Mugabe veut faire arrêter ses adversaires
Le président zimbabwéen tient l'opposition responsable de la violence
17 juin 2008
Actualités internationales
Harare — Le chef d'État zimbabwéen Robert Mugabe a menacé hier d'arrêter les dirigeants de l'opposition et de les poursuivre pour les violences politiques accrues avant le second tour du scrutin présidentiel, mais ces derniers lui ont renvoyé la responsabilité des exactions.
«Nous allons bientôt accuser le MDC [Mouvement pour le changement démocratique] et les chefs du parti pour leur responsabilité dans ces crimes», a-t-il déclaré au cours d'un meeting électoral dans la ville minière de Kadoma, au sud de Harare.
«Il y a aujourd'hui un schéma [de violences] dans le pays, qui doit s'arrêter, a-t-il poursuivi. Ils doivent y mettre un terme. Et oui, nous disons que nous allons les arrêter en plein jour!»
Plusieurs organisations ont dénoncé la recrudescence des attaques politiques au Zimbabwe à l'approche du scrutin du 27 juin qui opposera le président Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, au chef du MDC, Morgan Tsvangirai, 56 ans.
Une association de médecins a ainsi rapporté avoir soigné plus de 3000 victimes de violences politiques. Selon l'ONU, la majorité des exactions sont à imputer aux partisans du régime. «Mugabe fait de la politique: le MDC n'a pas d'armes. Le MDC n'est pas responsable des violences [...] et Mugabe le sait très bien», a réagi le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa. Il nous accuse des violences, mais c'est lui qui en est responsable.»
Morgan Tsvangirai, qui a été retenu par la police à cinq reprises au cours des deux dernières semaines, a récemment estimé que le Zimbabwe était «dirigé de facto par une junte militaire». Le MDC assure que 66 de ses partisans ont été tués et 25 000 déplacés par la campagne d'intimidation lancée par le régime après sa déroute historique aux élections générales du 29 mars.
Non seulement la Zanu-PF a perdu le contrôle de la chambre des députés, mais le président Mugabe est arrivé derrière Tsvangirai au premier tour de la présidentielle, avec 43,2 % des suffrages contre 47,9 % à l'opposant. Le régime avait d'abord assuré que «les milices» à l'origine des violences n'existaient que «dans l'imagination» des dirigeants du MDC, avant de leur en faire porter la responsabilité. Le régime a déjà appréhendé une partie des dirigeants du MDC, dont son numéro deux Tendai Biti, en détention depuis jeudi, dont le domicile a été perquisitionné hier.
La police compte l'inculper pour trahison, une charge passible de la peine de mort. Elle l'accuse d'avoir élaboré une stratégie pour un changement de régime illégal et d'avoir revendiqué la victoire de l'opposition aux élections du 29 mars avant la publication des résultats officiels.
Mais Biti n'a toujours pas été formellement inculpé et son avocat compte demander à la justice de déclarer sa détention illégale, arguant qu'une garde à vue ne peut excéder 48 heures sans mise en examen.
À Londres, le premier ministre britannique Gordon Brown et le président américain George W. Bush ont déclaré que Mugabe ne devait pas être autorisé à «confisquer» l'élection présidentielle.
Un émissaire de l'ONU était attendu plus tard dans la soirée au Zimbabwe, où il devait rester jusqu'à vendredi pour tenter de trouver une issue à l'impasse.
«Nous allons bientôt accuser le MDC [Mouvement pour le changement démocratique] et les chefs du parti pour leur responsabilité dans ces crimes», a-t-il déclaré au cours d'un meeting électoral dans la ville minière de Kadoma, au sud de Harare.
«Il y a aujourd'hui un schéma [de violences] dans le pays, qui doit s'arrêter, a-t-il poursuivi. Ils doivent y mettre un terme. Et oui, nous disons que nous allons les arrêter en plein jour!»
Plusieurs organisations ont dénoncé la recrudescence des attaques politiques au Zimbabwe à l'approche du scrutin du 27 juin qui opposera le président Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, au chef du MDC, Morgan Tsvangirai, 56 ans.
Une association de médecins a ainsi rapporté avoir soigné plus de 3000 victimes de violences politiques. Selon l'ONU, la majorité des exactions sont à imputer aux partisans du régime. «Mugabe fait de la politique: le MDC n'a pas d'armes. Le MDC n'est pas responsable des violences [...] et Mugabe le sait très bien», a réagi le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa. Il nous accuse des violences, mais c'est lui qui en est responsable.»
Morgan Tsvangirai, qui a été retenu par la police à cinq reprises au cours des deux dernières semaines, a récemment estimé que le Zimbabwe était «dirigé de facto par une junte militaire». Le MDC assure que 66 de ses partisans ont été tués et 25 000 déplacés par la campagne d'intimidation lancée par le régime après sa déroute historique aux élections générales du 29 mars.
Non seulement la Zanu-PF a perdu le contrôle de la chambre des députés, mais le président Mugabe est arrivé derrière Tsvangirai au premier tour de la présidentielle, avec 43,2 % des suffrages contre 47,9 % à l'opposant. Le régime avait d'abord assuré que «les milices» à l'origine des violences n'existaient que «dans l'imagination» des dirigeants du MDC, avant de leur en faire porter la responsabilité. Le régime a déjà appréhendé une partie des dirigeants du MDC, dont son numéro deux Tendai Biti, en détention depuis jeudi, dont le domicile a été perquisitionné hier.
La police compte l'inculper pour trahison, une charge passible de la peine de mort. Elle l'accuse d'avoir élaboré une stratégie pour un changement de régime illégal et d'avoir revendiqué la victoire de l'opposition aux élections du 29 mars avant la publication des résultats officiels.
Mais Biti n'a toujours pas été formellement inculpé et son avocat compte demander à la justice de déclarer sa détention illégale, arguant qu'une garde à vue ne peut excéder 48 heures sans mise en examen.
À Londres, le premier ministre britannique Gordon Brown et le président américain George W. Bush ont déclaré que Mugabe ne devait pas être autorisé à «confisquer» l'élection présidentielle.
Un émissaire de l'ONU était attendu plus tard dans la soirée au Zimbabwe, où il devait rester jusqu'à vendredi pour tenter de trouver une issue à l'impasse.
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