La crise se prolonge en Bolivie
Une quatrième région fait le choix de l'autonomie
23 juin 2008
Actualités internationales
Tarija, Bolivie — Les partisans de l'autonomie de la région bolivienne de Tarija ont remporté hier une écrasante victoire par près de 80 % des votants lors d'un référendum considéré comme «illégal» par le gouvernement socialiste d'Evo Morales, assurent les sondages concordants des chaînes de télévision.
L'ensemble des chaînes de télévision donnent une victoire massive du «oui» par environ 80 % selon des sondages effectués à la sortie des urnes. La chaîne ATB crédite les partisans de l'autonomie de 80,3 % contre 19,7 % pour le «non» et 34,8 % d'abstention. Les autres chaînes, PAT et UNITEL, ont diffusé des résultats similaires.
Le référendum s'est terminé hier soir dans le calme, bien que certains bureaux de vote n'aient pas pu fonctionner, a déclaré le président de la Cour électorale régionale, Mario Guzman.
Ce référendum régional sur l'autonomie a été qualifié de nouveau d'«illégal», hier soir, par le porte-parole du gouvernement M. Ivan Canelas. Pour le président de la Cour électorale régionale, il y a eu des incidents isolés et «quatre bureaux de vote n'ont pu fonctionner, ce qui allait entraîner une baisse de la participation des citoyens».
La presse locale affirme que des bureaux de vote des bourgades de Yacuiba et Bermejo dans l'est de la région n'ont pas pu ouvrir par manque de sécurité.
Deux cents partisans d'Evo Morales et membres du Mouvement des sans-abri avaient dressé hier une barricade de troncs et de pierres sur la route du nord menant à Potosi et à La Paz. Quelques centaines de mètres plus loin, c'étaient une quarantaine de jeunes âgés de 18 à 25 ans, appartenant à l'Union des jeunes autonomistes de Beni, région favorable à l'autonomie, qui avaient installé un barrage.
Région agricole et viticole du sud du pays, la province de Tarija, qui compte quelque 400 000 habitants, recèle 85 % des réserves de gaz et représente 13 % du PIB bolivien. C'est la quatrième province, «rebelle» selon les autorités de la Paz, à voter massivement pour l'autonomie lors d'un référendum non reconnu par le gouvernement de gauche.
La région de Santa Cruz (est), moteur économique du pays andin, a déjà organisé un référendum d'autonomie en mai, suivie en juin par les provinces amazoniennes de Pando et Beni (nord). Le statut d'autonomie administrative et financière y a été voté massivement.
La campagne électorale s'est déroulée sans violence dans cette région frontalière de l'Argentine et du Paraguay, culminant avec une manifestation de 10 000 partisans du oui en présence du gouverneur Mario Cossio (droite).
Ce référendum se déroule au moment où la Bolivie, pays de 9 millions d'habitants, traverse une grave crise politique et sociale.
Le dialogue est complètement bloqué depuis des mois entre le gouvernement de M. Morales, premier président amérindien de Bolivie, et l'opposition conservatrice du parti Podemos allié aux gouverneurs des quatre provinces autonomistes, notamment la puissante région de Santa Cruz.
Pour tenter de sortir de la crise, Evo Morales a convoqué pour le 10 août un référendum national, remettant en jeu son mandat de président, celui du vice-président et ceux des neuf gouverneurs de région, dont six sont opposés à sa politique.
Le pays apparaît coupé en deux: d'un côté, le gouvernement du président Morales qui a replacé sous le contrôle de l'État des secteurs-clés de l'économie nationale, comme les hydrocarbures, et mis en place une politique de redistribution en faveur des paysans quechuas et aymaras des régions andines pauvres du pays. De l'autre côté, les opposants de droite et les chefs d'entreprises, qui critiquent cette politique anti-libérale qui a fait fuir les investissements, notamment dans le secteur énergétique.
Pays pauvre du continent, mais pourvu de richesses minières (étain, fer, cuivre...), la Bolivie possède la deuxième réserve de gaz d'Amérique du Sud après celle du Venezuela.
L'ensemble des chaînes de télévision donnent une victoire massive du «oui» par environ 80 % selon des sondages effectués à la sortie des urnes. La chaîne ATB crédite les partisans de l'autonomie de 80,3 % contre 19,7 % pour le «non» et 34,8 % d'abstention. Les autres chaînes, PAT et UNITEL, ont diffusé des résultats similaires.
Le référendum s'est terminé hier soir dans le calme, bien que certains bureaux de vote n'aient pas pu fonctionner, a déclaré le président de la Cour électorale régionale, Mario Guzman.
Ce référendum régional sur l'autonomie a été qualifié de nouveau d'«illégal», hier soir, par le porte-parole du gouvernement M. Ivan Canelas. Pour le président de la Cour électorale régionale, il y a eu des incidents isolés et «quatre bureaux de vote n'ont pu fonctionner, ce qui allait entraîner une baisse de la participation des citoyens».
La presse locale affirme que des bureaux de vote des bourgades de Yacuiba et Bermejo dans l'est de la région n'ont pas pu ouvrir par manque de sécurité.
Deux cents partisans d'Evo Morales et membres du Mouvement des sans-abri avaient dressé hier une barricade de troncs et de pierres sur la route du nord menant à Potosi et à La Paz. Quelques centaines de mètres plus loin, c'étaient une quarantaine de jeunes âgés de 18 à 25 ans, appartenant à l'Union des jeunes autonomistes de Beni, région favorable à l'autonomie, qui avaient installé un barrage.
Région agricole et viticole du sud du pays, la province de Tarija, qui compte quelque 400 000 habitants, recèle 85 % des réserves de gaz et représente 13 % du PIB bolivien. C'est la quatrième province, «rebelle» selon les autorités de la Paz, à voter massivement pour l'autonomie lors d'un référendum non reconnu par le gouvernement de gauche.
La région de Santa Cruz (est), moteur économique du pays andin, a déjà organisé un référendum d'autonomie en mai, suivie en juin par les provinces amazoniennes de Pando et Beni (nord). Le statut d'autonomie administrative et financière y a été voté massivement.
La campagne électorale s'est déroulée sans violence dans cette région frontalière de l'Argentine et du Paraguay, culminant avec une manifestation de 10 000 partisans du oui en présence du gouverneur Mario Cossio (droite).
Ce référendum se déroule au moment où la Bolivie, pays de 9 millions d'habitants, traverse une grave crise politique et sociale.
Le dialogue est complètement bloqué depuis des mois entre le gouvernement de M. Morales, premier président amérindien de Bolivie, et l'opposition conservatrice du parti Podemos allié aux gouverneurs des quatre provinces autonomistes, notamment la puissante région de Santa Cruz.
Pour tenter de sortir de la crise, Evo Morales a convoqué pour le 10 août un référendum national, remettant en jeu son mandat de président, celui du vice-président et ceux des neuf gouverneurs de région, dont six sont opposés à sa politique.
Le pays apparaît coupé en deux: d'un côté, le gouvernement du président Morales qui a replacé sous le contrôle de l'État des secteurs-clés de l'économie nationale, comme les hydrocarbures, et mis en place une politique de redistribution en faveur des paysans quechuas et aymaras des régions andines pauvres du pays. De l'autre côté, les opposants de droite et les chefs d'entreprises, qui critiquent cette politique anti-libérale qui a fait fuir les investissements, notamment dans le secteur énergétique.
Pays pauvre du continent, mais pourvu de richesses minières (étain, fer, cuivre...), la Bolivie possède la deuxième réserve de gaz d'Amérique du Sud après celle du Venezuela.
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