Le forceps de Poutine
Après avoir violé l'espace aérien de la Géorgie en abattant un drone à la fin du mois d'avril, voilà que les autorités russes viennent d'ordonner une augmentation du contingent militaire que Moscou a déployé en Abkhazie. En recourant aux muscles, le Kremlin cherche, à court terme, à aiguiser comme jamais les velléités d'indépendance de cette province géorgienne où la grande majorité des individus sont russophones. L'objectif à moyen terme? Ébranler suffisamment la Géorgie pour rendre impossible son rattachement à l'OTAN. Détaillons.
Lors du sommet de l'Alliance atlantique tenu à Bucarest il y a un mois tout juste, tant la Géorgie que l'Ukraine ont obtenu ce qu'elles désiraient: la ferme assurance que leur intégration au sein de cette organisation était une question de temps. Pour Vladimir Poutine ainsi que pour tous les gradés russes, cette éventualité annonce un énorme cauchemar géopolitique.
Car si ces deux nations rejoignent l'OTAN, et notamment la Turquie, après la Bulgarie et la Roumanie, alors le poids de la Russie dans cette région stratégique du globe fondra comme neige au soleil. En fait, après avoir dominé la mer Noire depuis le règne de Catherine II au XIXe siècle, le rôle de Moscou ne serait pas réduit à celui de figurant mais d'administrateur d'un littoral, le sien évidemment, qui ne serait plus que l'ombre de ce qu'il fut.
Vu le contexte, on ne sera d'ailleurs pas étonné d'apprendre que, parallèlement aux actions qu'elle mène en Abkhazie, la Russie s'emploie avec constance et obstination à déstabiliser l'Ukraine. Plus précisément, le Kremlin tenterait de diviser le pays avec l'espoir que le sentiment pro-russe très présent dans la partie orientale de ce dernier aille croissant. Et ce, afin de mettre à terme la main sur la... Crimée! Les Russes n'ont jamais accepté que cet avant-poste de leurs intérêts dans la mer Noire, et au-delà, soit offert aux Ukrainiens par Nikita Khrouchtchev en 1954. Et puisque le diable se cache dans les détails, soulignons que c'est à Sébastopol, en Crimée évidemment, qu'est stationnée la flotte russe de la mer Noire selon les termes d'un bail se terminant en 2017.
En toile de fond de cette histoire ou plutôt de ces histoires, il y a tous ces jeux, toutes ces manoeuvres conçues, pesées, exécutées par Poutine. De quoi s'agit-il? Depuis plusieurs semaines maintenant, celui qui remettra les clés du Kremlin à Dmitri Medvedev après-demain s'applique à réduire à trois fois rien les pouvoirs dévolus au président de la Russie. En un mot, Poutine a transféré l'essentiel de ces pouvoirs à la Maison-Blanche, siège du premier ministre qu'il sera à compter de cette semaine. Ainsi, Poutine s'est fait élire grand patron de Russie unie, parti au pouvoir. Et alors? De ce poste, il sera en mesure de torpiller tous les projets, toutes les lois, toutes les politiques de Medvedev. Si ce dernier se montre trop volontaire, trop enclin à l'indépendance, Poutine pourrait amorcer, par exemple, une procédure de destitution. Bref, ce n'est pas demain qu'il va mettre un terme aux agissements observés sur le pourtour de la mer Noire.
Lors du sommet de l'Alliance atlantique tenu à Bucarest il y a un mois tout juste, tant la Géorgie que l'Ukraine ont obtenu ce qu'elles désiraient: la ferme assurance que leur intégration au sein de cette organisation était une question de temps. Pour Vladimir Poutine ainsi que pour tous les gradés russes, cette éventualité annonce un énorme cauchemar géopolitique.
Car si ces deux nations rejoignent l'OTAN, et notamment la Turquie, après la Bulgarie et la Roumanie, alors le poids de la Russie dans cette région stratégique du globe fondra comme neige au soleil. En fait, après avoir dominé la mer Noire depuis le règne de Catherine II au XIXe siècle, le rôle de Moscou ne serait pas réduit à celui de figurant mais d'administrateur d'un littoral, le sien évidemment, qui ne serait plus que l'ombre de ce qu'il fut.
Vu le contexte, on ne sera d'ailleurs pas étonné d'apprendre que, parallèlement aux actions qu'elle mène en Abkhazie, la Russie s'emploie avec constance et obstination à déstabiliser l'Ukraine. Plus précisément, le Kremlin tenterait de diviser le pays avec l'espoir que le sentiment pro-russe très présent dans la partie orientale de ce dernier aille croissant. Et ce, afin de mettre à terme la main sur la... Crimée! Les Russes n'ont jamais accepté que cet avant-poste de leurs intérêts dans la mer Noire, et au-delà, soit offert aux Ukrainiens par Nikita Khrouchtchev en 1954. Et puisque le diable se cache dans les détails, soulignons que c'est à Sébastopol, en Crimée évidemment, qu'est stationnée la flotte russe de la mer Noire selon les termes d'un bail se terminant en 2017.
En toile de fond de cette histoire ou plutôt de ces histoires, il y a tous ces jeux, toutes ces manoeuvres conçues, pesées, exécutées par Poutine. De quoi s'agit-il? Depuis plusieurs semaines maintenant, celui qui remettra les clés du Kremlin à Dmitri Medvedev après-demain s'applique à réduire à trois fois rien les pouvoirs dévolus au président de la Russie. En un mot, Poutine a transféré l'essentiel de ces pouvoirs à la Maison-Blanche, siège du premier ministre qu'il sera à compter de cette semaine. Ainsi, Poutine s'est fait élire grand patron de Russie unie, parti au pouvoir. Et alors? De ce poste, il sera en mesure de torpiller tous les projets, toutes les lois, toutes les politiques de Medvedev. Si ce dernier se montre trop volontaire, trop enclin à l'indépendance, Poutine pourrait amorcer, par exemple, une procédure de destitution. Bref, ce n'est pas demain qu'il va mettre un terme aux agissements observés sur le pourtour de la mer Noire.
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