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Le film Fitna suscite l'indignation mais aussi des appels au dialogue

Nicosie — La mise en ligne du film anti-islam d'un député d'extrême droite néerlandais a suscité hier des réactions d'indignation dans le monde musulman, où certaines voix se sont toutefois élevées pour appeler à la modération et au dialogue.

Si l'Iran a dénoncé une «vendetta de la part de citoyens occidentaux», les Frères musulmans égyptiens ont jugé qu'il ne fallait pas «grossir» l'événement, deux ans après l'affaire des caricatures du prophète Mahomet qui avaient déclenché une vague de violences dans les pays musulmans. «Cette action répugnante menée par un député néerlandais et une compagnie britannique [qui a hébergé la vidéo] démontre la poursuite d'une vendetta de la part de citoyens occidentaux contre l'islam et les musulmans», a dit dans un communiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, affirmant que la vidéo aurait des «répercussions».

L'Organisation de la conférence islamique (OCI) a présenté le film de Geert Wilders comme «une incitation à la haine» destinée «uniquement à provoquer la violence et l'intolérance» religieuse.

Le Pakistan, où des centaines d'étudiants avaient manifesté la semaine dernière contre la diffusion du film, a pour sa part convoqué l'ambassadeur des Pays-Bas pour demander que M. Wilders soit poursuivi pour diffamation.

À Amman, des responsables de médias ont annoncé qu'ils allaient traîner le député néerlandais devant la justice jordanienne et commencer une campagne de boycottage de produits néerlandais.

Le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri, a dénoncé pour sa part un «retard intellectuel» chez M. Wilders, dont le court métrage de 17 minutes entend montrer, selon son auteur, le caractère «fasciste» du Coran.

Mis en ligne jeudi soir, le film, intitulé Fitna (en arabe: division et discorde au sein de l'Islam), est très vite passé du site d'échange de vidéos britannique liveleak.com au mondialement connu YouTube et a été vu par des millions d'internautes. Fitna mêle notamment des images violentes d'attentats terroristes, des exécutions dans des pays musulmans non identifiés et la lecture de textes du Coran justifiant généralement les châtiments pour les non-musulmans.

«Il s'agit d'un affront qui ne s'inscrit pas dans le cadre de la liberté d'expression», a affirmé Essam al-Aryane, le numéro trois des Frères musulmans, principal groupe d'opposition en Égypte. Mais «les musulmans se sont habitués à recevoir ce genre de coups de la part de l'Occident. [...] Il ne faut pas grossir» l'événement, a-t-il ajouté, disant ne pas s'attendre à des violences dans les pays musulmans.

S'il a condamné «un coup asséné à la nation» islamique, l'imam de la Grande Mosquée de La Mecque a prôné le dialogue interreligieux comme «l'un des meilleurs moyens de défendre le Prophète».

Des responsables de la communauté musulmane aux Pays-Bas ont lancé hier des appels au calme en direction des pays musulmans, affirmant que la meilleure réponse à opposer à M. Wilders serait «une réponse responsable».
 
 
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