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Les ventre-creux

Au cours de la dernière quinzaine, des émeutes ont été observées en Haïti, en Égypte, en Mauritanie, au Cameroun, en Éthiopie, à Madagascar, aux Philippines, en Indonésie et dans bien d'autres pays africains et asiatiques. À la fois spontanés et simultanés, ces événements ont été menés, organisés, par les ventre-creux de la terre. La cause? L'augmentation marquée des prix des aliments de base.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    15 avril 2008 05 h 56
    La Banque mondiale au secours du ventre-creux !?!
    Les causes de la pénurie: sécheresse ??? Éthanol ???

    Les solutions: Dessaler l'eau de mer ???
    Cesser la production d'Étahnol à partir de la nourriture ???

    Je me serais attendu à la construction massive d'usines de dessalage de l'eau de mer et de construction d'oléoduc pour arroser le désert pour y faire pousser du blé, du riz, des céréales.
    Je me serais attendu qu'on détruise toutes les usines d'éthanol qui utilisent la nourriture.


    NON!
    La cause : $$$
    La solution : $$$

    Mais non, la solution (de la Banque mondiale!) est que si on a de l'argent, bang! Miracle! Tout se règle!


    La chose qui est étrange dans toute cette pénurie, c'est qu'elle est due et causée, non pas par un manque de nourriture, mais plutôt par une crise économique.

    Bien sûr, il y a eu quelques sécheresses.
    Bien sûr, il y a eu l'usage de la nourriture pour faire du carburant.

    Quelle est la solution de la Banque mondiale?
    Elle a demandé une aide de 500 millions d'ici au 1er mai.
    Les gens mangeront de l'argent???
    Non, ce sera de la nourriture, car la nourriture est là, elle existe.
    Avec 500 millions, elle va surgir, comme par magie!
    Bizarre, tout à coup, avec de l'argent, la nourriture va réapparaître soudainement!!??!!


    Étrange! Quand l'économie va, tout va! La moitié de la planète peut bien crever, si l'économie va tout va.
    Si l'économie ne va pas, alors on peut décider d'affamer les trois quarts de la planète, les faire crever de faim et de soif, peu importe le nombre mort, on finira bien par remettre l'économie sur pied, nous avons besoin de 500 millions!
    C'est la solution de la Banque mondiale, dans sa grande lucidité!


    500 millions: des peanuts!
    1 600 000 millions en armes, juste aux ÉU l'an dernier!
    (Si pendant que l'on s'occupe de la crise alimentaire, on déclenche la guerre en Iran, va-t-on avoir de la difficulté à obtenir 500 malheureux millions pour bombarder?)
    500 millions, mais ce sont des peanuts. On dépense deux mille millions par jour pour l'unique défense (sic) US. 500 millions, mais c'est une petite somme très ridicule. On a dépensé 1600 milliards en achat d'armes aux États-Unis, juste l'an dernier.
    C'est-à-dire que 500 millions, c'est la dépense qu'ils ont faite à toutes les trois heures pendant 2007. Donc, on ne va tout de même pas pleurer sur un maigre 500 millions pour sauver des milliards de ventres affamés!

    Instinctivement, on aurait cru que si les gens ne peuvent plus manger c'est que soudainement, la planète ne peut plus produire!
    La nourriture se raréfie, tout d'un coup comme ça soudainement!

    Ou encore, une soudaine explosion démographique!
    Des millions de nouveaux nés qui ont faim! Non, la population augmente, mais pas si soudainement.

    Si on observe à plus petite échelle, en utilisant l'Amérique latine comme laboratoire.

    VENEZUELA

    Il y a quelques mois, au Venezuela, soudainement, le lait se mit à manquer.
    Puis plusieurs éléments de base. On s'est aperçu que les entrepôts étaient pleins, on affamait la population pour augmenter les prix, afin de maximiser les profits.
    Le gouvernement Chávez a réagi en "nationalisant" si on peut dire, pratiquement tout le secteur de l'alimentation. Une vaste opération "Mercal" (nom du plan d'alimentation pour les démunis) a été entreprise. Des tonnes et des tonnes d'aliments débusqués, achetés et distribués. L'opération se poursuit. La mise en place d'un réseau d'alimentation ne se fait pas du jour au lendemain. Des milliers de vaches argentines ont été achetées, la mise à profit des cultures agricoles locales ont été accélérées. Bref, une opération phénoménale pour résorber la crise (une autre). Une crise artificielle causée en bonne partie pour la déstabilisation politique du gouvernement qu'on appelle le «régime».


    ARGENTINE

    En Argentine, la grève des gros producteurs agricoles (pas les petits) contre une taxe à l'exportation, avait pour but de causer aussi une crise alimentaire artificielle. Le gouvernement de Cristina Fernandez est aussi un autre «régime» à renverser. Mme Fernandez a fait un discours magistral (Un discours à voir et à écouter même si vous ne saisissez pas l'espagnol. Un discours de bon sens et d'émotions qui peut se comprendre dans toutes les langues http://www.telesurtv.net/secciones/noticias/nota/2
    cristina-fernandez-pidio-a-agricultores-que-levanten-paro-y-
    permitan-inicio-de-dialogo/ ), par ce discours, elle a réussi à rallier l'ensemble de la population derrière elle et l'oligarchie agricole a dû mettre fin à son blocage alimentaire.


    Les vaches font-elles la grève?

    Ce fut subit!
    La planète entière s'est mise à crier famine en même temps.
    Peu importe la saison, les récoltes, le climat. Début avril 2008, partout on a faim, les prix augmentent comme si l'offre diminuait, pourtant...

    Est-ce que ce sont les vaches qui font la grève?
    Non, on les a interrogés et elles déclarent qu'elles ne font pas la grève, elles produisent toujours autant, que le mois précédent
    On interroge la terre, pratiquement la même réponse. La terre produit encore beaucoup même si elle s'assèche. Bien sûr, il serait temps de mettre en fonction une armée d'usines pour dessaler la mer afin d'hydrater ses zones arides.

    La population a faim parce qu'un invisible pouvoir règle le jeu avec l'outil économique.
    L'économie est au service de quelques-uns.
    La majorité de la planète travaille d'arrache-pied pour se nourrir et surtout pour faire tourner l'économie. On constate que l'Être Humain est au service de l'économie.
    Pourtant, ce devrait être l'inverse.

    Le laboratoire politico-économique de l'Amérique latine tente de renverser les rôles.
    On réduit peu à peu les immenses mono cultures à vocation économique pour les remplacer par une agriculture diversifiée visant l'autosuffisance alimentaire.

    Ceux qu'on appelle les «régimes» tentent de mettre l'outil économique au service de l'Être Humain et non l'inverse.
    Les valeurs de solidarité, d'entraide et de coopération sont mises de l'avant et... ça semble porter fruit.
    Nos gouvernements, s'ils ont à coeur le bien-être humain, devraient s'inspirer de ces «régimes» d'avant-garde.

    Je crois que les démunis de la planète subissent une pénurie inhumaine et artificielle.


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Yvon Montoya - Abonné
    15 avril 2008 08 h 24
    L'article creux et démagogique.
    « (..., la Russie et les autres avaient commandé délibérément une soustraction des exportations de blé, d'orge etc. Bref, elles ont amputé l'offre. » (...) « En agissant de la sorte, en aiguisant l'appétit pour les ententes à deux, la Russie et consorts ont encouragé une spéculation qui ne demandait qu'à l'être. » (M. Truffaut, Le devoir)

    « À cela, il faut greffer l'effet subprime. En effet, bien des investisseurs échaudés au début de l'an dernier par l'effondrement de sociétés versées en hypothèques exotiques se sont rués à la Bourse de Chicago, la Bourse de l'alimentation. À tous ces facteurs, il faut ajouter le désastre qu'a constitué le recours aux biocarburants. » (M. Truffaut, Le devoir)

    Le quotidien la Stampa, en Italie : « Hypnotisés par l'augmentation du prix du pétrole, les pays riches ne se sont pas rendu compte qu'un phénomène encore plus insidieux s'est développé: une famine mondiale. Pour les 2/3 de la planète une variation du prix du riz et de la farine signe le passage brutal à la faim. »
    Le Temps en Suisse évoque des émeutes de la faim sans précédent, rappelant comment tout a commencé:
    "Les premières émeutes de la faim ont eu lieu au début de l'année dernière au Mexique, où le maïs et le blé, ingrédients nécessaires pour les tortillas avaient augmenté de plus de 40% par rapport à l'année précédente. (...) La goutte d'eau qui a fait déborder le vase en ce début d'avril est la flambée du riz. Son prix s'est envolé de 50% en l'espace de deux semaines suite à diverses actions visant à limiter les exportations, au Vietnam, en Thaïlande et en Inde. La semaine dernière, le cours a touché le sommet historique de 1000 dollars la tonne. Pour la moitié de l'humanité pour qui le riz est l'aliment de base, le calvaire est loin d'être fini".
    Rue 89 : « Cette situation a des causes multiples: disparition de terres agricoles (sous le double impact de l'urbanisation et de la désertification), hausse de la demande (liée au développement de certains pays), connexion des marchés de l'énergie et des marchés alimentaire (par le truchement des biocarburants)... A ce propos, Radio Canada rappelle qu'en 2008, "près de 18 % de la production céréalière américaine servira à la production d'éthanol." »

    Rue 89 : « La population mondiale, aujourd'hui à plus de six milliards d'individus, va croissant et devrait dépasser les 9 milliards en 2050. En outre, les pays à très forte population -Chine, Inde- voient leurs habitudes alimentaires s'occidentaliser au fur et à mesure de l'accroissement de leur revenu. Ces populations abandonnent progressivement leur régime alimentaire traditionnel, majoritairement à base de protéines végétales, pour rejoindre le modèle occidental basé sur une très forte consommation de protéines animales. »

    Rue89 : Officiellement désigné en seconde rôle, l'envolée de 72% -de 58 à 100 US dollars- du prix du baril de pétrole durant l'année 2007. Le coût de production et du transport des céréales, le coût de la production d'engrais et d'insecticides grimpent d'autant et sont répercutés sur les prix de vente.

    Le rapport mondial sur la flambée des prix alimentaires dans le monde: http://siteresources.worldbank.org/NEWS/Resources/
    risingfoodprices_backgroundnote_apr08.pdf

    Vous écrivez dans votre atricle et je vous cite : « ...Bref, elles ont amputé l'offre. » (...) « En agissant de la sorte, en aiguisant l'appétit pour les ententes à deux, la Russie et consorts ont encouragé une spéculation qui ne demandait qu'à l'être. » (M. Truffaut, Le devoir). Alors que dans la presse internationale et dans « Le rapport mondial » on ne parle aucunement d'une responsabilité russe comme vous le sous-entendez avec mauvaise foi. Par contre, l'analyse pourrait être plus objective pour un journaliste professionnel si on y voyait ce que l'on lit entre autres dans d'autres documents que et je cite le journal dissident de Libération Rue 89 : « les pays à très forte population -Chine, Inde- voient leurs habitudes alimentaires s'occidentaliser au fur et à mesure de l'accroissement de leur revenu. » Lorsque la planète prend le rythme de consommation de l'Occident riche, la catastrophe arrive. On a plus besoin de terre pour nourrir les animaux que les humains. De toutes façons, tout le monde s'en fout. Il n'y a qu'à voir les réactions à l'excellent article de M. Courtemanche de ce samedi/dimanche où personne n'a réagit à part moi et où une illustration de la débilité occidentale s'est exprimé en disant que ce qui se passe ici était plus important. Pourtant l'existence de Ben Laden ou du terrorisme ont à voir avec nos attitudes politiques, économiques prédatrices. De plus on est près à affamer le reste de la terre pour avoir une planète propre chez nous justement là où on ne devrait pas s'occuper de la mort des autres. Pas une fois on a parlé de la Russie comme vous le faites. Au total, je vous informe que cela touche 37 pays et on ne les oublie pas (« ...et d'autres que l'on oublie ») car on les connaît. Vous non. On fait votre travail. C'est totalement démagogique votre analyse et ne tien pas la route si on a les données objectives pour y comprendre quelque chose. Déjà Chavez l'avait énoncé l'année dernière.
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  • Thérèse Des Rochers - Abonné
    15 avril 2008 15 h 39
    Souveraineté alimentaire
    Vous avez oublié de mentionner que les ajustements structuraux imposés depuis 20 ans aux pays en développement en contrepartie du rééchelonnement de leur dette en a obligé plusieurs à exporter leurs cultures. Cette perte de souveraineté alimentaire, qui oblige des pays producteurs à vendre leurs récoltes au prix fort sur les marchés internationaux, et acheter celles produites par des pays subventionnés pour leur approvisionnement interne, crée une précarité de la souverainneté alimentaire que les aléas politiques, financiers ou climatiques exacerbent rapidement. Ce déficit de la souveraineté alimentaire existe depuis longtemps. Ce n'est pas pour rien que les agriculteurs québécois tiennent tant au régime de la gestion de l'offre... que bien des pays envient et devraient intégrer d'ailleurs...
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