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La débâcle du Labour

C'est tout simple: le Parti travailliste britannique vient d'essuyer la pire défaite à des élections municipales en quarante ans. Symbole de la débâcle infligée au Labour, l'ex-journaliste conservateur Boris Johnson, surnommé Boris le bouffon en raison de ses gaffes et déclarations à l'emporte-pièce, a fait mordre la poussière au vétéran Ken Livingstone. Tous résultats consolidés, la formation dirigée par le premier ministre Gordon Brown est arrivée au troisième rang, loin derrière les tories et les libéraux-démocrates.

La cause de ce que certains quotidiens ont qualifié de désastre? Elle a plus à voir avec les politiques du successeur de Tony Blair qu'avec le programme des conservateurs. Plus précisément, l'électeur britannique a profité de ce scrutin pour sanctionner, entre autres choses, une hausse prononcée du coût de la vie, un ralentissement de la croissance économique et une certaine indifférence du 10 Downing Street pour tout ce qui a trait à la communication de ses politiques. En somme, on reproche à Brown son inclination à gouverner seul, à tout régenter derrière les rideaux.

De prime abord, il semble que ce dernier ait reçu le message cinq sur cinq. Dans un long entretien accordé à la BBC, le premier ministre a décliné tout un acte de contrition au cours duquel il a notamment mis en relief son obsession du détail qui agaçait d'ailleurs certains ministres. Tout logiquement, il s'est engagé à laisser ceux-ci faire leur travail tout en promettant d'accorder beaucoup plus d'attention à la priorité numéro un des ménages: la baisse du pouvoir d'achat. Bref, Brown s'est engagé à effectuer une quasi-métamorphose. Et ce, pour étouffer dans l'oeuf les critiques formulées par des membres de sa formation à peine les résultats communiqués.

En effet, des ministres ont chuchoté dans les oreilles des journalistes qu'ils accordaient un an au chef du gouvernement pour rebondir. Si, au terme de ce délai, les sondages confirment qu'un Parti travailliste présidé par Brown perdrait les législatives, qui doivent être tenues en mai 2010 au plus tard, alors il est probable qu'une nuit des longs couteaux s'ensuivrait pour le remplacer probablement par l'actuel ministre des Affaires étrangères, David Miliband.

Cela étant, la victoire des conservateurs britanniques renforce le vent de droitisation qui souffle sur le Vieux Continent. Dans une entrevue donnée au quotidien Le Monde, le politicologue Dominique Reynié souligne que, lors des élections générales tenues dans dix pays depuis 2007, les conservateurs ont remporté neuf victoires, l'Espagne faisant exception. Son diagnostic? «On pourrait penser que le contexte de crise économique [...] serait plus favorable à la gauche, dans la mesure où il va générer une demande de redistribution, mais la droite en profite encore. Elle a su se métamorphoser en mettant davantage l'accent sur une offre de protection identitaire et sécuritaire et, bien sûr, sur la question de l'immigration.» Soit le programme qu'entendent défendre les conservateurs britanniques en vue des prochaines législatives.
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    6 mai 2008 06 h 44
    Le Rouge battu par un clown!
    « Grâce à l'accord signé hier, qui s'appliquera « tout de suite », la Municipalité de Londres paiera le pétrole vénézuélien 20% de moins et réduira ainsi de moitié le coût des transports pour les Londoniens les plus pauvres. »
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article4774

    « Un accord entre Londres et le Venezuela va réduire le prix des tickets de bus.
    Plus de 250000 Londoniens pourraient bénéficier de la réduction du prix des billets de bus.
    Le prix du carburant pour les bus de la ville baissera d'environ 20% en rapport au prix mondial du pétrole évalué deux fois par an. Londres devrait ainsi gagner environ 16 millions de livres sterling sur ses 100 millions annuels de carburant nécessaire aux quelque 800 bus de la capitale britannique.
    L'accord permettra aux habitants «d'aller plus facilement et à moindre frais dans leur ville et d'obtenir ainsi le meilleur de Londres» a déclaré Ken Livingstone. »
    http://starbucker.wordpress.com/2007/08/22/hugo-ch


    C'était en février 2007. Ken Livingstone, dit le Rouge, s'entendait bien avec la bête noire de Washington (Chávez, bien entendu!).

    En manipulant bien l'opinion, probablement à coup de millions, comme ici, (les IN et Out de Harper) ou comme chez nos voisins (des milliards pour une campagne), la population londonienne a choisi un clown plutôt qu'un Homme ayant des considérations plus Humaines.

    « Alors qu'on l'avait donné perdant, Boris Johnson a ravi la mairie de Londres à Ken Livingstone hier, devenant du coup le conservateur le plus puissant de la Grande-Bretagne. Il a devancé son adversaire de 140 000 voix. Il hérite ainsi d'une enveloppe budgétaire de l'équivalent de 22 milliards de dollars canadiens. »
    http://www.cyberpresse.ca/article/20080503/CPMONDE

    « la victoire des conservateurs britanniques renforce le vent de droitisation qui souffle sur le Vieux Continent »

    Il y a sans doute plus d'argent dans cette campagne que d'idées. Avec de l'argent bien placé, on peut altérer suffisamment l'image d'un personnage pour le tasser du revers de la main.
    Si la droite peut si facilement déloger la gauche, c'est bien entendu en premier la faute aux électeurs. La gauche ne peut se faire élire avec un taux de participation à 45% comme à Londres la semaine dernière.
    Je crois que les gens de droite se sentent plus motivés à aller voter que les gogauches désabusés par la politique. On se retrouve alors avec des gouvernements réactionnaires.

    Bien sûr l'Italie a élu Berlusconi avec un taux de participation de 80,4% mais on a toutefois noté une baisse de 3,5% par rapport à la participation habituelle.

    Le problème dans nos démocraties, c'est qu'il faut que les gens reprennent leurs responsabilités en main. S'ils ne vont pas voter, ils auront à subir des gens qui vont travailler pour une clique de bien nantis au détriment de l'humble majorité.


    En terminant, je déplore que Le Devoir ne publie pas avec plus de régularité nos commentaires. Hier, mon commentaire envoyé à 7h00 (envoi probablement défectueux?!?) et réenvoyé à midi, n'a été en ligne qu'à 19h00.
    Bien sûr, qu'une publication aussi tardive a pour conséquence de ne pas être lue.

    Je vous invite donc à lire:
    "La surface tente de nous masquer le fond"
    http://www.ledevoir.com/2008/05/05/commentaires/08



    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Rironie - Inscrit
    6 mai 2008 10 h 57
    Les "arbitres" du bien contre le mal
    Superman, Batman, Rambo et tous les autres gardiens du "bien" sont des conservateurs. Les conservateurs ont besoin du danger menaçant pour justifier leur existence. Le meilleur ami du conservateur, c'est l'ennemi: le communiste, le terroriste, l'anarchiste, l'islamiste, et tous les autres en lesquels on ne se reconnaît pas. Un pays comme la Colombie, par exemple, est un terroir formidable pour le conservatisme, parce que la menace vient de partout, la peur est omniprésente. En Colombie, l'État protecteur (conservateur) a un brillant avenir devant lui, parce qu'on a trouvé le bon filon pour entretenir une guerre perpétuelle. Dans l'esprit des conservateurs, le monde est divisé en deux; d'un côté les bons, de l'autre les méchants. Et les conservateurs se donne toujours pour mission d'éliminer les méchants purement et simplement. Alors quand on nous annonce qu'on a tué 40 talibans, il faut applaudir, parce qu'en éliminant le mal, on se trouve à faire le bien.
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