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Israël lance le plus grand exercice de défense passive de son histoire

Jérusalem — Israël a lancé hier, près de deux ans après la guerre au Liban, le plus grand exercice de défense passive de son histoire et assuré qu'il n'avait là aucune intention hostile envers ses voisins.

Cet exercice de cinq jours, appelé «Instant critique», a pour but de préparer la population israélienne a des attaques d'armes conventionnelles — comme les roquettes Katioucha tirées à l'été 2006 par le Hezbollah libanais — ou des attaques de missiles armés de têtes chimiques et bactériologiques.

Hier matin, les radios militaire et publique appelaient la population à vérifier les abris avec un slogan: «Être protégé, c'est être prêt».

Demain, des sirènes retentiront dans tous le pays, dans les institutions publiques ainsi que les écoles, et les habitants devront se réfugier dans des abris. Dans le même temps, la Défense civile expliquera pour la première fois à la télévision comment se comporter lors d'une attaque.

Les hôpitaux, services d'urgence, municipalités et ministères seront également mobilisés pour l'exercice qui survient dans un contexte de tension entre Israël et la Syrie. «L'objectif de l'exercice est de vérifier les capacités des autorités à agir en temps de crise et à préparer l'arrière à différents scénarios», a affirmé le premier ministre Ehoud Olmert à l'ouverture de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem.

Le ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, a assuré que «dans les guerres d'aujourd'hui, préparer l'arrière à faire face [à des attaques] constitue un élément essentiel à la victoire». «En organisant cet exercice qui est le plus important depuis de nombreuses années nous tirons une des leçons de la deuxième guerre du Liban», a souligné M. Barak à la radio publique.

Après la guerre au Liban contre la milice chiite Hezbollah, les autorités israéliennes avaient été sévèrement critiquées dans un rapport officiel pour l'impréparation et la désorganisation des services chargés de la protection des civils.

Durant cette guerre, la milice chiite avait réussi à tirer quelque 4000 roquettes contre le nord d'Israël et contraint un million de civils à vivre dans des abris vétustes et mal équipés, manquant de places, de nourriture ou de ventilation.

Dans le contexte de tension avec la Syrie, Israël s'est efforcé de rassurer Damas et Beyrouth. «Ceci n'est qu'un exercice qui ne dissimule rien. Tous les rapports sur la tension au Nord doivent être dédramatisés. Nous n'avons pas de plans secrets», a assuré M. Olmert. «Autant que je sache, les Syriens savent cela, et il n'y a aucune raison d'interpréter autrement cet exercice [...] Israël ne cherche aucune confrontation violente dans le Nord. Nous souhaitons des négociations de paix avec les Syriens.»

Selon M. Barak, «le front nord est particulièrement sensible, mais nous n'avons aucune envie de provoquer une dégradation [militaire], et l'autre côté le sait». Mais, «nous sommes prêts à faire face à tout développement».

Les pourparlers syro-israéliens sont gelés depuis 2000. Damas exige le retour total du plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967, comme prix de la paix.

Le Hezbollah a de son côté accusé Israël de se préparer à une nouvelle offensive contre le Liban. «Derrière les manoeuvres se profile un projet contre le Liban, la Syrie et l'Iran et contre la Résistance», a affirmé un haut responsable du mouvement, Mohammad Yazbek.

«Ces manoeuvres ne nous font pas peur, car notre peuple, la Résistance et l'armée se tiennent prêts à faire face à toute éventualité», a ajouté un député du Hezbollah, Hussein Hajj Hassan, selon la même source.
 
 
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