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L'existence d'une tribu isolée en Amazonie est révélée au grand jour

Ces indigènes seraient sédentaires et cultiveraient du manioc, des bananes et des pommes de terre.
Photo : Agence Reuters
Ces indigènes seraient sédentaires et cultiveraient du manioc, des bananes et des pommes de terre.
Rio de Janeiro — De rares photos d'indigènes vivant sans contact avec le monde extérieur ont été publiées hier, exposant au grand jour l'existence d'une des dernières tribus isolées au plus profond de l'Amazonie brésilienne.

La Fondation nationale de l'Indien (FUNAI) a pris ces clichés au début du mois de mai lors d'un survol de la région où habitent ces groupes indigènes coupés du monde, dans l'État amazonien de l'Acre, près de la frontière péruvienne.

Ces images montrent un campement de huttes de paille et des indigènes dont le corps est entièrement peint en rouge ou en noir, décochant des flèches contre l'appareil transportant les membres de la FUNAI.

D'après des déclarations à la presse du directeur du département de protection de l'environnement de la FUNAI, José Carlos dos Reis Meirelles, ces indigènes sont sédentaires et cultivent du manioc, des bananes et des pommes de terre.

Selon M. Meirelles, qui travaille dans la forêt amazonienne depuis les années 1970, il s'agit de l'un des groupes isolés les plus importants de la région, composé d'au moins 250 individus.

La FUNAI connaît l'existence de cette tribu depuis 20 ans, mais s'abstient de tout contact direct avec ses membres pour préserver leur autonomie. L'institution brésilienne a expliqué avoir cessé de rechercher tout contact avec ces groupes depuis les années 1980. «Nous avons décidé de publier ces photos maintenant pour alerter le monde sur les dangers qu'encourent ces indigènes», a-t-il expliqué par téléphone depuis l'Amazonie.

Trois réserves dans la région

La tribu photographiée, dont la FUNAI ne connaît pas avec certitude l'ethnie, vit sur une superficie de 630 000 hectares dans l'État de l'Acre. Cette région regroupe trois réserves indigènes où habitent également trois autres groupes isolés.

«Cela ne m'intéresse pas de connaître leur ethnie. Tout ce que je veux, c'est les protéger et faire en sorte qu'ils restent coupés du monde», a encore dit M. Meirelles.

La FUNAI survole la région deux fois par an pour vérifier que des exploitants illégaux de bois, des chercheurs d'or ou des cultivateurs de coca péruviens ne s'y installent pas.

Selon M. Meirelles, ces tribus se déplacent lentement vers la frontière brésilienne pour fuir les exploitants péruviens, et ce mouvement s'est accéléré dans les dernières années.

«Les autorités péruviennes ont récemment soutenu que ces tribus n'existaient pas. Or, elles existent, et elles sont en grand danger», a averti le défenseur des indigènes.

Il a également affirmé à la presse que les gouvernements du Brésil et du Pérou ont le devoir de protéger ces tribus. «Leur avenir dépend de nous. Si ces régions sauvages, qui de toute façon ne sont pas cultivables, ne sont pas préservées, ces indigènes mourront.»

L'organisation non gouvernementale britannique Survival International, qui a divulgué les photos de la FUNAI en Europe, estime qu'environ 500 indigènes isolés habitent dans cette région, du côté brésilien de la frontière.

«Le monde doit faire en sorte de protéger le territoire de ces indigènes. Si cela n'est pas fait, ces tribus disparaîtront très vite», a prévenu le directeur de Survival International, Stephen Corry.

Selon la FUNAI, il y aurait au Brésil 68 tribus indigènes isolées, disséminées dans les États amazoniens de Acre, Amazonas, Mato Grosso, Roraima, Rondonia et Maranhao. L'existence de 24 de ces groupes est officiellement confirmée. Survival International estime qu'il existe au total plus d'une centaine de tribus isolées dans le monde.
 
 
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