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FARC: surprise et espoir en Colombie

Bogota —L'appel lancé aux FARC par le président vénézuélien Hugo Chávez a causé hier la surprise des autorités colombiennes, tout en relançant l'espoir pour les otages de la guérilla, après des mois de tension entre Bogota et Caracas.

Le gouvernement colombien, qui avait suspendu l'an dernier la médiation de M. Chávez dans ce dossier, s'est félicité des déclarations du président vénézuélien qui a exhorté la veille la guérilla marxiste à mettre un terme à la lutte armée et à libérer sans contrepartie ses otages.

Le ministre de l'Intérieur et de la justice, M. Carlos Holguin s'est déclaré «surpris» mais «content» de cette annonce, rapportait hier le quotidien colombien El Tiempo.

Optimiste, l'ex-otage colombien Luis Eladio Perez a annoncé à la radio Caracol que des libérations allaient intervenir prochainement.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie détiennent 39 otages dits «politiques», qu'elles veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

Parmi ces otages figurent notamment l'ancienne candidate présidentielle Ingrid Betancourt, de nationalités colombienne et française, ainsi que trois Américains.

Ces derniers ont été repérés il y a quelques mois dans la jungle par l'armée colombienne, mais les conditions rendaient toute tentative de libération impossible, ont annoncé hier les autorités.

«Nos hommes ont vu les trois Américains se baignant dans un cours d'eau, a déclaré le ministre de la Défense Juan Manuel Santos à la radio colombienne. Ils les ont vus et les ont même entendus parler anglais [...] nous étions très près.»

Les tentatives de négociation de la libération des otages butent sur une revendication des FARC qui réclament le retrait des forces colombienne d'une vaste zone dans le sud de la Colombie.

«Engagement clair»

Le comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB) a demandé hier «un engagement clair» de l'armée colombienne à renoncer à toute opération militaire pour libérer les otages, après l'annonce par Bogota de la localisation de trois Américains otages de la guérilla des FARC.

«Nous demandons l'engagement clair de Bogota et de l'armée de ne pas utiliser la force pour libérer les otages, car cela les mettrait en danger de mort immédiat», a déclaré Hervé Marro, porte-parole

du CSIB.

Le président de droite Alvaro Uribe, qui a juré la perte de la guérilla marxiste, n'a jamais écarté l'option militaire pour la libération des otages, une solution redoutée par les familles.

La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt avait auparavant également demandé au gouvernement et à l'armée colombienne «de ne prendre aucune initiative qui mette en danger» les «nouveaux espoirs d'une solution pacifique» au conflit

colombien.
 
 
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