Zimbabwe - Le parti de Mugabe refuse la main tendue par l'opposition
La Haute Cour repousse sa décision sur la publication des résultats électoraux
7 avril 2008
Actualités internationales
Harare — Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté hier la main tendue par le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, en refusant de participer à un gouvernement d'union nationale, tout en demandant un nouveau décompte des suffrages de la présidentielle du 29 mars.
Malgré son revers aux législatives, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a manifesté, par l'intermédiaire de l'hebdomadaire d'État The Sunday Mail, une combativité intacte.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) «nous a contactés pour former un gouvernement d'union nationale», a déclaré un haut responsable de la Zanu-PF, Patrick Chinamasa, cité par le journal. «La Zanu-PF a rejeté cette approche et cela a été communiqué au MDC.»
«Nous ne pouvons pas travailler avec le MDC, car nos objectifs politiques et nos aspirations sont aussi différentes que le jour et la nuit [...] Ce serait comme mélanger l'eau et le feu», a ajouté M. Chinamasa, ministre de la Justice.
Mugabe, 84 ans, briguait un sixième mandat à la tête de l'ex-Rhodésie du Sud britannique qu'il dirige depuis l'indépendance en 1980. Il affrontait notamment Tsvangirai, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par les forces du régime il y a un an avant un rassemblement contre le chef de l'État.
Nouveau décompte
Hier, le MDC a comparu devant un tribunal de Harare pour demander la publication immédiate des résultats du scrutin présidentiel. Il a souligné que le décompte était connu depuis une semaine grâce à l'affichage des résultats à l'extérieur de chaque bureau de vote. L'avocat de la commission électorale a répondu qu'elle avait besoin de temps pour vérifier les chiffres communiqués par les circonscriptions. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à ce matin.
Le parti au pouvoir est allé plus loin en demandant à la commission de «recompter et examiner tout le matériel électoral relatif au scrutin présidentiel», au motif d'«erreurs et de mauvais calculs dans la compilation des résultats», selon The Sunday Mail.
«C'est ridicule de demander un nouveau décompte quand les résultats n'ont même pas été annoncés», a rétorqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, jugeant que «clairement, ils essaient de tripatouiller dans les urnes».
Pour empêcher toute fraude, Tsvangirai avait samedi revendiqué sa victoire au premier tour. Il avait toutefois tendu la main au régime de Mugabe et appelé le chef de l'État au «dialogue».
Il avait en outre assuré aux forces de l'ordre, pilier du régime, qu'il n'y aurait «ni châtiment ni volonté de vengeance» s'il parvenait au pouvoir, mais s'en était pris à la Zanu-PF, l'accusant de fomenter «une guerre contre le peuple zimbabwéen». Dès samedi soir, le parti de Mugabe l'avait en retour accusé de vouloir annuler la redistribution des terres aux noirs.
Des vétérans de la guerre d'indépendance ont envahi certaines des dernières fermes appartenant à des Blancs dans la province de Masvingo (sud-est). La plupart ont été dispersés par la police, mais quelques uns occupaient encore deux exploitations hier en fin de journée, selon le Syndicat des agriculteurs commerciaux.
Le 29 mars, quelque 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes pour élire leurs président, députés, sénateurs et conseillers municipaux, sur fond de marasme économique marqué par une hyperinflation de plus de 100 000 % et 80 % de chômage.
Aux législatives, la Zanu-PF a perdu sa majorité de 28 ans à la chambre des députés, où l'opposition dispose désormais de 109 sièges sur 210. Mais elle a annoncé son intention de contester cette défaite devant un tribunal électoral. Aux sénatoriales, la Zanu-PF et le MDC ont remporté chacun l'exacte moitié des 60 sièges disputés.
Malgré son revers aux législatives, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a manifesté, par l'intermédiaire de l'hebdomadaire d'État The Sunday Mail, une combativité intacte.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) «nous a contactés pour former un gouvernement d'union nationale», a déclaré un haut responsable de la Zanu-PF, Patrick Chinamasa, cité par le journal. «La Zanu-PF a rejeté cette approche et cela a été communiqué au MDC.»
«Nous ne pouvons pas travailler avec le MDC, car nos objectifs politiques et nos aspirations sont aussi différentes que le jour et la nuit [...] Ce serait comme mélanger l'eau et le feu», a ajouté M. Chinamasa, ministre de la Justice.
Mugabe, 84 ans, briguait un sixième mandat à la tête de l'ex-Rhodésie du Sud britannique qu'il dirige depuis l'indépendance en 1980. Il affrontait notamment Tsvangirai, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par les forces du régime il y a un an avant un rassemblement contre le chef de l'État.
Nouveau décompte
Hier, le MDC a comparu devant un tribunal de Harare pour demander la publication immédiate des résultats du scrutin présidentiel. Il a souligné que le décompte était connu depuis une semaine grâce à l'affichage des résultats à l'extérieur de chaque bureau de vote. L'avocat de la commission électorale a répondu qu'elle avait besoin de temps pour vérifier les chiffres communiqués par les circonscriptions. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à ce matin.
Le parti au pouvoir est allé plus loin en demandant à la commission de «recompter et examiner tout le matériel électoral relatif au scrutin présidentiel», au motif d'«erreurs et de mauvais calculs dans la compilation des résultats», selon The Sunday Mail.
«C'est ridicule de demander un nouveau décompte quand les résultats n'ont même pas été annoncés», a rétorqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, jugeant que «clairement, ils essaient de tripatouiller dans les urnes».
Pour empêcher toute fraude, Tsvangirai avait samedi revendiqué sa victoire au premier tour. Il avait toutefois tendu la main au régime de Mugabe et appelé le chef de l'État au «dialogue».
Il avait en outre assuré aux forces de l'ordre, pilier du régime, qu'il n'y aurait «ni châtiment ni volonté de vengeance» s'il parvenait au pouvoir, mais s'en était pris à la Zanu-PF, l'accusant de fomenter «une guerre contre le peuple zimbabwéen». Dès samedi soir, le parti de Mugabe l'avait en retour accusé de vouloir annuler la redistribution des terres aux noirs.
Des vétérans de la guerre d'indépendance ont envahi certaines des dernières fermes appartenant à des Blancs dans la province de Masvingo (sud-est). La plupart ont été dispersés par la police, mais quelques uns occupaient encore deux exploitations hier en fin de journée, selon le Syndicat des agriculteurs commerciaux.
Le 29 mars, quelque 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes pour élire leurs président, députés, sénateurs et conseillers municipaux, sur fond de marasme économique marqué par une hyperinflation de plus de 100 000 % et 80 % de chômage.
Aux législatives, la Zanu-PF a perdu sa majorité de 28 ans à la chambre des députés, où l'opposition dispose désormais de 109 sièges sur 210. Mais elle a annoncé son intention de contester cette défaite devant un tribunal électoral. Aux sénatoriales, la Zanu-PF et le MDC ont remporté chacun l'exacte moitié des 60 sièges disputés.
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