Cyclone Nargis - La junte birmane avance un bilan de 10 000 morts
Photo : Agence France-Presse
Dévastation à Rangoon, après le passage du cyclone Nargis.
Rangoon — La junte militaire au pouvoir en Birmanie avance un bilan provisoire de 10 000 morts, de plusieurs milliers de disparus et des centaines de milliers de sans-abri après le passage samedi du cyclone Nargis, et un dispositif d'aide international s'est mis en branle après le feu vert donné en ce sens par les autorités.
«Le message de base, c'est qu'ils pensent que le bilan provisoire est d'environ 10 000 morts et de 3000 disparus», a déclaré un diplomate présent à une réunion de crise organisée à Bangkok.
De nombreux pays et organisations internationales se sont mobilisés pour venir en aide aux survivants. Un porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) dépêché en Thaïlande, Paul Risley, a indiqué que les autorités birmanes avaient donné leur accord pour qu'une aide d'urgence des Nations unies soit acheminée au plus vite dans les zones sinistrées. «Le gouvernement a indiqué qu'il était disposé à accepter une aide internationale par l'intermédiaire des agences de l'ONU», a-t-il dit, précisant que la junte avait donné «un feu vert prudent».
Les généraux, au pouvoir dans le pays depuis 46 ans et boycottés par l'Occident, ont attendu deux jours avant d'accepter ce geste de la communauté internationale, initiative qu'ils avaient rejetée lors du tsunami dévastateur de 2004.
Le cyclone de catégorie 3 était accompagné de pointes de vent soufflant à 190 km/h lorsqu'il a dévasté Rangoon. Selon un responsable de l'ONU, des centaines de milliers de Birmans sont actuellement privés d'abri et d'eau potable.
Cinq régions ont été touchées par le cyclone, en particulier le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest). Selon les médias, plus de 97 000 personnes sont sans abri sur l'île de Haing Gyi. Plusieurs villages côtiers ont été totalement détruits, a dit un porte-parole de la Fédération internationale de la Croix-Rouge.
«Nous distribuons des fournitures aux sans-abri, des bâches en plastique pour couvrir les toits [...] nous fournissons aussi 5000 litres d'eau potable, des couvertures et des vêtements pour ceux qui en ont le plus besoin», a déclaré à Bangkok Michael Annear, son coordinateur régional de la gestion des catastrophes.
Les Nations unies s'apprêtent à déployer leur aide d'urgence en Birmanie et à y envoyer une équipe de cinq experts en catastrophes, a indiqué la porte-parole du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elizabeth Byrs.
L'UNICEF a déployé cinq missions d'évaluation, alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) a stocké 500 tonnes de nourriture à Rangoun et des générateurs au Cambodge, a-t-elle ajouté.
Les États-Unis ont débloqué une aide d'urgence de 250 000 dollars pour aider la Birmanie par l'intermédiaire de leur ambassade à Rangoun et évaluent les moyens d'apporter une aide supplémentaire, a annoncé le département d'État.
«L'ambassade américaine est en contact avec les autorités birmanes» et les fonds qu'elle a débloqués transiteront par le PAM et d'autres organisations «de telle sorte que l'argent ne passe pas directement par le gouvernement», l'une des bêtes noires de Washington, avait déclaré plus tôt dans la journée un porte-parole de la Maison Blanche.
La Commission européenne a débloqué une aide de deux millions d'euros (plus de trois millions de dollars). De leur côté, la Norvège a l'intention de débloquer 1,5 million de couronnes (300 000 $) par l'entremise de l'ONU ou de la Croix-Rouge, l'Allemagne a annoncé l'octroi de 500 000 euros (786 000 $) aux organisations humanitaires allemandes, et la Suède va fournir, toujours par l'entremise de l'ONU, un soutien logistique et des équipements destinés à purifier l'eau.
L'armée thaïlandaise a annoncé qu'elle allait acheminer des médicaments et de la nourriture aux victimes du cyclone tandis que le Japon a annoncé l'octroi de 28 millions de yens (266 364 dollars) en aide d'urgence et l'Inde l'envoi d'une aide d'urgence avec deux navires de guerre chargés de vivres, de tentes, de couvertures, de médicaments et de vêtements.
De son côté, le secrétaire général de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a appelé «tous les membres de l'ASEAN à fournir d'urgence de l'aide aux victimes du cyclone Nargis».
À Rangoon, la plus grande ville du pays, qui a été directement touchée par la catastrophe, des opérations se poursuivaient pour dégager des rues des centaines d'arbres qui ont chuté sous la force des rafales de vent atteignant 200 km/h.
Des canalisations ayant été détruites, de nombreuses personnes faisaient la queue avec des seaux pour obtenir de l'eau chez des voisins disposant de puits.
En dépit des destructions considérables causées par le cyclone, le régime des généraux a décidé de maintenir un référendum sur un projet de Constitution prévu samedi, dont il affirme qu'il ouvrira la voie à des élections multipartites en 2010.
«Nous ne voulons pas de la démocratie, nous voulons de l'eau maintenant», a réclamé un homme de 30 ans, à Rangoon.
Dans cette ville, où la télévision n'émet toujours pas, de nombreuses toitures se sont envolées, y compris sur des bâtiments paraissant solides, laissant présager l'étendue des dégâts dans les bidonvilles de la périphérie de cette mégapole de cinq millions d'habitants.
Les magasins vendant des bougies et des piles ont été pris d'assaut, et on ignore quand le courant électrique sera rétabli.
De longues files se sont formées devant les rares pompes à essence ouvertes. Le prix de l'essence a doublé au marché noir tandis que celui des oeufs a triplé depuis samedi.
La télévision nationale a montré des militaires et des policiers en train de participer aux opérations de secours et de nettoyage à Rangoun, mais des habitants accusent la junte d'avoir tardé à réagir.
Michael Annear, responsable régional de la Croix-Rouge internationale, a déclaré que des secours d'urgence prélevés sur des stocks entreposés en Birmanie avaient été distribués, mais qu'il en fallait davantage.
Depuis 2006, la loi qui encadre le travail des agences humanitaires en Birmanie leur impose d'obtenir des autorisations de déplacement et une escorte. Les règles de transport ont également été durcies.
On ignore à ce stade si la Birmanie, premier exportateur mondial de riz lorsqu'il a accédé à l'indépendance, en 1948, devra importer du riz en urgence. Si cela devait être le cas, ces importations alimenteraient probablement la flambée des cours du riz. Le PAM dispose à cet égard de quelque 500 000 tonnes de riz à Rangoon.
«Le message de base, c'est qu'ils pensent que le bilan provisoire est d'environ 10 000 morts et de 3000 disparus», a déclaré un diplomate présent à une réunion de crise organisée à Bangkok.
De nombreux pays et organisations internationales se sont mobilisés pour venir en aide aux survivants. Un porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) dépêché en Thaïlande, Paul Risley, a indiqué que les autorités birmanes avaient donné leur accord pour qu'une aide d'urgence des Nations unies soit acheminée au plus vite dans les zones sinistrées. «Le gouvernement a indiqué qu'il était disposé à accepter une aide internationale par l'intermédiaire des agences de l'ONU», a-t-il dit, précisant que la junte avait donné «un feu vert prudent».
Les généraux, au pouvoir dans le pays depuis 46 ans et boycottés par l'Occident, ont attendu deux jours avant d'accepter ce geste de la communauté internationale, initiative qu'ils avaient rejetée lors du tsunami dévastateur de 2004.
Le cyclone de catégorie 3 était accompagné de pointes de vent soufflant à 190 km/h lorsqu'il a dévasté Rangoon. Selon un responsable de l'ONU, des centaines de milliers de Birmans sont actuellement privés d'abri et d'eau potable.
Cinq régions ont été touchées par le cyclone, en particulier le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest). Selon les médias, plus de 97 000 personnes sont sans abri sur l'île de Haing Gyi. Plusieurs villages côtiers ont été totalement détruits, a dit un porte-parole de la Fédération internationale de la Croix-Rouge.
«Nous distribuons des fournitures aux sans-abri, des bâches en plastique pour couvrir les toits [...] nous fournissons aussi 5000 litres d'eau potable, des couvertures et des vêtements pour ceux qui en ont le plus besoin», a déclaré à Bangkok Michael Annear, son coordinateur régional de la gestion des catastrophes.
Les Nations unies s'apprêtent à déployer leur aide d'urgence en Birmanie et à y envoyer une équipe de cinq experts en catastrophes, a indiqué la porte-parole du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elizabeth Byrs.
L'UNICEF a déployé cinq missions d'évaluation, alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) a stocké 500 tonnes de nourriture à Rangoun et des générateurs au Cambodge, a-t-elle ajouté.
Les États-Unis ont débloqué une aide d'urgence de 250 000 dollars pour aider la Birmanie par l'intermédiaire de leur ambassade à Rangoun et évaluent les moyens d'apporter une aide supplémentaire, a annoncé le département d'État.
«L'ambassade américaine est en contact avec les autorités birmanes» et les fonds qu'elle a débloqués transiteront par le PAM et d'autres organisations «de telle sorte que l'argent ne passe pas directement par le gouvernement», l'une des bêtes noires de Washington, avait déclaré plus tôt dans la journée un porte-parole de la Maison Blanche.
La Commission européenne a débloqué une aide de deux millions d'euros (plus de trois millions de dollars). De leur côté, la Norvège a l'intention de débloquer 1,5 million de couronnes (300 000 $) par l'entremise de l'ONU ou de la Croix-Rouge, l'Allemagne a annoncé l'octroi de 500 000 euros (786 000 $) aux organisations humanitaires allemandes, et la Suède va fournir, toujours par l'entremise de l'ONU, un soutien logistique et des équipements destinés à purifier l'eau.
L'armée thaïlandaise a annoncé qu'elle allait acheminer des médicaments et de la nourriture aux victimes du cyclone tandis que le Japon a annoncé l'octroi de 28 millions de yens (266 364 dollars) en aide d'urgence et l'Inde l'envoi d'une aide d'urgence avec deux navires de guerre chargés de vivres, de tentes, de couvertures, de médicaments et de vêtements.
De son côté, le secrétaire général de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a appelé «tous les membres de l'ASEAN à fournir d'urgence de l'aide aux victimes du cyclone Nargis».
À Rangoon, la plus grande ville du pays, qui a été directement touchée par la catastrophe, des opérations se poursuivaient pour dégager des rues des centaines d'arbres qui ont chuté sous la force des rafales de vent atteignant 200 km/h.
Des canalisations ayant été détruites, de nombreuses personnes faisaient la queue avec des seaux pour obtenir de l'eau chez des voisins disposant de puits.
En dépit des destructions considérables causées par le cyclone, le régime des généraux a décidé de maintenir un référendum sur un projet de Constitution prévu samedi, dont il affirme qu'il ouvrira la voie à des élections multipartites en 2010.
«Nous ne voulons pas de la démocratie, nous voulons de l'eau maintenant», a réclamé un homme de 30 ans, à Rangoon.
Dans cette ville, où la télévision n'émet toujours pas, de nombreuses toitures se sont envolées, y compris sur des bâtiments paraissant solides, laissant présager l'étendue des dégâts dans les bidonvilles de la périphérie de cette mégapole de cinq millions d'habitants.
Les magasins vendant des bougies et des piles ont été pris d'assaut, et on ignore quand le courant électrique sera rétabli.
De longues files se sont formées devant les rares pompes à essence ouvertes. Le prix de l'essence a doublé au marché noir tandis que celui des oeufs a triplé depuis samedi.
La télévision nationale a montré des militaires et des policiers en train de participer aux opérations de secours et de nettoyage à Rangoun, mais des habitants accusent la junte d'avoir tardé à réagir.
Michael Annear, responsable régional de la Croix-Rouge internationale, a déclaré que des secours d'urgence prélevés sur des stocks entreposés en Birmanie avaient été distribués, mais qu'il en fallait davantage.
Depuis 2006, la loi qui encadre le travail des agences humanitaires en Birmanie leur impose d'obtenir des autorisations de déplacement et une escorte. Les règles de transport ont également été durcies.
On ignore à ce stade si la Birmanie, premier exportateur mondial de riz lorsqu'il a accédé à l'indépendance, en 1948, devra importer du riz en urgence. Si cela devait être le cas, ces importations alimenteraient probablement la flambée des cours du riz. Le PAM dispose à cet égard de quelque 500 000 tonnes de riz à Rangoon.
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