samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'Argentine en crise (1) - Le «campo» contre le pouvoir politique

Arrestation, samedi dernier, d’Alfredo De Angeli, leader emblématique de la crise agricole en Argentine. Outrés, les grévistes ont repris d’assaut les routes du pays.
Photo : Agence Reuters
Arrestation, samedi dernier, d’Alfredo De Angeli, leader emblématique de la crise agricole en Argentine. Outrés, les grévistes ont repris d’assaut les routes du pays.
Depuis trois mois déjà, l'Argentine est happée par un conflit agricole opposant le gouvernement de Cristina Kirchner et les agriculteurs. Devant la reprise récente des barrages routiers qui empêchent le ravitaillement des villes, la population est prise en otage. Déjà au bord de la crise alimentaire en raison de la hausse spectaculaire de la production de soja, le pays est désormais en proie à la plus grande crise politique depuis l'effondrement financier en 2001-02. Premier d'une série de trois textes.

Buenos Aires — Rien ne va plus dans la République argentine. Les manifestations et les blocages routiers des derniers jours, tant du côté des sympathisants des agriculteurs que du côté de ceux du gouvernement, ou encore des «pro-dialogue», ont profondément divisé la société argentine et mis à mal le pays, parmi les plus grands producteurs d'aliments dans le monde. Sans approvisionnement en produits laitiers, en fruits et légumes et en carburant pour les voitures et les autobus, la population est prise en otage. Et le gouvernement, lui, se trouve au pied du mur.

Dans les coulisses du pouvoir — et dans les éditos des grands quotidiens argentins —, on chuchote déjà que le règne de Cristina Fernández Kirchner achève. Surnommée la «reine Cristina», l'élégante présidente avait pourtant remporté les élections d'octobre dernier en promettant de reconstruire la diplomatie, d'apaiser les tensions sociales et de préserver les spectaculaires rendements économiques de l'Argentine. Mais la mesure prise par cette ex-première dame pour freiner la montée spectaculaire du prix des aliments a été d'augmenter, une fois de plus, la taxe à l'exportation de certaines monocultures, dont le soja. Et finalement, ce qui devait arriver arriva.

Sitôt annoncée en mars dernier, cette mesure restrictive, faisant passer de 35 % à 44 % cette taxe à l'exportation du soya, a fait bondir les quatre grandes organisations réunissant le secteur employeur de la production agricole du pays. Même si elle concerne les exportateurs, cette taxe allait avoir un effet direct sur les grandes entreprises agricoles, mais également sur les petites, qui ont vertement critiqué ce «coup bas» du gouvernement. L'Argentine exporte normalement des produits agricoles et agroalimentaires pour une valeur de quelque 35 milliards de dollars, soit plus de la moitié des exportations totales du pays (55 milliards de dollars).

Grèves, lock-out partiel, blocages de route, manifestations dans les rues... Furieux, les différents groupes de producteurs agricoles se sont unis dans une campagne de protestation sans précédent et ont bloqué pendant des jours la commercialisation de grains (céréales et soja) à destination des marchés étrangers. Un coup dur pour un pays qui occupe le premier rang mondial pour l'exportation de produits dérivés du soja et le troisième pour l'exportation de fèves de cet oléagineux. Résultat? En plus d'empêcher le ravitaillement des supermarchés partout dans le pays, ils ont obtenu la tête du ministre de l'Économie.

C'est un discours de la présidente accusant les agriculteurs «d'extorsion» et de «sédition» le 25 mars dernier qui avait véritablement déchaîné les passions: plusieurs cacerolazos ont eu lieu, dont un grand sur la plaza de Mayo dans la capitale, rappelant étrangement les concerts de casseroles de la classe moyenne lors de la crise économique de 2002. Sauf que cette fois, une partie du secteur populaire est sortie pour appuyer le gouvernement et protester contre les manifestants issus du «campo», traditionnellement antipéronistes, qu'ils ont qualifiés «d'oligarques» et de «piqueteurs VIP».

Un conflit dans l'impasse

Alfredo De Angeli est le héros du «campo». Leader emblématique de la crise agricole, ce producteur titulaire de la Fédération agraire de la province de Entre Rios, une région dans l'épicentre du conflit, est le porte-parole officieux des agriculteurs de la campagne argentine. «Ça fait des années qu'on se bat. La hausse des [tarifs douaniers] est la goutte qui a fait déborder le vase», n'avait-il cessé de répéter, frondeur, aux caméras qui l'ont filmé durant les manifestations qu'il organisait ce printemps.

Connu de tous, l'homme à la bouille sympathique a été notamment à la tête du blocage de la route 14, au nord de la capitale, qui a duré trois semaines en avril. Excédés par les pertes qu'ils ont subies, les transporteurs céréaliers se sont eux aussi ajoutés au conflit. «Nous ne sommes pas responsables de la crise alimentaire. Si ce n'était pas déjà le cas, on nous aurait ignorés, avait affirmé Alfredo De Angeli aux journalistes. Le gouvernement n'est pas content? Qu'il nous dise comment faire. Nous, on a essayé tous les moyens.»

Le «moyen» qu'a trouvé le gouvernement pour dénouer temporairement la crise a été d'arrêter Alfredo De Angeli ainsi qu'une vingtaine de dirigeants agricoles, pour les libérer quelques heures plus tard, cédant à un tollé de protestations. Les barrages qui commençaient à provoquer des problèmes de plus en plus sérieux de ravitaillement avaient pourtant commencé à être levés samedi matin à la suite d'un accord.

Depuis, les grévistes, outrés, ont repris d'assaut les routes du pays. D'une part, des sympathisants, toujours munis de casseroles, sont ressortis dans les rues pour appuyer le «campo». Des partisans du couple Kirchner — le mari de Cristina, Nestor Kirchner, a décidé de s'en mêler en tant que chef du Parti justicialiste et ancien président encore très influent — devaient tenir aujourd'hui une autre grande manifestation sur la plaza de Mayo, à laquelle promet de se mêler un secteur dit «impartial» de la population qui demande un retour aux négociations. La tension est à son comble.

La menace du soja

Vu du ciel, au temps des récoltes, la campagne argentine est une mine d'or à ciel ouvert. D'abord pour les champs de soja, dont les grains dorés scintillent comme des pépites sous le soleil déclinant de l'automne austral. Mais aussi pour les milliards de pesos argentins que rapporte chaque année la récolte au gouvernement, aux producteurs agricoles et aux quelques multinationales investissant dans la culture de cette plante herbacée.

Le pays a d'ailleurs considérablement élargi sa production au cours des dernières années. Tellement qu'on parle du phénomène de la «sojizacion». D'après les données du ministère de l'Agriculture argentin, alors que la culture du soja se déployait sur cinq millions d'hectares il y a dix ans, elle en couvre désormais plus de 16 millions. Environ 11 millions de tonnes étaient cultivées à l'époque contre 50 millions de tonnes aujourd'hui, une quantité qui génère des rentrées fiscales de 11 milliards de dollars.

Crise du pétrole intensifiée, cas de «vache folle», hausse de la demande mondiale de soja: les raisons du boom du soja des dernières années sont nombreuses. Aujourd'hui, la quasi-totalité de la production s'exporte, notamment pour nourrir le bétail en Europe et en Chine. Il en va de même pour plusieurs autres produits, comme la viande, qui, même s'ils sont consommés par les Argentins, sont vendus sur les marchés extérieurs en raison des plus grands profits qu'ils génèrent. Ce qui a mis la table pour une crise alimentaire.

Ayant pris rapidement de l'expansion, le soja occupe désormais 54 % des 30 millions d'hectares de terres à grains du pays. Des espaces qui étaient autrefois réservés à la culture des aliments de base. En tout, ce sont 200 000 hectares consacrés aux fruits et légumes qui ont été grugés par la culture de cet oléagineux, créant ainsi une rareté. Les prix des aliments ont ensuite monté en flèche. Ainsi, un kilo d'oranges ou de tomates coûte aujourd'hui quatre fois plus cher qu'en 2001.

La fin d'un règne?

Les Argentins commencent de plus en plus à douter que le gouvernement péroniste au pouvoir soit apte à dénouer la crise. Selon un récent sondage mené en mai dernier par la firme argentine Poliarquía, la cote de popularité de Cristina Kirchner a chuté à 26 %, alors qu'elle atteignait 56 % au début de son mandat en décembre 2007. «Le conflit agricole affecte l'image du gouvernement, [alors que croissent] la désapprobation de la gestion économique et l'opinion que ce gouvernement ne sait pas comment résoudre les problèmes du pays», a analysé Alejandro Catterberg, directeur de la firme de sondage.

Mettant brutalement fin à ses cent jours de grâce, la crise agricole a porté un dur coup à la présidente. Par ses discours que plusieurs ont jugés intransigeants et autoritaires, l'ex-sénatrice, que l'on compare souvent à Hillary Clinton, a vu son image se ternir quelque peu. Tandis que la présidente paie le prix du bilan mitigé de son mari et prédécesseur, il se pourrait bien que l'âge d'or des Kirchner — qu'on soupçonnait de vouloir garder le pouvoir, en alternance, jusqu'en 2019 — soit effectivement déjà terminé.

***

Demain: la crise socioéconomique dans la province du Chaco, surnommée l'Afrique de l'Argentine.

Reportage réalisé avec l'appui financier de l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 18 juin 2008 08h47
    Une vision, pour le moins... étrange!
    Nous avons ici, un texte emboîtant le bas, à ce que l'on peut appeler, le terrorisme médiatique.

    «L'Argentine en crise»

    Une crise fabriquée.

    Vous souvenez-vous de la crise terrible qui a aussi pris la population en otage au Venezuela en 2002?
    Vous souvenez-vous de la crise des camionneurs qui avait mis à mal le gouvernement de Salvador Allende en 1972-73?

    Partout où l'ON veut faire tomber un gouvernement, ON provoque des crises, des grèves qui paralysent le pays et prennent en otage la population pour que celle-ci rejette le gouvernement.
    Cette technique devrait être enseignée dans les cours de journalisme. C'est une méthode efficace et très utilisée.
    On pourrait alors s'attarder sur les causes profondes de cette grève, sur les enjeux à long terme, sur le "ON" qui les provoque.
    Partout où l'ON veut faire tomber un gouvernement, ON provoque des crises.


    Cristina Fernandez que l'on appelle ici, Kirchner, le nom de son mari que l'on aime pas parce que trop ami avec le gros Chávez qui aime trop le démon de Fidel et le communisme de Cuba.

    Un des éléments de base au terrorisme médiatique, est de bien diaboliser le ou la présidente à détruire. On l'attaque comme on peut.
    Mme Fernandez, n'avait pas encore été élue qu'on la traitait de trop "pitoune" (j'utilise le terme "pitoune" en référence au texte de Lise Payette: "Le pouvoir de la pitoune"
    http://www.ledevoir.com/2008/06/13/193747.html )

    On parlait aussi du clan Kirchner, de la monarchie Kirchner. On disait que le méchant Nestor, l'ami du gros verrat de Chávez, ne cédait qu'en apparence le pouvoir. Il faisait élire sa femme "pitoune" tout en continuant de guider le pays vers le chaos du socialisme, ce modèle politique qui met en premier le bien-être de la majorité.

    «Surnommée la «reine Cristina», l'élégante présidente... »
    Voilà, subtilement, le jeu de l'altération de l'image.

    Je recommande à tous de visionner le discours de Cristina Fernandez dont parle Mme Gervais. Un des meilleurs discours politiques des dernières années.
    http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/p

    Elle attaque en soulignant la difficulté d'être une femme politique (réf. au texte de Lise Payette "Le pouvoir de la Pitoune") et ensuite élabore sur sa vision du pouvoir et l'être humain. Pour elle le pouvoir comme un être humain se conforme à quatre thèmes de base. 1- La rationalité, 2- La sincérité 3- La sensibilité, 4- La responsabilité.
    Même sans connaître l'espagnol, vous pourrez juger si son discours est comme l'affirme Mme Gervais: «discours que plusieurs ont jugés intransigeants et autoritaires»

    Bien entendu un discours de Présidente digne et ayant l'appui de la population se doit d'être volontaire. Un ou une présidente doit savoir où elle va et le dire clairement sans faiblesse. Elle laissera la population la juger par la suite.


    Une crise fabriquée

    Le terrorisme médiatique vous inculque que tout va mal en Argentine.
    «le pays est désormais en proie à la plus grande crise politique depuis l'effondrement financier en 2001-02.»

    Que le "règne" de la reine achève.
    « on chuchote déjà que le règne de Cristina Fernández Kirchner achève»

    Que ça n'a jamais été aussi mal.
    «Plus grande crise que depuis l'effondrement financier de 2001-02.»

    De dire une telle chose est faire un affront à l'Histoire et à la souffrance du peuple argentin.
    Il faut vite ressortir les journaux de l'époque pour constater que la crise (sic) actuelle n'arrive pas à la cheville de celle de 2001-02.

    Peu importe tout ce que je peux dire, mon élément le plus fort pour appuyer mon argumentation, est la simple réalité.

    Le peuple argentin, à l'instar de tous les peuples latinos américains, a pris sa politique en main. Le peuple va supporter Mme Fernandez, tout comme le peuple a supporté Hugo Chávez, tout comme le peuple supporte Evo Morales.


    Le terrorisme médiatique nous inculque une fausse réalité:

    «La fin d'un règne?» C'est ce que l'ON souhaite!
    Malheureusement, ce ne sera pas le cas. Laissons la réalité rétablir les faits.

    «Les Argentins commencent de plus en plus à douter que le gouvernement péroniste.»
    Ici encore, on nous impose une fausse réalité, en nous sortant un "sondage".
    LE sondage qui révèle ce que l'ON veut bien.
    Le sondage est un autre élément très utilisé en terrorisme médiatique.

    «Selon un récent sondage... la cote de popularité de Cristina Kirchner a chuté à 26 %... »

    À noter qu'ici, on parle de Cristina Kirchner, si vous lisez la presse plus objective, on l'appelle par son nom Fernandez et non pas par le nom de son mari Kirchner.

    Un autre élément de la fabrication de l'information voulant diriger l'opinion publique, est le recours aux illustres inconnus "experts" reconnu.
    Comme ce Alejandro Catterberg qui nous "révèle" : « ce gouvernement ne sait pas comment résoudre les problèmes du pays», a analysé Alejandro Catterberg, directeur de la firme de sondage »

    Je mettrais ma main au feu que cet Alejandro n'a pas voté pour Fernandez ni pour Kirchner.
    Et je me risquerais à dire qu'il n'a pas trop souffert de la crise financière de 2001-02.

    Une sorte de Teodoro Petkoff (l'expert vénézuélien, ancien guerillero (bon sur un CV) contre Chávez) argentin. Bien mis, sérieux, bien cravaté et au service de l'oligarchie et de l'impérialisme.


    Impérialisme.
    Juste à mentionner ce mot et me voilà classé comme un anti US primaire.

    Encore une fois, il faut laisser parler l'Histoire latino américaine et les faits, pour ma défense. Penchez-vous sérieusement sur l'Histoire de l'Amérique latine et vous aussi vous n'hésiterez pas à parler d'impérialisme.


    Un autre élément du terrorisme médiatique, est l'emploi d'un sympathique martyr de service.
    Ici, nous avons Alfredo De Angeli
    «Alfredo De Angeli est le héros du «campo, Leader emblématique »
    «Connu de tous, l'homme à la bouille sympathique »

    Cette bonne bouille a même été arrêter par la police répressive de cette dictature en puissance. Et hop! Vous voyez bien que la Cristina ne recule devant rien.


    Puis c'est la conclusion, celle que l'ON espère.

    «Tandis que la présidente paie le prix du bilan mitigé de son mari et prédécesseur, il se pourrait bien que l'âge d'or des Kirchner -- qu'on soupçonnait de vouloir garder le pouvoir, en alternance, jusqu'en 2019 -- soit effectivement déjà terminé. »


    Malheureusement, les temps ont changé. Le peuple argentin s'est pris en main. La démocratie en Argentine comme partout en Amérique latine, exception faite de la Colombie, contrôlée par la violence, les assassinats et le narcotrafic (voir la parapolitique colombienne), est enfin réelle. L'oligarchie, les multinationales, la CIA et l'armée US ont perdu leur contrôle.
    Ils ne baissent toutefois pas les bras. Leurs armes sont les médias avec ses campagnes de salissage, de désinformation et de manipulation de l'opinion publique, ainsi que l'arme économique sous toutes ses formes, du commerce aux grèves paralysantes.


    Vous avez l'impression que je vous dis des conneries!
    Je ne le crois pas. Bien sûr, mes lunettes déformant la réalité (on en a tous) peuvent me jouer des tours et me faire complètement errer.
    Seule la réalité confirmera mes dires.

    Est-ce la fin du règne de la reine, comme ON le souhaite?
    C'est ce que nous verrons.

    http://www.ledevoir.com/2008/04/02/183208.html


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mercredi 18 juin 2008 10h08
    Les veines ouvertes de l'Amérique latine
    L'or, l'argent, la canne à sucre, le caoutchouc, le café, le cacao, le guano... et aujourd'hui, le soja. L'histoire se répète à l'infini dans ces économies sud-américaines, ou l'oligarchie latifundiste perpétue aujourd'hui les schémas de 'développement' insensés hérités de l'époque coloniale. Et quand 90% de terres agricoles de l'Argentine seront plantées de soja, les cours s'effondreront et l'on se retrouvera à la case départ? Le gouvernement des Kirchner ne fera pas long feu devant les pressions colossales qui s'exercent sur l'élite argentine, d'ailleurs on a déja commencé à l'enterrer dirait on.

  • Stéphane Doré
    Abonné
    mercredi 18 juin 2008 12h21
    Une autre histoire de gros sous, de gros qui écrasent les petits...
    Les gros producteurs Argentins chassent les petits producteurs de leurs terres et aspergent la campagne de pesticide pour favoriser la mono-culture du soya.

    Alors qu'un pan de la population lutte conter le phénomène, ces gros producteurs et leurs alliés mènent une campagne de désinformation, dans laquelle Mme. Gervais est tombée, sans se questionner.

    Juste avec Google translate et IndyMedia Argentina on peut obtenir dans un français acceptable et certainement compréhensible, l'autre point de vue.

    Voyez par vous même:
    http://argentina.indymedia.org/news/2008/05/600197

  • Sylvain Lavoie
    Inscrit
    mercredi 18 juin 2008 13h20
    Plus ça change, plus ces pareil...
    Quand au «bilan mitigé» de la présidence de Nestor Kirchner, c'est quand même lui qui as sorti le pays de la crise, alors que ce sont les nantis et une série de décisions douteuses en matière économique (parité fixe du peso avec le dollar US) des administrations précédentes qui ont provoqué la crise de 2001. À lire Mme Gervais, on pourrait croire que ce de Angeli est un espèce de José Bové luttant contre la dictature des Kirchner...Déjà avant la crise de 2001, l'agriculture de ce pays était concentré aux mains de quelques propriétaires, elle l'est maintenant encore plus, et de surcroît propriété de conglomérats étrangers préoccupés par l'exportation des dits produits alimentaires. Ce «droitiste» de de Angeli et sa «bonne bouille» ne représente dans les faits que les intérêts des grands propriétaires terriens. Bien entendu, leurs employés, soucieux de ne pas perdre leur emploi, manifestent contre le gouvernement. Dans les années 70 en Amérique latine, beaucoup d'employés de Coca-Cola étaient enrôlés dans les paramilitaires afin d'éliminer les «syndicalistes» ou le faisait de leur propre chef pour une poignée de dollar. Le capital n'ayant jamais eu de difficulté à se trouver de braves besogneux pour faire son sale boulot...Ça semble être le cas encore aujourd'hui. Quand au Kirchner, ils ont été élu, n'en déplaise à Mme Gervais qui semble être très au fait des griefs et de la rhétorique
    de la grande bourgeoisie locale. Après avoir sorti ses capitaux du pays pour les placer dans les banques étrangères, contribuant ainsi à la crise de 2001, les voilà de retour pour passer à la caisse et supprimer les entraves au libre-marché et à la démocratie !!! Les Kirchner, ces empêcheurs de tourner en rond, en prendront pour leur rhume tout comme Allende...

  • Maria-Gabriela Orzanco
    Inscrite
    mercredi 18 juin 2008 22h07
    Il faut faire attention...
    Il faut faire très attention au sujet de la crise actuelle en Argentine: ceux qui exportent et qui sont les plus touchés par les augmentations des taxes ne sont pas les petits agriculteurs... même si sont eux qui vont à la tête des manifs. Ceux qui exportent sont une poignée de grands conglomerats économiques qui exploitent ces petits agriculteurs et qui ne veulent céder un sous de leurs gains faramineux.
    Ça fait des années que la situation est difficile pour les petits agriculteurs et personne coupait une route... pour quoi maintenant?
    Il faut dire aussi que le gouvernement est incroyablement maladroit dans la gestion de cette crise et l'arrogance de la présidente est difficile à tolérer...

  • Raquel Aloyz
    Inscrite
    vendredi 20 juin 2008 10h52
    Malgré tout....
    C'est évident que le texte de madame Gervais reflète un manque de connaissance épatante de l'Amérique Latine. Mais c'est qui surprend le plus, autre le manque d'analyse, c'est qu'elle ne présente même pas les deux côtes de la médaille (qu'on soit d'accord ou pas avec la politique du gouvernement Argentinien). D'autre par je suis rassure de constater que les lecteurs du Devoir sont bien mieux informe de la situation et des enjeux en Argentine que madame Gervais elle même.

  • Patricio Esteves
    Inscrit
    vendredi 20 juin 2008 21h19
    Le soccer idéologique
    Cette série de trois articles référés à l'actuelle crise argentine, c'est un bon travail. Seule chose que je voudrais ajouter, c'est que pour comprendre l'Argentine d'aujourd'hui, la raison ne suffise pas. Par exemple, les même sentiments et passion qui sont engagés dans un jeu de soccer Boca Junior vs. River Plate sont, de toute ressemblance, exprimés dans le champ politique.
    Par exemple, quand le président Kirchner a déclaré qu'il voulait "mettre à genoux" les producteurs agropécuaires grévistes, toput comme quand son bras droit ("extrêmement droit") incarné en D'Elia a dit qu'il fallait prendre les armes pour défendre la démocratie, ils ont mis en jeu des considérations autres que seulement économiques, et la réaction qu'il a déclenché du côté de l'opposition a dépassé le niveau technique de la discussion, pour se rendre plutôt émotionnelle, voir même idéologique.
    Hélas, là encore, la raison ne suffise pas pour trouver et accorder une solution... et la crisse continue.

    PS: cette crise, maintenant, parce que avec la dernière augmentation des droits d'exportation le gouvernement enlève seulement à ce titre jusqu'à 45% de la rentabilité brute des producteurs.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012