Les Philippines sont ravagées par un typhon meurtrier
Au moins 137 personnes sont décédées et plusieurs centaines d'autres sont toujours portées disparues
23 juin 2008
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Les proches des passagers du MV Princess of Stars ont reçu peu de bonnes nouvelles hier. Le ferry — à bord duquel se trouvaient 626 passagers et 121 membres d’équipage — s’est échoué samedi, avant de faire naufrage.
Manille, Philippines — Au moins 137 morts, des centaines de disparus, dont plus de 700 après le naufrage d'un ferry et des localités entières submergées par les eaux: le typhon Fengshen a été dévastateur aux Philippines. Hier, la terrible attente de familles sans nouvelles de leurs proches s'ajoutait aux scènes de désolation et aux dégâts ayant entraîné le déplacement de milliers de personnes.
Plus de 24 heures après la perte de tout contact radio, un bâtiment de secours a réussi à atteindre malgré d'immenses vagues le MV Princess of Stars, dont l'une des extrémités pointait hors de l'eau à l'envers. Le ferry — à bord duquel se trouvaient 626 passagers et 121 membres d'équipage — s'est échoué samedi à quelques kilomètres au large de l'île de Sibuyan (centre), avant de faire naufrage, d'après Nanette Tansingco, maire de San Fernando, une localité de l'île.
Seuls dix occupants du ferry ont réussi à gagner la rive et d'après deux d'entre eux, des centaines de personnes pourraient avoir été prises au piège à l'intérieur du bateau. Reynato Lanoria, l'un des rescapés, a estimé à une centaine seulement le possible nombre de survivants. «Je pense que [les autres] sont tous morts maintenant», a-t-il dit à la radio DZMM après avoir rejoint la rive au moyen d'un radeau de sauvetage.
Certains des rescapés ont été signalés à Mabini sur l'île de Sibuyan, village où des policiers ont reçu l'ordre de se rendre. Mais toutes les routes menant à la commune, où nombre de maisons ont été emportées par d'énormes vagues, étaient bloquées par des arbres déracinés, a précisé Mme Tansingco à la radio DZBB. Elle a appelé à la fourniture de vivres, de médicaments et de formol, s'attendant apparemment à de nombreux décès dans sa commune.
Les sauveteurs «étudient la direction des vagues pour déterminer l'endroit où des survivants pourraient avoir dérivé», a de son côté déclaré Arman Balilo, porte-parole des garde-côtes.
Des villageois ont découvert les corps de six personnes — dont ceux d'un homme ou d'une femme qui avaient choisi de lier leur destinée, en s'attachant ensemble — à côté de pantoufles d'enfants et de gilets de sauvetage rejetés vers la rive par les vagues.
Le bilan national s'élevait hier à au moins 137 morts, selon le sénateur Richard Gordon, directeur de la Croix-Rouge philippine. Il avait initialement fait état de 155 personnes décédées, mais a précisé que certains corps avaient été comptés deux fois. D'après lui, le chiffre, ne tenant pas compte des victimes du naufrage du ferry, s'appuie sur les informations rassemblées par les équipes de l'organisation sur le terrain. Richard Gordon a annoncé qu'il avait demandé aux autorités américaines d'apporter leur aide pour trouver d'éventuels survivants à l'intérieur du MV Princess of Stars.
Les proches des disparus étaient rongés par l'inquiétude. «Je dois savoir ce qui s'est passé pour ma famille», expliquait Felino Farionin, parmi la vingtaine de personnes attendant des nouvelles au bureau de Sulpicio Lines, à Manille.
Partie samedi pour les États-Unis, la présidente des Philippines Gloria Macapagal Arroyo a réprimandé hier lors d'une conférence retransmise à la radio les responsables des garde-côtes pour avoir autorisé le ferry à quitter Manille vendredi en dépit du mauvais temps.
Le pape Benoît XVI a précisé hier qu'il priait pour les victimes du drame. Les Philippines sont un pays à majorité catholique.
Sur l'ensemble des personnes décédées, 59 ont péri noyées dans la province d'Iloilo (centre), selon le gouverneur Neil Tupaz. «Pratiquement toutes les villes sont couvertes d'eau. C'est comme un océan», a-t-il expliqué, ajoutant que des milliers d'habitants avaient été déplacés dans la province où vivent 1,7 million de personnes.
Dans la province de Maguindanao, au sud, au moins 14 personnes se sont noyées en raison d'inondations éclair, a précisé Norie Unas, administrateur de la province qui a également fait état de cinq disparus. Pendant près de quatre heures samedi, le typhon a balayé le centre du pays, provoquant glissements de terrain, inondations, et coupures d'électricité, tandis que des maisons perdaient leur toit.
Plus de 24 heures après la perte de tout contact radio, un bâtiment de secours a réussi à atteindre malgré d'immenses vagues le MV Princess of Stars, dont l'une des extrémités pointait hors de l'eau à l'envers. Le ferry — à bord duquel se trouvaient 626 passagers et 121 membres d'équipage — s'est échoué samedi à quelques kilomètres au large de l'île de Sibuyan (centre), avant de faire naufrage, d'après Nanette Tansingco, maire de San Fernando, une localité de l'île.
Seuls dix occupants du ferry ont réussi à gagner la rive et d'après deux d'entre eux, des centaines de personnes pourraient avoir été prises au piège à l'intérieur du bateau. Reynato Lanoria, l'un des rescapés, a estimé à une centaine seulement le possible nombre de survivants. «Je pense que [les autres] sont tous morts maintenant», a-t-il dit à la radio DZMM après avoir rejoint la rive au moyen d'un radeau de sauvetage.
Certains des rescapés ont été signalés à Mabini sur l'île de Sibuyan, village où des policiers ont reçu l'ordre de se rendre. Mais toutes les routes menant à la commune, où nombre de maisons ont été emportées par d'énormes vagues, étaient bloquées par des arbres déracinés, a précisé Mme Tansingco à la radio DZBB. Elle a appelé à la fourniture de vivres, de médicaments et de formol, s'attendant apparemment à de nombreux décès dans sa commune.
Les sauveteurs «étudient la direction des vagues pour déterminer l'endroit où des survivants pourraient avoir dérivé», a de son côté déclaré Arman Balilo, porte-parole des garde-côtes.
Des villageois ont découvert les corps de six personnes — dont ceux d'un homme ou d'une femme qui avaient choisi de lier leur destinée, en s'attachant ensemble — à côté de pantoufles d'enfants et de gilets de sauvetage rejetés vers la rive par les vagues.
Le bilan national s'élevait hier à au moins 137 morts, selon le sénateur Richard Gordon, directeur de la Croix-Rouge philippine. Il avait initialement fait état de 155 personnes décédées, mais a précisé que certains corps avaient été comptés deux fois. D'après lui, le chiffre, ne tenant pas compte des victimes du naufrage du ferry, s'appuie sur les informations rassemblées par les équipes de l'organisation sur le terrain. Richard Gordon a annoncé qu'il avait demandé aux autorités américaines d'apporter leur aide pour trouver d'éventuels survivants à l'intérieur du MV Princess of Stars.
Les proches des disparus étaient rongés par l'inquiétude. «Je dois savoir ce qui s'est passé pour ma famille», expliquait Felino Farionin, parmi la vingtaine de personnes attendant des nouvelles au bureau de Sulpicio Lines, à Manille.
Partie samedi pour les États-Unis, la présidente des Philippines Gloria Macapagal Arroyo a réprimandé hier lors d'une conférence retransmise à la radio les responsables des garde-côtes pour avoir autorisé le ferry à quitter Manille vendredi en dépit du mauvais temps.
Le pape Benoît XVI a précisé hier qu'il priait pour les victimes du drame. Les Philippines sont un pays à majorité catholique.
Sur l'ensemble des personnes décédées, 59 ont péri noyées dans la province d'Iloilo (centre), selon le gouverneur Neil Tupaz. «Pratiquement toutes les villes sont couvertes d'eau. C'est comme un océan», a-t-il expliqué, ajoutant que des milliers d'habitants avaient été déplacés dans la province où vivent 1,7 million de personnes.
Dans la province de Maguindanao, au sud, au moins 14 personnes se sont noyées en raison d'inondations éclair, a précisé Norie Unas, administrateur de la province qui a également fait état de cinq disparus. Pendant près de quatre heures samedi, le typhon a balayé le centre du pays, provoquant glissements de terrain, inondations, et coupures d'électricité, tandis que des maisons perdaient leur toit.
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