Vers une intervention militaire en Irak - Norman Schwartzkopf plaide pour que les inspecteurs disposent de plus de temps
41 Prix Nobel américains se prononcent contre un déclenchement unilatéral
Photo : Agence Reuters
Norman Schwarzkopf
Washington — L'ancien commandant en chef de l'armée américaine pendant la guerre du Golfe, Norman Schwarzkopf, estime qu'il a besoin de plus d'information avant de soutenir une intervention militaire en Irak, a rapporté hier le Washington Post.
«L'idée de Saddam Hussein avec une puissance nucléaire fait froid dans le dos, on est d'accord?», a dit Schwarzkopf. «Maintenant, ceci étant dit, je ne sais pas de quels renseignements dispose le gouvernement américain. Et avant que je me lève et dise: "sans l'ombre d'un doute, il faut que nous envahissions l'Irak", j'estime qu'il me faudrait un peu plus d'information.»
Schwarzkopf a indiqué que les inspecteurs en désarmement de l'ONU devraient disposer du temps dont ils ont besoin pour mener à bien leur mission. «Je pense qu'il est très important pour nous d'attendre et de voir ce que les inspecteurs nous rapportent, en espérant que cela soit concluant», a-t-il dit.
Schwarzkopf s'est dit impressionné par le secrétaire d'État Colin Powell avant d'émettre des réserves sur le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. «Quand il fait ses commentaires, il apparaît qu'il a peu de considération pour l'armée», a souligné Schwarzkopf.
Schwarzkopf a commandé les forces américaines lors de la guerre du Golfe, en 1991. Proche de la famille Bush, il a mené campagne en Floride en 2000 avec le vice-président Dick Cheney, ancien secrétaire à la Défense.
D'autre part, quarante et un Prix Nobel américains ont signé une déclaration contre le déclenchement unilatéral par les États-Unis d'une guerre contre l'Irak. «Les soussignés s'opposent à une guerre préventive contre l'Irak sans un large soutien international», affirment les chercheurs dans ce texte qu'ils devaient diffuser hier au Congrès, quelques heures avant le discours annuel du président George W. Bush sur l'état de l'Union.
«Des opérations militaires contre l'Irak pourraient certes conduire à une victoire relativement rapide, à court terme. Mais la guerre se caractérise par la surprise, les pertes humaines et les conséquences involontaires», écrivent les Prix Nobel dans un texte qui tient en quatre phrases. «Même en cas de victoire, nous croyons que les conséquences médicales, économiques, environnementales, morales, spirituelles, politiques et juridiques d'une attaque préventive contre l'Irak ne protégeraient pas mais nuiraient à la sécurité des États-Unis et à leur rang dans le monde.»
Les signataires, tous des hommes, sont lauréats des prix Nobel de physique, de chimie, d'économie et de médecine. Parmi eux figurent d'anciens conseillers du département américain de la Défense ou des scientifiques ayant participé à des programmes militaires, comme Norman Ramsey, ancien directeur du projet Manhattan, qui, à ce titre, avait contribué à la mise au point de la première bombe atomique américaine.
Le public peut exprimer son soutien à cette déclaration par le truchement d'un forum Internet (www.nobellaureatesoniraq.org).
L'ancien inspecteur Butler
Par ailleurs, l'ex-responsable des inspecteurs de l'ONU en Irak, l'Australien Richard Butler, a averti hier les Etats-Unis qu'ils provoqueraient un tollé international s'ils attaquaient l'Irak sans le feu vert des Nations unies.
M. Butler a estimé que le président George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair réclameraient un second rapport de M. Blix pour la mi-février. «Du 15 février à la fin du mois, nous serons dans la période où le Conseil de sécurité décidera soit collectivement de prendre des mesures contre l'Irak ou bien où les États-Unis, la Grande-Bretagne et, semble-t-il maintenant l'Australie, décideront d'agir seuls», a-t-il dit à la télévision.
Mais il a jugé «sidérant» que les États-Unis envisagent d'attaquer l'Irak avec 800 missiles de croisières dans les premières 48 heures «et même éventuellement l'utilisation d'armes atomiques».
«L'idée de Saddam Hussein avec une puissance nucléaire fait froid dans le dos, on est d'accord?», a dit Schwarzkopf. «Maintenant, ceci étant dit, je ne sais pas de quels renseignements dispose le gouvernement américain. Et avant que je me lève et dise: "sans l'ombre d'un doute, il faut que nous envahissions l'Irak", j'estime qu'il me faudrait un peu plus d'information.»
Schwarzkopf a indiqué que les inspecteurs en désarmement de l'ONU devraient disposer du temps dont ils ont besoin pour mener à bien leur mission. «Je pense qu'il est très important pour nous d'attendre et de voir ce que les inspecteurs nous rapportent, en espérant que cela soit concluant», a-t-il dit.
Schwarzkopf s'est dit impressionné par le secrétaire d'État Colin Powell avant d'émettre des réserves sur le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. «Quand il fait ses commentaires, il apparaît qu'il a peu de considération pour l'armée», a souligné Schwarzkopf.
Schwarzkopf a commandé les forces américaines lors de la guerre du Golfe, en 1991. Proche de la famille Bush, il a mené campagne en Floride en 2000 avec le vice-président Dick Cheney, ancien secrétaire à la Défense.
D'autre part, quarante et un Prix Nobel américains ont signé une déclaration contre le déclenchement unilatéral par les États-Unis d'une guerre contre l'Irak. «Les soussignés s'opposent à une guerre préventive contre l'Irak sans un large soutien international», affirment les chercheurs dans ce texte qu'ils devaient diffuser hier au Congrès, quelques heures avant le discours annuel du président George W. Bush sur l'état de l'Union.
«Des opérations militaires contre l'Irak pourraient certes conduire à une victoire relativement rapide, à court terme. Mais la guerre se caractérise par la surprise, les pertes humaines et les conséquences involontaires», écrivent les Prix Nobel dans un texte qui tient en quatre phrases. «Même en cas de victoire, nous croyons que les conséquences médicales, économiques, environnementales, morales, spirituelles, politiques et juridiques d'une attaque préventive contre l'Irak ne protégeraient pas mais nuiraient à la sécurité des États-Unis et à leur rang dans le monde.»
Les signataires, tous des hommes, sont lauréats des prix Nobel de physique, de chimie, d'économie et de médecine. Parmi eux figurent d'anciens conseillers du département américain de la Défense ou des scientifiques ayant participé à des programmes militaires, comme Norman Ramsey, ancien directeur du projet Manhattan, qui, à ce titre, avait contribué à la mise au point de la première bombe atomique américaine.
Le public peut exprimer son soutien à cette déclaration par le truchement d'un forum Internet (www.nobellaureatesoniraq.org).
L'ancien inspecteur Butler
Par ailleurs, l'ex-responsable des inspecteurs de l'ONU en Irak, l'Australien Richard Butler, a averti hier les Etats-Unis qu'ils provoqueraient un tollé international s'ils attaquaient l'Irak sans le feu vert des Nations unies.
M. Butler a estimé que le président George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair réclameraient un second rapport de M. Blix pour la mi-février. «Du 15 février à la fin du mois, nous serons dans la période où le Conseil de sécurité décidera soit collectivement de prendre des mesures contre l'Irak ou bien où les États-Unis, la Grande-Bretagne et, semble-t-il maintenant l'Australie, décideront d'agir seuls», a-t-il dit à la télévision.
Mais il a jugé «sidérant» que les États-Unis envisagent d'attaquer l'Irak avec 800 missiles de croisières dans les premières 48 heures «et même éventuellement l'utilisation d'armes atomiques».
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