bush est content. Le plus drôle, le plus cocasse, si l'on peut dire, c'est qu'il reviendra au prochain président des États-Unis de négocier la suite des choses. On peut être certain que, après avoir discuté avec Clinton et Bush seize ans durant — 16 ans! —, Kim Jong-il peaufine sa méthode afin «d'user» le prochain locataire de la Maison-Blanche.
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